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Chapitres 54





𝐏𝐚𝐬𝐬é
𝘙𝘢𝘳𝘦 𝘌𝘻𝘦𝘬𝘪𝘦𝘭 𝘔𝘤𝘭𝘢𝘯𝘨𝘭𝘦𝘺.
21 ans.

    Tiens.

Une voix résonne dans la cave, brisant le silence pesant. Mais je n'ai ni la force de reconnaître à qui elle appartient, ni celle de bouger. Mon corps est trop faible, vidé de toute énergie. L'odeur de moisissure m'oppresse, et la faim me ronge de l'intérieur. Ma tête tourne, ma bouche est pâteuse, et j'ai à peine la force de garder les yeux ouverts.

Ivar est en déplacement depuis plusieurs mois. Et quand le chat n'est pas là... les souris dansent. Ses hommes profitent de son absence pour me faire la misère

Le cliquetis de la serrure retentit. Des pas résonnent, se rapprochent, puis je sens une présence tout près de moi.

    Je t'ai ramené mon repas.

Une main m'attrape, me redresse légèrement. C'est à ce moment-là que je le reconnais : Rowan.

C'est lui qui s'occupe de moi la plupart du temps, depuis qu'on m'a enfermé ici. C'est lui qui m'apporte à manger, qui me donne ce dont j'ai besoin pour tenir. Ces derniers jours, il n'était plus là. Peut-être que les autres l'ont empêché de descendre.

Je ne l'avais jamais réellement remarqué avant ça. Pourtant, il fait partie des rares hommes ici qui semblent avoir mon âge. Il n'est pas très bavard,
mais il est... moins pire que les autres. Presque gentil. Je dirais que c'est mon ami ici.

J'ai appris peu de choses sur lui comme le fait qu'il a rejoint l'Ordre de son plein gré. Pourquoi ? Je ne sais pas. Je n'ai jamais osé lui demander, et lui n'a jamais cherché à me le dire.

    Allez, mon pote, ouvre la bouche.

Avec difficulté, j'arrive à entrouvrir mes lèvres. Quelques secondes plus tard, un liquide frais coule dans ma gorge. De l'eau. Enfin.

J'ai envie de pleurer tellement c'est un soulagement.

      Tu dois t'endurcir si tu veux t'échapper, chuchote-t-il.

Un temps, j'y ai cru. J'ai eu de l'espoir.

Mais plus maintenant.

La dernière fois que j'ai cru en une échappatoire, j'ai fini ici, enfermé dans cette cave, battu jusqu'à l'épuisement. Ivar m'a fait comprendre une chose : je lui appartiens. Mon corps, mon esprit, tout. Il m'a brisé. Il s'est assuré que je ne trouve plus jamais la force de me relever.

      C'est fini, murmuré-je. Je partirai jamais d'ici.

Il ne répond rien. Il se contente de remplir une cuillère et de l'approcher de ma bouche.

    C'est de la lasagne, dit-il.

Je mâche lentement. Ça me redonne un semblant de force. C'est suffisant pour me maintenir en vie, pas plus. Pendant quinze minutes, il me nourrit en silence. Quand il termine, il pose une pomme à côté de moi.

    Je te laisse ça.

    Merci, chuchoté-je, à peine audible.

Il incline la tête en guise de réponse, puis se redresse, prêt à partir.

    Je vais essayer de redescendre quand je peux. En attendant, prends des forces.

J'hoche faiblement la tête.

Silent after the storm Où les histoires vivent. Découvrez maintenant