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Chapitres 57





𝐏𝐚𝐬𝐬é
𝘚𝘭𝘰𝘢𝘯𝘦 𝘔𝘰𝘯𝘪𝘬𝘢 𝘈𝘭𝘮𝘦𝘪𝘥𝘢.
18 ans.


Qu'est-ce qu'on fait ici, papa ? Murmuré-je, la gorge serrée, mes yeux fixés sur le manoir des McLangley.

Mon père ne me regarde même pas. Il reste concentré sur l'extérieur, son regard dur et déterminé.

Exactement ce que j'ai dit que je ferais si il nous trahissait. Sa voix est glaciale, sans une once d'empathie.

Je tente de maîtriser la peur qui m'envahit. Ne montre rien. C'est ce qu'il m'a toujours dit. Ne montre jamais ta faiblesse.

Papa, s'il te plaît... Ma voix tremble malgré moi, mais je le supplie de m'écouter.

Il se tourne enfin vers moi, un éclair de colère dans ses yeux.

EN RANG TOUS ! Il m'ignore complètement.

Papa... La voix brisée, je tente une dernière fois.

Ce n'était pas souvent que j'étais aussi vulnérable devant lui. En fait, ça n'arrivait presque jamais. Il détestait ça. La faiblesse, les émotions... tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à une fissure dans l'armure. Pour lui, montrer ses sentiments, c'était un signe d'échec.

Je devais être la plus forte. La plus dure. Toujours. Toujours prête à riposter. Il fallait que je tienne tête, que je sois droite, solide. Ni trop sourire. Pas trop parler. Il fallait être discrète mais imposante. Tout ce que je n'étais pas réellement. Mais j'avais appris à l'être.

Parce que la vérité, c'est que j'avais peur. Tout le temps. Peur de décevoir, peur d'échouer, peur de ne pas être à la hauteur de ses attentes. Mais ça, je ne pouvais pas le montrer. Pas à lui. Alors je me forçais. Jour après jour. Je me construisais une façade, une armure. Mais là, dans ce van, à quelques pas de ce qu'on s'apprêtait à faire, je sentais cette façade se fissurer.

     J'ai dit « en rang, tous », répète-t-il avec une voix plus grave, les dents serrées, les yeux plantés dans les miens, me faisant comprendre qu'il n'y a plus de place pour les discussions.

J'aspire à pleurer, je sens la chaleur de mes larmes monter, mais je m'efforce de les retenir.

D'accord, finis-je par dire, la gorge nouée. Mais n'oublie pas la promesse que tu m'as faite.

Il serre la mâchoire, les veines de son cou apparente.

Promets-moi que tu vas la tenir.

Il me regarde droit dans les yeux, cette lueur froide et intransigeante dans le regard, mais après un moment de silence tendu, il hoche la tête.

Je te promets, dit-il d'une voix presque sourde, mais ferme.

Et à ce moment-là, je le crois. Parce qu'au fond, malgré qu'il soit un monstre, il est un monstre avec qu'une seule parole.

J'hoche la tête doucement, le cœur lourd. Je recule, l'armement en main, et je vais rejoindre les autres qui, contrairement à moi, semblent presque excités par ce qui va suivre. Ils affichent des sourires qui me donnent envie de vomir.

À nous la liberté, bébé, chuchote Lake dans mon oreille, un sourire débile sur ses lèvres. Son enthousiasme me donne envie de gerber. Mais
c'est ce qu'il veut entendre, et je n'ai pas le choix.

Silent after the storm Où les histoires vivent. Découvrez maintenant