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Chapitres 61







𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗲𝗻𝘁.
8 𝗮𝗻𝘀 après la tragédie.
𝘚𝘵𝘰𝘳𝘮𝘪 𝘚𝘵. 𝘍𝘳𝘢𝘯𝘤𝘪𝘴.


Knightley raccroche après un long échange avec l'avocat d'Ezekiel. Lorsqu'il se tourne vers nous, son expression parle d'elle-même : dépité, impuissant.

Rare va être incarcéré en attendant son procès.

Pendant des heures, Knight, l'avocat et son équipe ont exploré toutes les options possibles, cherché la moindre faille, tenté d'exploiter chaque levier d'influence qu'il possède. Mais parfois, même les hommes les plus puissants doivent accepter l'inévitable.

L'aveu d'Ezekiel a tout bloqué. Il n'y a plus d'échappatoire.

Écout...

Zion n'a même pas le temps de finir sa phrase que Knightley quitte le salon en furie. Au loin, la porte de son bureau claque avec une telle violence que les murs en tremblent. Un silence pesant s'installe, personne n'ose bouger, personne ne parle.

Il passe une main sur son visage, exaspéré, mais il ne dit rien. Il sait que ça ne servirait à rien. Aucun d'entre nous deux ne sait quoi faire.

Et comme si tout ça ne suffisait pas, la presse a
pris en otage l'entrée du building. Une vingtaine de journalistes, armés de caméras et de micros, se sont assemblés prêts à à sauter sur la moindre information.

Ils attendent qu'une seule chose : que Knightley descende.

Zion est débordé. Son téléphone n'arrête pas de sonner, toutes les cinq secondes, une nouvelle urgence, un nouvel appel. Il décroche, parle à moitié en chuchotant, raccroche, et ça recommence. Pas facile d'être le bras droit d'un McLangley.

J'en profite pour prendre mon courage à deux mains et me diriger vers son bureau. Les couloirs sont silencieux, et à chaque pas, mon cœur bat plus fort. Arrivée devant la porte de son bureau, j'hésite une seconde. Je sais qu'il est à l'intérieur. Je sais qu'il est en colère.

Mais je frappe quand même.

Aucune réponse.

Alors je pousse lentement la porte et entre.

Knightley est là, assis derrière son bureau, ses bras croisés sur la table et sa tête enfuit à l'intérieur. La pièce est silencieuse, mais son souffle est irrégulier. Je referme doucement la porte derrière moi et m'approche lentement.

Knightley...

Pas de réponse.

Je contourne le bureau, mon cœur battant trop fort. Lorsqu'il relève enfin la tête, je vois son visage : ses pupilles dilatées, sa mâchoire serrée à s'en faire mal.

    Regardez moi.

Ses mains tremblent, sa jambe tape doucement contre le sol à une vitesse folle. Sa poitrine se soulève rapidement, trop rapidement. Il m'évite, son regard fuyant. Et, je sais que c'est ce qu'il pense.

Il pense que montrer sa vulnérabilité le réduirait. Que ça le rendrait moins puissant, moins invincible, moins capable. Parce que, tout au long de sa vie, c'est ce qu'on lui a fait croire. On lui a appris à tout garder enfoui, à ne jamais laisser voir qu'il souffre, à ne jamais laisser voir qu'il est humain.

Vous avez le droit d'être en colère. D'être triste. D'avoir mal. Vous avez le droit de le dire. De le crier. De pleurer, si c'est ce dont vous avez besoin. Vous n'êtes pas un robot.

Silent after the storm Où les histoires vivent. Découvrez maintenant