079.

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Chapitres 79








𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗲𝗻𝘁.
9 𝗮𝗻𝘀 après la tragédie.
𝘚𝘵𝘰𝘳𝘮𝘪 𝘚𝘵. 𝘍𝘳𝘢𝘯𝘤𝘪𝘴




     Ça va ?

    Beaucoup mieux.

Sa réponse est brève, presque mécanique, mais je fais semblant d'y croire.

Zion arrive juste derrière lui, l'air de rien, et s'installe sur la chaise haute à ses côtés comme si de rien n'était.

   Tu veux manger ici ?

     Je dis pas non.

Je ris un peu, plus par habitude que par amusement, et me tourne vers le plan de travail pour lui préparer une assiette.

   Merci, ma beauté.

Je lui tends l'assiette et m'appuie contre le rebord. Mon regard glisse vers Knightley. J'ai horreur de le voir comme ça... enfermé dans son silence, barricadé dans sa tête. Avec moi, c'est verrouillé. Avec Zion... ça s'ouvre. Et je déteste cette idée. Pas parce que je suis jalouse, mais parce que ça veut dire qu'il y a une partie de lui à laquelle je n'aurai peut-être jamais accès.

Je croise les bras.

    Vous parliez de quoi ?

Zion hausse un sourcil, sans relever la tête de son assiette.

    Rien d'important.

Knight finit par lever les yeux.

    Ouais. Rien.

Et c'est encore pire que s'il m'avait menti.

    Tu sais... tu peux aussi me parler quand ça va pas. Pas besoin d'attendre qu'il soit là pour vider ton sac.

Il me regarde enfin, et dans ses yeux, il y a cette fatigue lourde... celle qui dit qu'il n'a aucune envie d'entamer ce sujet-là. Il baisse les yeux vers son assiette, attrape une bouchée comme si ma phrase n'avait pas existé.

  T'inquiète pas pour moi.

Ça me pique aussitôt.

  Je m'inquiète pas. J'essaie juste de te parler.

Zion relève à peine la tête, lance un coup d'œil discret à Knightley, puis à moi et baisse la tête continuant tranquillement de manger, comme si on n'existait pas. Mais je vois bien que ses yeux suivent chaque échange.

 Et moi j'ai rien à dire, répond Knight.

Je soupire, lâche un petit « OK » sec et me détourne pour m'occuper d'autre chose. Zion repose sa fourchette, me jette un regard en coin.

  Je crois que c'est le moment où je me casse, moi.

  Non, reste, dis-je aussitôt, un peu trop vite.

Il hausse les sourcils, mais ne bouge pas. Knightley, lui, garde les yeux rivés sur son assiette comme si on n'existait pas.

  C'est fou, quand même... dis-je en croisant les bras. J'ai droit à plus de conversation avec ton pote qu'avec toi.

  Peut-être parce que lui, il force pas, lâche Knight sans lever la tête.

Oh.

Silent after the storm Où les histoires vivent. Découvrez maintenant