꧁• Chapitres 64•꧂
𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗲𝗻𝘁.
8 𝗮𝗻𝘀 après la tragédie.
𝘙𝘢𝘳𝘦 𝘌𝘻𝘦𝘬𝘪𝘦𝘭 𝘔𝘤𝘭𝘢𝘯𝘨𝘭𝘦𝘺.
Plusieurs jours plus tard.
Les flashs des caméras m'aveuglent. Mes mains sont moites, mes jambes tremblent, et aucun mot ne franchit mes lèvres. Rien ne sort. Mon mutisme n'a jamais été un mensonge, même si j'en ai joué. Et là, face à cette foule qui m'observe comme une apparition revenue d'entre les morts, après des années d'absences, je suis incapable d'émettre le moindre son.
J'ai l'impression que tout l'Amérique s'est rassemblée lorsque l'annonce de mon communiqué a circuler. Je sais que pour la plupart c'est de la curiosité ; ils se demandent comment je suis devenu après toutes ses années. D'autres, c'est la nostalgie ; ils m'ont vu grandir et viennent m'encourager...
Je cherche un repère, quelque chose à quoi me raccrocher. Mon souffle s'accélère alors que l'angoisse grimpe. Ils attendent tous. Ils attendent que je parle. Mais, j'en suis incapable. Je recule alors d'un pas, prêt à fuir. Prêt à disparaître. Mais soudain, une main se pose sur mon épaule, ferme.
— Mon frère ici présent vous a rédigé une lettre pour vous faire part de sa gratitude...
Il parle, et il parle encore, avec une aisance qui m'a toujours échappé. Son assurance remplit la salle, imposante et fluide à la fois. Et moi, comme quand on était gosses, je le regarde silencieusement avec des étoiles dans les yeux.
Son discours est improvisé, et pourtant, il sonne cinq fois mieux que le texte que j'ai écrit avec une équipe entière. Knightley sait toujours quoi dire. Les regards dans la salle ne sont plus braqués sur moi mais sur lui. Alors, je peux enfin respirer.
Il marque une pause, balayant la salle du regard avant d'ajouter :
— Oui, Rare reprendra les affaires petit à petit. Merci pour votre soutien et l'amour inconditionnel que vous avez accordé à ma famille.
Les flashs reprennent de plus belle, les questions fusent, et je suis projeté en arrière, des années plus tôt, à une époque où cette attention était mon quotidien. Je ressens la même pression, la même oppression. Les visages curieux, les micros tendus, les regards scrutateurs... Ça me donne la nausée.
Knight le remarque.
D'un geste discret, il met fin aux questions, d'une manière qui ne laisse place à aucune discussion. Nous quittons la scène et une fois hors de vue je respire à nouveau.
Knightley ne perds pas de temps et disparaît. On a
eu une longue discussion quelques jours après mon retour. Je lui ai tout raconté avec détails de ce qui s'était passé et je crois qu'il m'en veux beaucoup, ce que je peux comprendre.
On ne se parle pas plus que cela ( il m'évite 99% du temps de toute façon ), notre relation est neutre. On a plus de complicité, plus comme avant et on en aura sûrement plus jamais. Et je ne cherche pas à en créer une car je respecte sa décision de vouloir s'éloigner de moi.
ੈ✩‧₊˚
𝘚𝘵𝘰𝘳𝘮𝘪 𝘚𝘵. 𝘍𝘳𝘢𝘯𝘤𝘪𝘴.
Je l'observe de loin, analysant chacun de ses gestes avec une attention presque instinctive. Maintenant, je comprends pourquoi Knightley est aussi fort dans ce qu'il fait. Il ne se contente pas de parler aux gens, il les absorbe. Il les regarde droit dans les yeux, hoche la tête avec cette intensité maîtrisée qui te donne l'impression d'être la personne la plus importante du moment. Puis, d'une fluidité impeccable, il termine la discussion sans que l'autre ne s'en rende compte et passe au suivant avec la même aisance.
VOUS LISEZ
Silent after the storm
Romans𝘙𝘢𝘳𝘦 𝘌𝘻𝘦𝘬𝘪𝘦𝘭 𝘔𝘤𝘭𝘢𝘯𝘨𝘭𝘦𝘺 𝘦𝘴𝘵 𝘭𝘦 𝘱𝘭𝘶𝘴 𝘫𝘦𝘶𝘯𝘦 𝘮𝘦𝘮𝘣𝘳𝘦 𝘥𝘦 𝘭𝘢 𝘥𝘺𝘯𝘢𝘴𝘵𝘪𝘦 𝘭𝘢 𝘱𝘭𝘶𝘴 𝘱𝘶𝘪𝘴𝘴𝘢𝘯𝘵𝘦 𝘥'𝘈𝘮é𝘳𝘪𝘲𝘶𝘦, 𝘭𝘦𝘴 𝘔𝘤𝘭𝘢𝘯𝘨𝘭𝘦𝘺, 𝘱𝘳𝘰𝘱𝘳𝘪é𝘵𝘢𝘪𝘳𝘦𝘴 𝘥𝘦 𝘙𝘏É𝘈 𝘌𝘓𝘌𝘊𝘛𝘙𝘖�...
