070.

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Chapitres 69





𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗲𝗻𝘁.
8 𝗮𝗻𝘀 après la tragédie.
𝘡𝘪𝘰𝘯 𝘍𝘳𝘰𝘴𝘵

Le manoir, d'habitude si vivant, si impressionnant, est devenu une crypte.

Toute l'équipe de Knightley est là : attachés de presse, juristes, chefs de communication, responsables de crise. Ils marchent sur des œufs, habillés de noir, comme s'ils assistaient à des funérailles déjà en cours.

Parce qu'ils y assistent, en vérité.

Ils préparent l'annonce. La déclaration officielle. Celle qui secouera l'Amérique, les marchés, les titres mondiaux.

"Rare McLangley, héritier discret de l'empire McLangley, retrouvé sans vie ce matin à l'âge de 25 ans."

Et tout le monde attend. Un signe. Un mot. Un mouvement. Quelque chose. Mais pas encore. Pas tout de suite. Pas tant que Knightley ne parle pas et il n'a toujours pas dit un mot depuis des heures. Et personne ne veut ou n'ose bouger sans lui. Il est là, assis sur le canapé, les coudes sur les genoux, les yeux grands ouverts, fixés sur un point que lui seul voit.

Il ne bouge pas d'un millimètre, il ne cligne presque pas des yeux . Il ne tremble pas. Il ne pleure pas. Il s'est éteint.

Personne ne parle.

Reign est assis à même le sol, adossé contre le mur, les genoux repliés contre lui. Son regard est vide, mais ses joues sont humides. Il ne renifle même pas. Il laisse simplement les larmes couler, sans essayer de les arrêter.

Hassan est debout, le dos tourné à la pièce, les deux mains dans les poches, le front contre la baie vitrée. Il ne parle pas. Il n'a pas prononcé un mot depuis qu'il est arrivé.

Léonard, lui, est assis dans le coin du canapé, tout près de Knightley. Il n'a pas bougé non plus. Il ne le touche pas. Ne tente pas de le forcer à parler. Il est juste là. Présent. Inquiet. Les yeux rouges. Les traits tirés. De temps en temps, ses doigts tremblent. Mais il les serre dans son sweat, pour que personne ne voie.

Stormi, elle, fait des allers-retours dans la pièce, incapable de rester en place. Elle pleure en silence, comme si faire trop de bruit allait briser Knight un peu plus.

Ace veille. Comme toujours. C'est lui qui filtre les gens à l'entrée, qui parle aux équipes, qui organise la logistique. Mais même son visage de marbre semble fêlé.

On a tous essayé, au début. Des "Knight", des "viens t'allonger", des "tu veux de l'eau ?", même un "tu veux que je t'aide à l'appeler une dernière fois ?"

Mais il ne répondait pas, il ne tournait même pas la tête. C'est pas qu'il nous ignore, c'est qu'on n'existe plus. Je crois pas qu'il croit vraiment que Rare est mort. Je crois que dans sa tête, il est encore là. Qu'il attend. Que tout ça, c'est juste un cauchemar. Qu'il va se réveiller. Que Rare va lui envoyer un putain de message genre "désolé j'ai fui parce que je t'aimais trop."

Et que tout recommencera.

Mais non.

Moi, j'essaie de me tenir occupé.

Je crois que c'est tout ce que je peux faire, parce que si je m'arrête une seule seconde, je vais craquer. Alors j'aide un peu tout le monde. Je passe des appels, je coordonne les allées et venues des équipes de com', je vérifie les heures, les versions officielles, les NDA. On parle d'un communiqué, d'une minute de silence, d'un deuil national. Je dis oui à tout. Je fais semblant d'être utile.

Silent after the storm Où les histoires vivent. Découvrez maintenant