Galadio : tiens...
Il me tend le petit pagne où était enveloppé mon fils. Je relève la tête et je l'attrape.
Ses yeux sont rouges et il fuit mon regard. Il s'assoit à mes pieds et pose son téléphone à côté.
Papy : alhamdoulilah l'enterrement a été fait, on va pas vous laisser, remerciez Allah... toujours ! C'est Lui qui est au contrôle de tout.
Penda : Ne vous découragez pas surtout, vous êtes encore jeunes, vous en aurez plein d'autres... 20 ans et 26 ans c'est rien.
Youssouf pose sa main sur l'épaule de Galadio.
Youssouf : on est là si vous avez besoin, on sera toujours là.
Moi : merci.
Sakho : Galadio ?
Il lève la tête et la regarde.
Elle : tu permets que je m'occupe de Maryam ?
Il hoche la tête et la baisse aussitôt.
Khoumba : la vie c'est comme ça, c'est notre dernière destination alhamdoulilah... et dire que demain devait être le baptême.
J'ai éclaté en sanglots. Laly a soupiré de nerfs et s'est assise près de moi, elle a mis ma tête sur son épaule et me consolait.
Ma belle mère elle a un sang froid qui me fait très peur.
Laly : parfois tu devrais te taire Tata Khoumba, Wallay tu te rends pas compte de ta cruauté.
Papy : sans cervelle... Maryam ne pleure plus.
Khoumba : pardon, mon intention était de lui remonter le moral.
Galadio me caresse la jambe et se lève. Il me prend les mains et me fait sortir du grand salon. La honte... les voisins... la famille... tout le monde était là.
À me voir pleurer comme ça.
Une fois dehors il me prend dans ses bras et embrasse ma tempe plusieurs fois.
J'ai beaucoup pleuré, j'en ai marre. J'aimerais bien m'arrêter mais j'y arrive pas, j'arrive pas à me contrôler.
Mes émotions me dominent.
Et pourtant durant toutes ces années en France avec ma famille, je me suis contenue, j'ai gardé en moi et j'ai dominé mes sentiments et mes émotions pour ne pas être blessée, même par moi-même.
Mais là j'y arrive plus j'essaye d'être dure mais j'y arrive plus.
Lui : viens, on va au cimetière.
Je voulais vraiment pas. Ce petit bébé que j'ai bercé dans mes bras, à qui j'ai donné le sein, est sous terre maintenant.
Moi : j'ai peur.
Lui : faut pas, viens ça va te faire du bien... de toute façon si je vois que t'es vraiment pas bien on revient là.
Moi : ok.
On va derrière la maison, on ouvre la porte du cimetière, on avance un peu et on arrive devant sa petite tombe.
Je me retenais de pleurer, ça me faisait mal mais ça me faisait tellement de bien d'être proche de sa tombe.
Je peux plus le toucher, le regarder, le sentir.
Mon frère avait envoyé des parfums et des ensembles de luxe... qui va les porter ?
Lui : tu vois ?
Moi : oui.
Lui : on va mettre des pierres autour de s...
