Galadio rentre du travail en soupirant.
Et ce soupir-là... il me présage jamais rien de bon.
Il s'assoit près de moi et me dit.
Lui : ça va ma reine ?
Moi : hm.
Je me penche vers lui et lui fais un câlin.
Même son corps parle il est bizarre.
Il soupire encore puis nous allonge doucement. Il soulève mon haut, découvre mon ventre et y dépose plein de baisers lents.
Je passe mes doigts dans ses cheveux en regardant le plafond.
Je pensais à demain la tontine.
J'aime pas être près de ma belle-mère mais bon... faut faire avec.
Puis honnêtement ça m'amuse un peu de faire l'hypocrite avec elle c'est un bon divertissement.
Galadio : t'as fait quoi aujourd'hui ?
Moi : à manger, ensuite je suis allée acheter des bouteilles de jus pour demain histoire de pas arriver les mains vides devant ta mère.
Lui : j'ai pas envie que t'y ailles... mais bon t'es tellement têtue que si je te dis de rester tu vas pas vouloir.
Je rigole et lui caresse la tête.
Moi : t'as raison.
Lui : et ma princesse ?
Moi : comme d'habitude... elle grandit juste sinon elle est là.
Lui : hm... elle me ressemble trop, t'as rien gagné dedans.
Moi : même le comportement... elle est trop musulmane.
Et il éclate de rire.
Eva est beaucoup trop à fond dans sa vie de musulmane, je crois elle connaît plus de choses que moi.
Déjà la dernière fois quand j'ai pleuré et qu'elle a récité sa sourate sur sa main avant de me caresser la tête... je me suis dit mais eh ?
C'est ma fille ça ?
Moi je connais même pas la moitié de ce qu'elle connaît.
Mon niveau est catastrophique.
Faudrait vraiment que je prenne des cours d'ailleurs... ça m'aiderait peut-être spirituellement.
Lui : elle est trop musulmane.
Je lève les yeux au ciel tandis qu'il se retourne pour être face à moi.
Lui : et toi t'es quoi ?
Moi : Fatou. C'est suffisant.
Lui : oui mais Eva aussi est Eva.
Moi : je suis là Galadio... j'apprends ce que je peux. Je regrette beaucoup trop ces années mais les cours arabes ça me rappelle de mauvais souvenirs.
Et je me tais d'un coup en revoyant cette table.
Mon oncle.
Ses mains.
Son souffle sur ma peau.
Et moi qui mélangeais religion, affection et sexe sans comprendre ce qu'il me faisait réellement.
C'est grave, trop grave.
Mais dans ma tête tout est mélangé depuis longtemps.
Lui : je sais pas de quoi tu parles.
Je lui tape doucement la tête avant qu'il insiste.
Moi : allez lève-toi et va te laver je te chauffe la nourriture.
