Moi : j'ai rêvé d'Abdoulaye.
Sakho : ah bon ?
Moi : il m'appelait.
Elle sourit et me prends la main.
Elle : il t'attends.
Je glousse.
Moi : quand tu dis ça, ça me fait peur j'ai l'impression que tu sais que je vais mourir tôt.
Elle : non pense pas ça, il doit sentir ta tristesse du coup il te rend visite.
Moi : hm.
Elle : viens je vais te masser et tu vas manger un peu.
Moi : d'accord.
Elle me masse en me racontant une histoire puis je mange et on reste assise devant la télé. Il y avait un silence mais qui faisait du bruit... il était lourd.
Je n'arrivais pas à rester sur place.
Je me suis levée, rassise levée et rassise rien n'y fait, j'ai commencé à faire le tour du salon, ma grand-mère ne disait rien.
Je tournais en rond sous son regard, j'avais l'impression que mes hanches portaient ma douleur. Je me grattais le bras jusqu'à ce qu'il devienne rouge, je soupirais bruyamment en faisant les cent pas. Mon souffle était saccadé, ma poitrine lourde, comme si elle cherchait à craquer.
Je voulais expulser la douleur mais je me retenais.
Je voulais hurler.
Si Allah m'a donné, c'est que je peux surmonter.
Mais j'ai tellement mal.
Je soupire une dernière fois, j'attrape mon foulard et quand je sors du salon, je tombe nez à nez avec Galadio.
Je l'ai ignoré et je suis allée m'asseoir sur le tronc.
J'avais besoin de quelqu'un mais je savais pas de qui et c'était pas de lui dont j'avais besoin.
Y avait un vent frais, il faisait froid en fait, mais ça me dérangeait pas, ça me faisait du bien.
En levant la tête j'ai vu Galadio arriver vers moi, je suis restée assise et il s'est assis à mes côtés.
Lui : tu me fuis ?
Moi : pas du tout, j'étouffais à l'intérieur.
Lui : oui ta grand-mère m'a dit, t'as mangé ?
Moi : ça elle t'a pas dit ?
Je le regarde et glousse.
Moi : j'ai mangé.
Lui : je t'ai ramené des mangues.
Moi : trop bien.
Lui : tu vas pas rentrer ? Il fait froid.
Moi : si... je voulais juste être seule un peu et prendre l'air.
Lui : tu veux pas rentrer à Bamako ?
Moi : si, pourquoi pas.
Lui : pour l'instant je préfère que tu restes là, mais dans deux semaines on y va ok ?
Moi : ok.
C'est lui qui décide de tout, de toute façon... je sais même pas pourquoi il me demande.
Lui : viens on rentre ma princesse il fait froid je veux pas que tu tombe malade.
Je me lève et lui aussi puis on entre dans la chambre de Sakho, elle me regarde et me sourit, je hoche la tête et vais dans la chambre.
