POINT DE VUE EXTÉRIEUR.
Khoumba était sous le choc, son visage s'était vidé d'un coup. Elle regardait Fatou inconsciente au sol puis le féticheur, incapable de comprendre comment tout avait pu basculer aussi vite.
Pendant des années, elle avait manipulé, menti, joué la mère parfaite, la belle-mère protectrice. Et en une soirée, tout venait de s'effondrer.
Khoumba : comment on a fait pour rien voir... ?
Le féticheur la regardait fixement. Son regard n'avait plus rien d'humain.
Féticheur : comment ? Tu marches avec les démons et ils ne sont plus d'accord avec toi... ah Khoumba je t'ai dit que tout allait changer.
Elle tremblait. Pas de peur, mais de rage.
Elle : elle a entendu trop de choses... elle a trop vu... et elle n'est pas de mon côté.
Dans sa tête, une seule idée tournait désormais. Tuer Fatou. Pourtant elle l'aimait d'une manière tordue mais réelle. Fatou était devenue sa fille avec le temps. Elle aimait leur complicité, leurs discussions pleines de rires, leurs moments ensemble.
Elle aimait cette fille libre, insolente, drôle, parce qu'elle se voyait en elle. Mais maintenant Fatou était devenue un danger, et Khoumba choisissait toujours sa propre survie avant l'amour.
Toujours.
Le féticheur recula légèrement, comme s'il ressentait quelque chose d'invisible autour d'eux.
Féticheur : sors d'ici... et ne reviens plus jamais me voir.
Khoumba écarquilla les yeux.
Féticheur : à partir d'aujourd'hui je ne peux plus rien pour toi.
Elle : QUOI ?!
Sa voix résonna dans la pièce.
Elle : JAMAIS ! JAMAIS !
Fatou bougea légèrement au sol ils se regardèrent avant de tourner les yeux vers elle. Un petit gémissement sortit de sa bouche et ses doigts tremblaient.
Si elle avait réellement compris ce qui était en train de lui arriver, elle aurait fui dès le moment où elle avait vu sa belle-mère à moitié nue avec cet homme dans cette pièce maudite.
Fatou : maman... maaam...
Puis soudain...
Fatou : AAAAAAAAAAHHHHH !
Khoumba recula brutalement. Le féticheur releva la tête d'un coup et comprit que tout s'était mélangé.
Les sorts.
Les invocations.
Les intentions.
Tout.
Il n'avait plus le contrôle de rien. C'était terminé.
Au même moment en France, Maryam était assise sur son lit d'hôpital, les yeux gonflés par les larmes depuis la visite de Yanis. Son cœur était en train de se briser lentement. Elle revivait chaque moment, chaque regard, chaque parole.
Et surtout cette phrase : « Je vais bientôt devenir un fantôme. »
Maryam : Bakary je te jure je me sens tellement mal...
Bakary était assis face à elle, les coudes posés sur ses genoux.
Bakary : tu m'étonnes... j'aime pas votre relation parce que ce mec je l'aime pas du tout wallah... mais t'as tellement souffert que si c'était lui que tu voulais je me serais fait tout petit face à vous. Mais là ça sert à rien.
