J'ai passé l'après-midi dans la chambre de Laly et, juste avant la prière du Maghrib, je suis partie. Sans dire au revoir à personne, je suis partie comme une voleuse.
J'ai quand même dit à Laly d'accompagner le gardien dans ma chambre pour récupérer le barigo, histoire que ce soit fait.
Bref, quand je suis montée dans mon taxi, j'étais trop bien.
Ça m'a fait un bien fou de revenir à la maison. Chez Maryam Sakho, c'est bien, mais c'est un peu vide.
J'aurais pu y retourner pour dormir, mais je sais que si je me suis sentie bien, c'est juste parce que je n'ai pas croisé les vipères.
Arrivée chez ma grand-mère, j'ai mangé, je me suis posée avec mes cousines, on a parlé, rigolé... En vrai, je ne parle pas souvent d'elles, mais elles sont plusieurs, lol.
Je vais vous passer le temps, je vais mieux qu'avant. Je ne broie plus du noir.
De temps en temps, je vais à la maison, mais c'est rare. Mes sorties se résument à accompagner mes cousines chez leurs copines ou à aller au marché avec la bonne.
Après, je ne vais pas mentir, je reste plus souvent à la maison qu'à l'extérieur.
Tous les jours, je parle à Kadiatou et à Laly. Mon père m'a appelée plein de fois pour me sermonner et me dire de retourner chez mon mari, mais il ne sait pas que c'est mon mari qui ne veut plus de moi.
Ma mère ne veut pas lui dire, elle ne veut pas qu'il l'embrouille. Il répète tout le temps que c'est de sa faute, alors elle préfère éviter ça, surtout que ses problèmes de santé se sont empirés. Depuis la crise, ça va mieux, mais on fait attention.
Mais même si elle ne lui dit pas, je suis sûre qu'il sait. Ou qu'il va finir par le savoir.
Aujourd'hui, c'était calme. J'étais posée et Youss venait de m'envoyer un message.
Lui : salut cousine ça va ?
Moi : ça va et toi ?
Lui : oui ça va.
Moi : alhamdoulilah.
Youssouf : tu veux venir avec moi à Bamako ? Je vais récupérer tes affaires de couture aujourd'hui !
Moi : oui vas-y.
J'étais trop contente. Je vais pouvoir recoudre, et surtout... je vais pouvoir revoir mon mari.
J'espère tellement qu'en me voyant, il change d'avis et me demande de revenir avec lui.
J'ai beau essayer de fuir mes sentiments, d'effacer tout ça, j'y arrive pas. Ça y est, je suis conquise jusqu'à l'os.
Youssouf : ok je passe te récupérer prépare-toi dans 20 minutes je suis là.
J'ai mangé, prié, puis je suis allée me laver. J'ai mis une belle robe bleue et un voile blanc, je me suis parfumée et j'ai attendu Youssouf.
Évidemment, les 20 minutes étaient passées, mais je m'en foutais. J'appréhendais.
Je voulais juste voir Galadio... le serrer dans mes bras, le revoir, l'entendre, sentir son regard sur moi.
J'ai eu une mini-pensée pour Yanis. J'aimerais bien lui envoyer un message, mais je sais que c'est pas bon.
Son cas à lui... je suis perdue. Je sais que je veux plus être avec lui, que j'aime mon mari, que je ne veux que lui.
Mais je veux pas couper les ponts avec Yanis, pas après tout ce qu'on a vécu. Il m'a rendue heureuse, c'est mon premier amour.
J'ai du mal à me faire à l'idée qu'on ne se parlera plus jamais. Pour moi, c'est juste une pause. On se reparlera, on sera amis.
