Aïssata : Vas-y Maryam, à demain !
Moi : Oui, à demain !
Elle : 12h hein ! Je suis très ponctuelle, y'a intérêt à être à l'heure.
Je rigole et lui fais la bise, puis je serre la main à Moussa.
Lui : Si t'as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas. Bonne nuit et merci.
Je dis merci et claque la porte. Comment ça, si t'as besoin de quelque chose, n'hésite pas ?
Je sais pas comment prendre la chose. J'ai du mal à comprendre !
Je soupire. De toute façon, je m'en fous. Si j'ai besoin, j'hésiterai pas, je resterai à ma place et je me débrouillerai toute seule !
Je retourne dans le salon, je retire mon kimono, récupère les verres sur la table basse, et en me relevant, je commence à avoir des vertiges.
Moi : Oh non...
Je reste figée deux minutes et je me sens partir. Les verres glissent de mes mains et se cassent au sol. Je fais un pas et je crie tellement fort que j'ai moi même eu peur !
En fait, je partais dans une autre dimension, mais je ressentais les bouts de verre dans mon pied, c'était horrible.
Si je meurs tout de suite, je serai peut-être considérée comme une martyre...
... : Tata ça va ? Oh, ne bouge pas, je vais venir t'aider !
Je perds l'équilibre. Elle revient avec le balai, pousse les bouts de verre, puis m'aide à m'asseoir.
Elle : Je t'ai dit de laisser, que j'allais nettoyer, tata...
Moi : Oui.
Elle : Y'a cinq bouts de verre dans ton pied. Il faut que je les retire. Il est pas là, tonton ?
Moi : Non, il dépose les invités chez eux.
Elle : J'arrive. Tiens, bois de l'eau.
Elle part et revient avec du vinaigre, du sel, puis une cuillère.
Elle : Tata, t'as un coupe-ongles ou une pince ?
Moi : Dans ma chambre.
Je commençais à ne plus sentir mon pied. Je sentais le sang chaud couler.
Elle revient et balaie tous les bouts de verre. Je me suis endormie, j'étais trop fatiguée. Et quand j'ai senti qu'elle a versé de l'eau sur mon pied, ça m'a réveillée. J'ai crié.
Elle : Ça brûle mais c'est passager. J'enlève les verres maintenant.
Je prends un coussin et cale ma tête dedans. J'ai tellement souffert. Pendant quinze minutes, elle me charcutait.
Elle : Tata, c'est bon. Je ramasse tout ça et on va à la salle de bain, je vais t'aider.
Moi : Ok.
Elle part, revient, et on va à la salle de bain. Je rince mon pied, elle l'essuie. Ensuite, on va dans ma chambre et je m'installe sur le lit.
Elle : Y'a pas de pansement, on va couper un drap, tata.
Je ricane et lui dis ok.
La porte de l'appartement claque, et quelques secondes plus tard, Galadio arrive avec un visage apeuré.
Lui : C'est quoi tout ce sang dans la maison ?
Tchétché : Tata s'est coupée avec les verres en débarrassant...
Lui : Tchétché, c'est à toi de débarrasser ! Elle écoute pas, elle ! Faut pas lui laisser le temps ! Tu tournes le dos une seconde, elle se précipite pour faire des bêtises !
