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Moi : t'es sûre ?

Elle souffle longuement, le regard fuyant, puis commence à jouer avec sa bague. Ce petit tic qu'elle a quand quelque chose la travaille.

Aïssata : oui, je vais aller en France vite fait, juste histoire de me ressourcer. J'ai pas l'habitude de rester en place, je pense que c'est ça qui fait que je suis en bas mood.

Je pince mes lèvres sans rien dire. Franchement, ça m'enchante pas, mais si ça peut lui faire du bien... qu'elle fasse ce qu'elle veut.

Moi : bon bah écoute...

Elle : je vais pas durer, je reviens pour la naissance de mon bébé.

Je ricane en secouant la tête.

Elle : je sais que ça te plaît pas.

Moi : j'ai aucun droit sur ta décision, je te soutiens, et en vrai je te comprends. Mais le truc, c'est que j'ai l'impression que tu dis pas tout. De base, toi, là où Moussa est, t'es bien. Donc pourquoi tu veux partir comme ça d'un coup ? On dirait que ce que tu t'étais construit ne te suffit plus.

Elle détourne les yeux, son regard devient flou, comme si elle cherchait une issue invisible. Et là, dans ses pupilles, je vois un truc que je connais trop bien : un secret qui brûle.

Moi : je sais que c'est ça, mais pourquoi ? Qu'est-ce qui a changé ?

Elle : j'aime quelqu'un Maryam... et j'en peux plus d'être sans lui.

Ses mots me coupent le souffle.

Moi : tu m'avais déjà parlé de ça l'année dernière, mais t'étais tellement vague que j'osais pas trop creuser. Raconte-moi bien, Aïssata.

Elle secoue la tête.

Elle : je peux pas...

Je fronce les sourcils, les bras croisés.

Moi : et pourquoi ?

Elle : tu vas me juger.

Je ris doucement. Moi juger ? Si elle savait à quel point je déteste qu'on pense ça de moi.

Moi : jamais de la vie. Tu sais très bien que je suis pas comme ça.

Elle baisse la tête.

Elle : je t'avais déjà dit qu'il était avec quelqu'un, mais j'arrive pas à l'oublier, et je culpabilise pour ça.

Un frisson me traverse. Impossible d'empêcher mon esprit de repenser à la voix de cette femme qui avait appelé sur le téléphone de mon mari.

Moi : tu fais bien de penser à lui et à sa famille... certaines n'ont même pas ce scrupule.

Elle éclate en sanglots. Pas des larmes discrètes, non, elle craque complètement. Ses épaules tremblent, ses mains cherchent un appui sur ses genoux.

Mon cœur se met à battre à toute allure. J'essaie de rester calme, mais je sens que quelque chose cloche.

Elle : Maryam je suis désolée wAllah, je voulais pas.

Et d'un coup, tout devient clair. Comme un puzzle qui s'emboîte brutalement dans ma tête.

Je le connais, cet homme. Trop bien.

Moi : j'avais un doute, mais j'ai jamais voulu y prêter attention. Je crois que je voulais me voiler la face. Mais là, je peux plus faire semblant avec ce que je viens de ressentir, Aïssata.

Elle relève la tête, les yeux noyés.

Elle : je suis désolée Maryam.

Moi : bah y'a pas à être désolée. Vous êtes pas responsables de ce que vous ressentez, mais y'a une famille entre vous, et ça, c'est sacré.

UN "BLEDARD" DANS MA VIEDes histoires addictives. Découvrez maintenant