Aujourd'hui c'est mon mariage avec Galadio, on a rien fait pour le fêter parce que je n'ai pas d'entourage et en plus Galadio n'est pas en état. Sa famille a plutôt bien réagi à l'annonce de son mariage et je pense qu'ils savent tous très bien qui je suis.
Je ne savais pas comment il avait fait pour qu'ils acceptent jusqu'à ce qu'il me dise qu'il avait révélé qu'il avait un enfant avec moi. Et chez eux c'est chaud ça. Je n'imagine pas la réaction de sa mère la mégère. Rien que d'y penser j'ai un sourire nerveux qui me vient. Celle-là, je vais pas la louper, elle me connaît très bien !
J'étais chez moi seule avec ma fille, en robe de maison entrain de faire un bon repas pour ce soir. L'odeur du poisson commençait à prendre la cuisine, ça me calmait un peu, ça me maintenait occupée pour pas trop penser à... tout ça. J'étais concentrée sur mes gestes, sur la cuisson, comme si ça pouvait m'empêcher de trop réfléchir.
Puis j'ai reçu un message de Galadio me disant que nous étions officiellement mari et femme. Je suis restée quelques secondes à regarder l'écran avant de sourire et verrouiller mon téléphone. Enfin, j'ai eu ce que je voulais... mais ce n'est pas complet. Y'a encore ce vide dans ma poitrine qui me rappelle que c'est pas juste des papiers qu'il me faut.
Eva : mamo quoi ?
Moi : du riz avec du poisson. Tu connais le poisson ?
Elle : iii !
Moi : il vit ou ?
Elle pointe du doigt la table et dit.
Elle : là !
Je glousse, son sérieux me fait rire.
Moi : n'importe quoi.
Je termine de préparer et Eva s'endort, j'en profite pour aller me laver et une fois fini je me maquille un peu, m'apprête et appelle ma cousine pour lui dire que je suis mariée. Je fais la meuf détachée mais au fond... mon ventre se retourne, comme si mon corps vivait ça plus fort que ma tête.
On papote un peu puis Eva se réveille alors je vais m'occuper d'elle, je reviens à la réalité, à ce rôle que je maîtrise mieux que mes émotions.
Vers 16h la porte s'ouvre, Galadio avec un gros bouquet de fleurs rouges. La couleur me frappe, directe, violente presque, comme si ça réveillait quelque chose en moi que j'essayais de contrôler depuis ce matin.
Moi : oooooh...
Lui : salam wa aleykoum.
Moi : wa aleykoum salam.
Il s'arrête devant la porte et je le regarde en souriant, je le contemple vraiment. Il avait fait l'effort pour moi d'aller chez le coiffeur, tailler sa barbe et ça m'a touchée plus que prévu. Je m'y attendais pas, surtout venant de lui maintenant, surtout dans ce contexte.
Il s'avance lentement et me donne le bouquet et pour la première fois de ma vie je baisse la tête devant un homme. Ça m'a échappé... comme si mes épaules avaient lâché d'un coup, comme si je déposais quelque chose. Moi Fatou je suis tombée. Juste une seconde, mais je suis tombée.
Eva arrive et s'accroche à mon pied, je la regarde en souriant et elle éclate de rire.
Elle : mamo Lo flooor !!!
Moi : c'est baba qui m'a acheté.
Le torse de Galadio était à 0,0mm de mon visage, il relève ma tête avec son menton et ce que j'ai ressenti je ne l'ai jamais ressenti auparavant. C'était chaud, doux, mais en même temps ça me prenait de vitesse, ça me coupait le souffle, comme si je n'avais plus le contrôle du rythme.
