J'entre dans la chambre, ferme la porte puis vais m'asseoir près de mes deux chéries.
Moi : mon père m'a dit que tu allais tout me raconter.
Elle : tes parents sont lâches envers toi.
Moi : ils ont peur.
Elle : haha, c'est eux qui t'ont engendrée. Qu'est-ce que tu vas faire ? Les frapper ? Ne plus leur parler ? T'es maman maintenant, tu sais ce que ça fait d'avoir un enfant. Si demain Medina ne te parle plus, ça te fera du mal. Alors tu éviteras de faire ce mal à tes parents à nouveau parce que tu ne veux pas le vivre.
Je hoche la tête.
Amany fait son rot et commence à gigoter de partout. Je la prends et joue un peu avec elle.
Sakho : à la base, ton père devait se marier avec la mère de Galadio.
Choquée !
Et moi qui pensais que Galadio était le fils de mon père, j'étais à côté de la plaque.
Sakho : ton grand-père, paix à son âme, avait donné la main de ta mère à un cousin, mais ta mère ne voulait pas. Elle était en Égypte là-bas, chez nous.
Faudrait que j'y aille d'ailleurs. La famille paternelle de ma mère s'est installée en Égypte, moi je n'y suis jamais allée. Justement, c'est là-bas que Bakary souhaite s'installer.
Sakho : au Mali, on préparait les fiançailles de Khoumba et Moussa et moi je suis tombée malade. Du coup, ta mère et ton oncle Nouha sont rentrés à Bamako. Et quand ton père a vu ta mère, c'était fini.
Elle tape des mains.
Sakho : je l'ai senti directement. Dès qu'il l'a vue, Maryam, j'ai dit : y'aura plus de mariage. Ta mère que tu vois là ? Quand elle était petite, elle était comme Sadio, elle me donnait beaucoup de fil à retordre. C'est pour ça que je l'ai envoyée en Égypte avec Nouha. Popopo, du travail !!!
Je ricane. Ma mère, c'est tellement une femme calme que j'ai du mal à y croire.
Elle : ah oui, ton père l'a assagie. Mais ta mère, c'était une catastrophe !
Moi : ça me choque de Mama !
Elle : quand elle l'a vu, elle aussi, au lieu de se comporter normalement, elle agissait avec lui comme si elle le connaissait depuis longtemps alors que c'était la première fois qu'ils se voyaient. Elle était indifférente. Ils se sont présentés et quand il a dit : je suis Moussa, elle a dit : oh c'est toi qui te maries ? Je veux être l'amie de ta femme. Il a rigolé et il est revenu quelques jours plus tard avec Khoumba. De là, elles passaient toutes leurs journées ensemble à s'occuper de moi. Après, elles sortaient ensemble acheter des affaires pour le mariage. Elles étaient comme ça, Maryam.
Elle croise ses deux doigts et continue.
Sakho : liées ! Comme deux jumelles.
Moi : subhanAllah mah ? Ça veut dire que tout le mal qu'elle se donne, c'est parce que mes parents sont mariés ?
Elle : faut retourner ça d'une autre manière, et j'ai même pas fini.
Moi : ah Amany !!! Y'a quoi ? Tu veux trop jouer !
Je la donne à ma grand-mère, pose son tapis d'éveil au sol et l'installe dessus. Elle rigole et joue.
Je glousse et regarde ma grand-mère pour qu'elle continue.
Elle : ton père, il n'était pas amoureux de Khoumba. Et le mariage de Moussa et Khoumba était arrangé. Ta tante était déjà amoureuse de ton père, mais lui non.
