Moi : Moussa je vais lui parler, j'arrive.
Il me regarde. Je sens qu'il est étonné deux secondes puis il redevient normal.
Lui : vas-y mais fais vite.
Sakho : Maryam fais vite, on n'a pas le temps.
Mon grand-père était là mais il regardait même pas Galadio... et moi je me sentais honteuse de nous afficher comme ça devant tout le monde.
C'est vraiment de la telenovela... j'ai eu mon moment de Teresa.
Je descends et ferme la porte. À peine j'avance, il attrape ma main et me tire vers lui avec précipitation. Ses doigts serrés autour des miens, ça me faisait presque mal mais je disais rien. Il m'emmène vers un muret.
Lui : pars pas... Maryam pars pas s'il te plaît... je peux pas sans toi, c'est mort pour moi...
Sa voix tremblait, il cherchait ses mots, c'était même pas fluide.
Lui : j'ai passé des moments forts avec toi... j'ai été dur c'est vrai mais... je fais des erreurs... je t'aime.
Je baisse légèrement les yeux, ma gorge se serre mais je me reprends.
Moi : mais Galadio... ces années de mariage c'était pas des bonnes années. Tu m'as fait beaucoup de mal. Je me suis pliée pour toi... j'ai mis mes sentiments et mon honneur de côté pour toi, pour mes parents, pour ce mariage. Je pensais que ça allait le faire mais pas du tout.
Je relève la tête et je le regarde.
Moi : je vais pas énumérer tout ce que tu m'as fait... mais je veux partir. Je veux plus être ici pour toi. Et cette fois je reviendrai pas.
Un silence s'installe. Même le bruit autour, j'avais l'impression de plus rien entendre.
Moi : si je reste c'est seulement pour ma famille. Comme tu l'as dit... t'as une femme et une fille maintenant. Tout ce qu'on a pas pu avoir. Donc vis ça... et sois heureux.
Lui : je le pensais pas... je voulais que cette réunion se finisse...
Moi : je m'en fous Galadio. Tu l'as dit.
Il attrape mon visage. Ses mains tremblaient, il serrait la mâchoire comme s'il retenait quelque chose. Son regard était lourd, ça me faisait mal de le voir comme ça.
Mon cœur battait trop vite, mes mains étaient moites, j'avais du mal à respirer mais je me retenais de pleurer.
Moi : laisse-moi s'il te plaît... si tu m'aimes vraiment, laisse-moi partir et être heureuse.
Lui : je veux pas...
Je retire doucement ses mains de mon visage.
Je le regarde... et je pense à sa fille. Elle lui ressemble tellement, c'est incroyable. Mon cœur s'est serré d'un coup. Une vague de regret m'a traversée mais je l'ai chassée.
Moi : demande pardon à ta femme et à ta fille pour moi. Je voulais pas l'insulter... c'était qu'une enfant, elle m'a rien fait.
Lui : a...
Moussa : MARYAM !
Je sursaute. Je tourne la tête et vois Moussa qui sort sa tête de la voiture. Il me fait signe que l'heure tourne.
Je souffle légèrement. Mon cœur se serre encore une fois.
Moi : ...j'y vais.
Je me retourne et j'avance sans le regarder. J'avais peur que si je croisais ses yeux, je change d'avis.
