Galadio : ça va aller ?
Moi : oui, c'est bon on peut y aller.
Lui : ok.
Il prend mon sac et on s'en va, on monte dans la voiture et il démarre.
Moi : on va où ?
Lui : au village pour que tu vois Laly, elle te demande beaucoup, mais pas plus d'une semaine hein, on retourne à notre appartement, t'es trop faible.
Moi : Galadio je veux rester à la grande maison...
Lui : j'ai pas envie.
Je bronche pas, c'est lui qui décide. Aujourd'hui j'accepte, mais bon c'est parce que c'est pour mon bien.
Même après 3 jours d'hospitalisation je suis fatiguée.
Sur la route on discutait un peu, mais j'étais vraiment éteinte. On est arrivé 1h30 après à la maison, il a garé la voiture et on est descendus.
Dès qu'on est arrivés j'ai eu honte... c'est toujours moi qui m'évanouis dans cette maison, la honte haha.
On entre et je constate qu'il y a énormément de monde, les condoléances ça finit pas. Je me dirige vers la chambre de Laly et j'y entre avec mon garde du corps bien sûr.
Moi : salam wa aleykoum.
Elle était avec deux dames, elles m'ont répondu et elles sont sorties.
Galadio s'est assis et a pris Ibrahim.
Galadio : Laly ça va ?
Elle : hm.
Moi : tu te sens comment ?
Elle : enfermée, encore 37 jours comme ça... puis les visites aussi ça finit pas.
Son ton était super calme, elle a accepté le destin.
Je lui chuchote.
Moi : t'es pas trop fatiguée avec la grossesse ?
Elle : hm hm, j'y pense même plus... tu viens de me rappeler même que j'étais enceinte.
Moi : tu vas porter ça jusqu'à la fin de la période de deuil ?
Je parle de sa tenue de deuil.
Elle : oui et j'ai pas le droit de sortir de la maison.
Moi : hm... c'est quoi qui a causé son décès ?
Elle : je sais pas, il a mangé chez moi mais il a commencé à tousser... beaucoup tousser. Il s'est levé et nous a dit au revoir à Ibrahim et moi, il a dit à demain, c'était les jours de Kankou... il est parti et nous on s'est endormies. C'est avant le Fajr que Kankou est venue me voir, elle m'a dit de venir voir Ladji, qu'il m'appelait. J'y suis allée et il toussait beaucoup, quand il parlait Maryam on comprenait rien, mais je sentais qu'il partait. Je voulais pas me l'avouer, et après il a fait l'attestation de foi et wallah Maryam on a entendu son âme sortir de son corps comme un rot... à partir de ce moment-là je me suis déconnectée.
Moi : hm... qu'Allah lui fasse miséricorde.
Elle sèche ses larmes et soupire.
Elle : jamais, avant de me marier, j'aurais pensé que Ladji prendrait une si grande place dans ma vie. C'est le père de mon fils, mais c'était mon mari et je l'aimais beaucoup. Il essayait de me comprendre, il était présent à sa manière tu vois, il se confiait à moi, même par rapport à Kankou et le fait qu'ils aient pas d'enfant, ça le travaillait. Il me disait tout... pour te dire, la grossesse de Kankou, c'est lui qui me l'a dit en premier et il était trop content. Et le pauvre, il va même pas rencontrer son enfant.
