Moi : allô salam wa aleykoum.
Baba : wa aleykoum salam sira ça va ?
Moi : hm ça va.
Baba : Galadio ça va ?
Mon cœur se serre direct à l'entente de son prénom. Comme si quelqu'un comprimait mon ventre de l'intérieur.
Moi : hm.
Lui : ah bissimilah.
Moi : je voulais te parler d'un problème.
Lui : oui j'ai senti y'a quoi ?
Moi : avant hier j'ai appris que Galadio me trompait avec une femme, je voudrais divorcer.
Il ricane direct. Même pas une seconde de compassion.
Lui : mais toi t'es malade ! Tu penses qu'on met fin à un mariage pour des bêtises pareil ? Il t'a trompé c'est pas grave vous êtes jeunes ça arrive pardonne le.
Je sens ma mâchoire trembler.
Moi : non baba c'est bon je veux plus je suis fatigué.
Lui : ah Maryam t'étais pas comme ça avant pourquoi tu nous fatigue depuis que t'es marié ?
Moi : parce que je suis pas heureuse.
Lui : bah c'est de ta faute parce que tu te contente pas de ce que tu as. Dis alhamdulilah ta un mari t'es jeune tu travailles pas t'es nourris loger on prend soin de toi mais t'es pas contente ! On peut rien faire pour toi !
Moi : c'est pas de ma faute si je me suis marié avec Galadio c'était pour pas vous mettre la honte.
Lui : aaah donc c'est de ma faute maintenant ? Tu veux quoi ? Divorcer ? Me mettre encore plus la honte ?
Je m'en fou.
Moi : mais personne va calculer si je divorce.
Lui : qui te dis ça ? Maryam tu va pas divorcer la fille avec qui il est c'est une petite histoire de rien du tout comme t'es enceinte il voit que t'es fatigué il a du chercher du réconfort ailleurs c'est rien du tout.
Moi : ok bon salam aleykoum.
Je raccroche avant même qu'il réponde. Mon téléphone devient lourd dans ma main, comme s'il me dégoûtait.
Je pose ma main sur mon ventre, comme si je pouvais protéger mon bébé de tout ça.
Moi : c'est trop dur... je veux même pas que tu viennes au monde dans un environnement pareil. Un père comme lui c'est pas possible mon bébé.
Ma voix se brise toute seule. Je suis déçue. De Galadio. De mon père. De moi même. Tout s'effondre.
Je me lève, je mets mon foulard et je tombe sur Moussa. Il a une tête fatiguée mais il me regarde avec ce petit sérieux qui calme.
Lui : ça va ?
Moi : non, mais bon.
Lui : tu va où ? Ta besoin d'un truc ? Tu me dis hein.
Moi : j'ai besoin de prendre l'air. Je veux être seule.
Lui : vas-y alors. Appelle si t'a besoin.
Je hoche la tête et je pars.
Je marche, je sens mon ventre lourd, mes jambes fatiguées. Au bout de dix minutes je m'assois. Je m'écroule presque.
Moi : je suis là toute seule sans personne sans soutien familial sans papier coincée ici avec un bébé dans le ventre et un mari qui me trompe... c'est n'importe quoi... pourquoi j'ai rien vu venir ? Allah tu m'as abandonné ?
