Moussa prend ma valise et me regarde à peine.
Moi : on y va ?
Lui : ouais...
La porte claque et Galadio arrive vers nous.
Je le vois s'approcher et direct mon cœur se serre.
Son odeur la, celle que j'aimais, qui maintenant me dégoûte.
Galadio : tu l'amènes où ?
Moi : c'est pas ton problème. Moussa lui réponds pas. On y va.
J'étais désorientée, je parlais sans réfléchir, j'avais le cœur en feu. Je descends avec ma petite valise et mon gros ventre puis j'attends Moussa.
Il arrive enfin et déverrouille la voiture, je l'ai appelé et il est venu direct, alors qu'il est super tard.
C'est vraiment le meilleur.
Je monte dans la voiture pendant qu'ils mettent les valises dans le coffre, je ne prends même pas la peine de mettre ma ceinture. Je voulais juste appeler mes parents, leur dire que c'est fini, que je ne veux plus de cette vie-là.
Moussa monte et ma gorge me brûle.
J'ai mal, mal comme jamais.
Je me suis donnée à fond, alors qu'à la base c'était même pas mon style ni d'homme ni de vie. Je l'ai fait pour lui, pour mes parents, pour la famille. Et lui, il me rend ça ?
J'aurais dû le tromper avec Yanis, j'aurais dû.
Lui : ça va aller Maryam t'inquiète pas, on va aller chez moi et tu vas te reposer.
Moi : j'ai envie de mourir.
J'explose en larmes, Moussa démarre puis s'arrête un peu plus loin il se détache et me prend dans ses bras.
Lui : je supporte pas de te voir comme ça Maryam, arrête s'il te plaît.
J'étais incontrôlable, je disais n'importe quoi, je comprenais rien à ce que je sortais, il me regardait sans savoir quoi faire. Avec du recul, c'est presque ridicule, mais sur le moment j'étais détruite.
Je me calme et il reprend la route. On arrive chez eux ou Aïssata nous attend devant le portail. Son regard me tue, encore plus triste que quand on avait parlé de mon frère.
Elle me prend les mains et dit.
Elle : ça va aller t'es forte, t'as un bébé qui arrive, faut que tu restes debout pour lui. On va t'aider, t'es pas seule ma sœur.
Moi : je veux rentrer.
Aïssata : mh, on va rentrer.
On monte, Moussa pose mes affaires et s'en va. Une fille de la maison m'apporte à boire, je bois un peu et je me couche.
Les images tournent dans ma tête sans arrêt.
Moi : je me suis bien faite avoir. Il a raison... je suis une gamine.
Elle : dis jamais ça Mary. T'es juste amoureuse, c'est tout. Et crois-moi, Galadio, tu lui fais peur. Le jour où tu vas capter qui t'es vraiment, il va regretter. On est jeunes, on apprend.
Moi : Aïssata, elle est tellement belle la fille avec qui il est. J'ai jamais vu une femme comme ça.
Elle : ouais, peut-être qu'elle est belle, mais toi t'as un truc qu'elle aura jamais. Ton cœur, ta lumière. Même si c'est un enfoiré, il t'a aimée pour ça.
Moi : je le déteste.
Elle : normal. Mais de te voir comme ça, moi ça m'a calmée direct je vais tout couper avec ton frère, c'est fini.
