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Je nettoie la table et m'attarde sur une tâche tenace, je frotte doucement mais petit à petit j'y mets plus de force et ça m'énerve. La tâche me défie, comme si elle se moquait de moi.

Pourquoi ça part pas ?

Je vois Galadio se lever et venir vers moi, il avance lentement, comme s'il avait peur de ma réaction.

Lui : y'a quoi ?

Je continue de frotter avec beaucoup de brutalité et je finis par me blesser, mon sang coule et Galadio soupire, un soupir lourd, fatigué, celui d'un homme qui ne sait plus comment m'atteindre.

Je balance le torchon au sol et vais rincer ma main dans la cuisine, l'eau froide me pique mais ça ne me ramène pas vraiment à moi.

Galadio arrive et dit.

Galadio : Tchétché, tu peux aller acheter une nappe s'il te plaît ?

Tchétché : oui une nappe comment ?

Lui : je sais pas pour la table à manger, le temps que j'en achète une nouvelle il y a une tache qui dérange Maryam.

Mes larmes montent et ma gorge me brûle, c'est comme si tout se serrait d'un coup.

Pourquoi cette tache ne part pas ?

Ça me frustre.

J'éteins le robinet et sors de la cuisine puis vais dans la chambre, je ferme la chambre et pleure, mon corps se replie sur lui-même, je me sens minuscule, inutile même.

J'aurais dû réussir à faire disparaître cette tache et j'ai pas réussi, c'est pas normal je suis si nulle que ça ?

Même nettoyer une maison j'y arrive pas ?

Je pleure à chaude larme et la porte s'ouvre, il vient vers moi et s'assoit à côté.

Très près.

Lui : faut pas pleurer pour ça, je vais en acheter une nouvelle t'inquiète pas.

Je sanglote et essuie mes larmes, il attrape mes mains et me prend dans ses bras, son odeur me serre le cœur au lieu de me soulager.

J'enfouis ma tête dans son cou et j'explose en larmes, comme si tout ce que je retenais depuis des jours trouvait enfin une sortie.

Il caresse mon dos et ne cesse de me dire « c'est bon c'est fini. »

C'est fini...

J'ai fini par me calmer et m'endormir dans ses bras, à mon réveil j'étais seule, l'empreinte de sa chaleur encore là sur l'oreiller.

Je suis restée couchée et je pensais à ce sac, et à Abdoulaye.

Aujourd'hui mon sac plastique aurait eu 1 mois.

Mon petit Bakary.

Je suis assise dans le salon, seule.

Tchétché est partie au marché et Galadio est au travail paraît-il.

Pour moi il est avec elle.

La porte s'ouvre et je le vois entrer avec un bouquet de fleurs rouges.

Ça me dégoûte, quelle hypocrisie !

Il s'avance vers moi et embrasse ma joue, je tourne la tête pour montrer mon désarroi et je soupire, même mon souffle tremble, comme si j'avais plus de force pour cacher ma douleur.

Lui : je sais que tu me détestes mais que tu m'aimes aussi... je pensais que ça serait une bonne idée de t'offrir des fleurs.

Il me tend le bouquet de fleurs, je le regarde un long instant et vraiment il a très peur de moi ! Je prends le bouquet et le pose à côté de moi comme une chose insignifiante.

UN "BLEDARD" DANS MA VIEDes histoires addictives. Découvrez maintenant