Je vais m'asseoir sur le fauteuil et je les laisse finir de manger, Galadio et Tchétché.
Sadio : papa il fait que parler de toi en ce moment.
Moi : mdr, hier mon mari m'a dit d'appeler en plus.
Elle : tu vas le faire ? Ça se voit que tu lui manques, depuis le décès du bébé c'est encore pire.
Moi : en plus à chaque fois il m'envoie des vocaux et tout, trop la flemme de répondre... je me sens méchante mais je digère pas.
Elle : j'ai envie de te comprendre mais sah j'y arrive pas 😂 mais je t'en veux pas hein, t'as tes raisons et tout... mais toi déjà de base t'es pas rancunière, et papa et mama c'était ta vie avant ! Tu faisais tout pour qu'ils soient satisfaits, et là ton cœur s'est endurci. Alors que t'as accepté le pire venant d'eux ! C'est pour ça je comprends pas.
Moi : quand mon fils il est sorti de mon ventre, j'ai ressenti un truc... pour moi c'était un trésor que je devais préserver, et surtout protéger. Je leur en veux parce qu'ils m'ont pas protégée. Ils ont fait de moi ce qu'ils voulaient tu vois ? C'est méchant. Et en plus ils ont fait passer mon bonheur après tout.
Elle : hm, je comprendrai quand je serai mère. En tout cas là il est là, au moins dix minutes dans la journée il fait tes éloges ici. Mama elle a fait du Maro hier, il a dit "ça manque de Maryam", j'ai tellement ri.
J'explose de rire.
Moi : il abuse tellement 😂
Elle : à fond ! Ils ont de la chance que je suis pas une sœur grave jalouse !
Moi : c'est moi qui ai eu de la chance oui ! Tu m'aurais fait une de ses misères.
Elle : j'te jure 😂
Je me retourne et je regarde la ville. Y avait beaucoup de klaxons, de voitures dehors, les gens criaient un peu, le vacarme habituel.
Je voulais aller faire la macrelle mais j'avais une de ces flemmes... je préfère guetter ça de mon canapé lol.
Galadio vient s'installer face à moi et pose sa main sur ma cuisse.
Lui : ça va ?
Moi : hm, et toi ?
Lui : oui.
Puis on s'est regardés sans rien dire. C'était un moment silencieux mais de complicité... je saurais pas trop l'expliquer.
Moi : tu dois pas sortir aujourd'hui ?
Lui : si.
Je lève les yeux vers lui, je le regarde. Il est trop chelou.
Moi : bah t'attends quoi alors ?
Lui : tu viens avec moi ?
Moi : si tu veux.
Lui : parfait, on se repose et on y va ?
Moi : on va où ?
Il me regarde et rigole.
Je plisse les yeux. J'ai dit quoi de drôle ?
Lui : on va chez la mère de Daouda.
Moi : hm... pourquoi ?
Lui : elle a besoin de me parler, je sais pas pourquoi, par la même occasion elle te verra.
Moi : ok. Elle était pas là au mariage ?
Lui : si, mais depuis vous vous êtes pas revues.
Il caresse ma joue, pose sa deuxième main sur le fauteuil.
