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Les jours ont passé. Trois, puis cinq Galadio n'est plus venu.

Pas un appel, pas un message.

J'attendais un signe de vie, un ça va ? mais rien. Le vide, comme dans mon ventre.

Ma grand-mère a vu que ça commençait à me ronger. Elle ne disait rien mais je sentais ses mains peser un peu plus longtemps sur mes épaules, comme pour me soutenir, me dire « ça va aller ».

Sakho : repose-toi bien, pense pas trop.

Moi : je pense pas.

Je mentais, je pensais tout le temps.

Je me demandais s'il reviendrait un jour, s'il était finalement fâché contre moi. S'il avait eu peur. S'il avait fui comme certains hommes fuient la douleur.

Peut-être qu'il est juste occupé.

Un après-midi, alors que je finissais ma prière, j'ai entendu la voix de Penda dehors.

Elle discutait avec Sakho.

Penda : il est retourné à Bamako.

Sakho : ah bon ? Il a même pas dit à Maryam ?

Mon cœur s'est serré. J'ai remis mon voile rapidement et je suis sortie.

Moi : il est parti ?

Penda m'a regardée, gênée.

Penda : il avait besoin de recul ma fille... faut pas mal prendre. Les hommes c'est pas comme nous.

J'ai hoché la tête doucement mais dans ma poitrine ça bouillonnait. J'ai senti mes jambes devenir légères, mes mains transpirer.

C'est sûr il a quelque chose contre moi.

Je suis rentrée dans ma chambre et j'ai fermé la porte.

Je me suis assise par terre, dos contre le mur. J'ai fixé le pagne bleu que j'avais soigneusement plié.

Mes doigts ont glissé dessus et un frisson m'a parcourue.

Moi : t'es parti toi aussi hein...

Je l'ai serré contre ma poitrine.

Lui et son père.

Je suis seule.

Au final tout le monde m'a abandonnée, j'ai personne.

Je ne suis plus rien pour personne.

Je voulais plus pleurer alors je me suis levée et couchée jusqu'à m'endormir.

C'est mon téléphone qui m'a réveillée ; Bakary.

Bakary : ouais mamie ça va ?

Moi : hm et toi ?

Lui : ah tu dormais, désolé.

Moi : non t'inquiète c'est pas grave, ça va ?

Lui : ouais et toi le moral ?

J'ai soupiré et j'ai pleuré.

Lui : je sais que c'est dur je te jure, mais t'es pas toute seule moi j'suis là. Vraiment c'est dur mais relève-toi, oublie pas d'où tu viens, t'as toujours eu la tête froide et t'as été forte, c'est pas aujourd'hui que tu vas être fragile Maryam.

Et il a raison, j'ai toujours montré une carapace mais j'ai l'impression qu'elle s'est cassée et que je l'ai faite tomber.

Depuis mon mariage je suis devenue super sensible et je me laisse beaucoup abattre.

Lui : ça va aller j'te jure, là j'ai acheté des trucs pour pas que tu t'ennuies j'vais les envoyer par GP, c'est beaucoup d'affaires pour toi.

Moi : fallait pas, merci.

UN "BLEDARD" DANS MA VIEDes histoires addictives. Découvrez maintenant