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DANS LA PEAU DE MARYAM

Je me réveille et vois que Sadio est rentrée. Je regarde l'heure sur mon téléphone, il est 5h du matin. Je souffle puis me lève avec difficulté, ce ventre devient vraiment énorme c'est pas possible.

Amany prend toute la place dans mon corps et en plus madame refuse de sortir à la date prévue donc on va me déclencher.

Je marche doucement jusqu'à la salle de bain, fais mes ablutions puis vais au salon où je trouve mon père assis entrain de lire le Coran dans le calme complet de la maison.

L'odeur du café, la lumière tamisée et sa voix basse qui récite me donnent immédiatement envie de pleurer.

Depuis petite voir mon père lire le Coran ça m'apaise, ça me rends fier, et là avoir retrouvé cet équilibre ça m'émeut encore plus.

Lui : ça va ?

Je hoche simplement la tête puis vais vers le tapis à côté de lui. Il ajuste directement le petit tabouret qui me facilite la prière maintenant que je suis trop lourde pour rester longtemps debout.

Lui : j'étais arrivé à la sourate Maryam en plus.

Je souris légèrement.

Moi : je me suis réveillée d'un coup moi... je voulais prier le Fajr avant que ça sorte de son temps. Sadio est rentrée aussi.

Lui : oui je l'ai vu rentrer. Elle est arrivée à 1h du matin comme ça t'inquiète pas.

Moi : c'est bien.

Je commence ma prière lentement mais mes mouvements sont lourds, mon dos me tue et Amany bouge énormément.

Je termine puis reste longtemps à invoquer.

Que mon accouchement se passe bien.

Que mon bébé arrive en bonne santé et qu'elle vive longtemps.

Qu'Allah apaise ma famille malgré tout ce qu'on traverse.

Que Yanis trouve son repos auprès du Créateur.

Qu'Eva retrouve sa maman.

Qu'Aymen ne grandisse pas dans la douleur de la perte de son père.

Qu'Allah me pardonne tout ce que j'ai fais par colère, jalousie, tristesse et impulsivité.

Je demande aussi pardon pour les pensées horribles que j'ai pu avoir contre certaines personnes parce que la souffrance rend parfois mauvais même ceux qui essayent d'être bons.

Je reste longtemps les mains levées puis mon père pose sa main sur ma tête et récite doucement quelques versets avant de souffler sur moi.

Comme quand j'étais enfant, depuis que je suis sortie de l'hôpital on dirait que tout ce qu'il s'est passé pendant ces 4 dernières années n'a jamais été.

Lui : qu'Allah t'exauce ma Sira. Tout ce que tu demandes Allah va te l'accorder parce que t'es bénie.

Mes yeux piquent directement.

Moi : amine baba... inshaAllah.

Lui : hm... tu vas pas laisser cette histoire d'appartement toute seule avec ton bébé ?

Moi : non... je veux être seule avec ma fille mais je viendrai souvent ici.

Lui : c'est aussi chez toi ici.

Moi : hm.

Il me regarde quelques secondes avant de reprendre.

Lui : ça me plaît pas hein. Je préfère que tu te maries et ensuite tu pars c'est mieux... cette fois ci tu choisiras toi même.

UN "BLEDARD" DANS MA VIEDes histoires addictives. Découvrez maintenant