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Galadio : reste là, je vais voir ce qu'il se passe.

Moi : non, je viens, j'ai peur de rester seule.

Lui : tu bouges pas.

Je sors du lit pendant qu'il met ses claquettes. Les cris résonnaient dans toute la maison, des pleurs étouffés, des voix qu'on reconnaissait à peine. J'arrivais pas à savoir qui c'était, j'avais juste ce pressentiment horrible dans le ventre.

J'avais peur. Y'a eu un décès, c'est sûr.

Mais qui ?

Moi : ahudubilahi mina sheytan rajim... j'ai peur.

Je pensais qu'à mon grand-père. J'ai revu ses yeux dans ma tête, son sourire, sa canne posée contre le mur, sa voix quand il m'appelait doucement.

Galadio ouvre la porte et s'écarte, puis Sadio entre en furie dans la chambre, elle se jette dans mes bras comme une petite fille.

Sadio : Maryam j'ai peur... y'a quoi ?

Moi : je crois que quelqu'un est décédé.

Ça toque à la porte et j'ouvre, c'était Bakary, torse nu, les yeux encore bouffis de sommeil.

Bakary : c'est quoi tout ce raffut là ?

Je rigole nerveusement et le laisse entrer. Mon corps tremblait, mes mains étaient moites, mes jambes flanchaient.

Moi : je sais pas, va voir.

Lui : pourquoi vous tremblez comme ça ? Calmez-vous, j'suis là.

Et j'ai fondu en larmes. Je pensais qu'à mon papy. Mon cœur tapait fort, j'arrivais plus à parler.

Bakary : mais tu pleures pourquoi ? Attends, je vais voir ce qu'il se passe.

J'en pouvais plus d'attendre. Mon corps me démangeait de partout, j'avais besoin de bouger, de voir de mes propres yeux. Ce silence entre deux cris, il me tuait.

Je sors de la chambre et j'avance, pieds nus, vers la source du bruit. Ça venait de la chambre de Kankou. Devant, toutes les femmes étaient là, même les voisines sauf Laly et Kankou. Des silhouettes figées, des visages graves, des chuchotements paniqués. Je reconnaissais même pas les voix. C'était comme un mauvais rêve.

J'entendais crier, alors je suis rentrée dans la chambre... et d'un coup, tout s'est arrêté.

J'ai vu Laly en larmes, à genoux, les yeux rougis. Ibrahim assis par terre, les yeux ouverts entrain de téter sa tétine.

Et Kankou... inconsolable elle se frappait, elle criait, elle m'a traumatisé.

Mais ce qui m'a glacée net, c'est le corps sans vie de Ladji, posé là, sur le dos.

Immobile, les yeux grands ouverts.

Penda essayait de calmer Kankou, elle lui parlait doucement, mais rien ne la touchait. Elle hurlait comme si on lui arrachait le cœur.

Et moi, je pouvais plus bouger mon cœur battait si fort je l'entendais dans mes oreilles j'entendais que celui ci.

Je respirais plus.

J'avais jamais vu un mort de mes propres yeux.

Je suis traumatisée.

Youssouf m'a attrapée par l'épaule et m'a tirée dehors.

Youss : retourne dans ta chambre.

Moi : qu'est-ce qu'il y a ?

Youss : Ladji est mort.

UN "BLEDARD" DANS MA VIEDes histoires addictives. Découvrez maintenant