Je viens de prendre ma douche, je suis habillée, écrémée tout ça, mais j'avais un peu la tête qui tournait à cause de la chaleur je pense.
Je sors enfin de la salle de bain et retrouve Amany dans son petit lit.
Je souris directement.
En fait... je suis trop émue.
C'est le plus beau cadeau que Galadio m'a laissé.
Certes, elle me reliera à lui toute ma vie, comme mes deux bébés partis avant elle... mais c'est tellement beau.
Dans toute cette histoire, mes enfants sont la seule vraie bénédiction.
Je m'assois sur le lit et la regarde pendant un moment avant de me rallonger.
Quelques minutes plus tard, les infirmières viennent prendre ma tension, vérifier les perfusions et poser mille questions.
Elles sont un peu chiantes quand même.
Moi je voulais juste dormir en fait.
Quand elles repartent enfin, je ferme directement les yeux, mais évidemment c'est Sakho qui vient me réveiller.
J'avais trop le seum.
Amany elle dormait tranquillement, sans aucun problème, pendant que moi j'étais détruite.
Sakho : mange un peu.
Moi : j'ai pas faim.
Elle a insisté mais j'ai fait pire qu'elle niveau tête dure.
Je me suis rendormie.
Sauf que quelque temps après, cette fois c'est Amany qui décide de se réveiller.
J'avais envie de pleurer.
Je souffle puis regarde avec ma grand-mère ce qu'elle avait.
On lui change la couche, je lui donne le biberon puis elle finit par se rendormir. Moi j'en profite pour manger un peu.
Dans la journée, mes cousines et Laly sont venues voir la petite, mais elles sont pas restées longtemps parce que j'étais vraiment KO.
Le soir, quand je me retrouve enfin seule avec Amany, je joue un peu avec elle mais je sens qu'il manque quelque chose.
Un truc bizarre.
Alors je réfléchis... puis je comprends.
Moussa et moi on s'est pas parlé aujourd'hui.
Et ça peut paraître bête, mais de base on se parle tous les jours.
Tous.
Les.
Jours.
Même quand on s'embrouille.
Je prends mon téléphone et je l'appelle.
Il décroche directement.
Moi : allô ?
Lui : ouais vas-y mets ça là-bas... ouais allô ?
Moi : ça va ?
Lui : bah ouais pourquoi ?
Je fronce directement les sourcils.
Moi : bah... j'sais pas, j'ai pas eu de tes nouvelles aujourd'hui.
Lui : aaaah... bah j'suis là, j'te laisse tranquille c'est tout.
Je cherche dans ma tête ce que j'ai raté.
Son ton était bizarre.
Froid.
