Épisode 73 :
Le véritable duel commençait maintenant. Le guerrier du désert fonça vers l'armure de ténèbres pures et le Lien trembla de la rencontre de ces deux énergies. Au centre de son Kratos Morphis, César était concentré, toutes ses pensées dirigées sur l'instant présent. Il avait déployé deux de ses plus puissantes techniques : le sablier omnipotent et son Kratos Morphis. En plus de lui permettre d'augmenter sa puissance brute, cette dernière lui donnait aussi accès à une quantité astronomique d'énergie, mais il ne savait pas si ça serait suffisant. Son adversaire était une calamité, pas un monstre de bas étage. Il n'avait pas le droit à l'erreur.
Quand son poing frappa contre celui de Ravage, il se rendit compte de son erreur. Les ténèbres grimpèrent sur son bras, s'infiltrant à travers son armure et affaiblissant ses muscles. Il senti les fibres de son Kratos Morphis fondre, corrompu par le sort adverse. Il se dégagea violemment recula d'une centaine de mètres et regarda son bras. Un os couleur du désert était à nu mais il pouvait encore le bouger. Il commença à rembobiner cette blessure mais son adversaire ne lui laissa pas le temps. Elle fonça et tenta de le plaquer. César décolla mais un rayon de ténèbre le traversa, le clouant au sol. Il se retourna, tentant de se dégager mais le monstre l'écrasa tête contre la terre. César décida de sacrifier son bras et le faisant exploser, il put reculer à nouveau. Le visage trempé de sueur et ses muscles s'alourdissant, il repartit au combat. Ce petit jeu durant longtemps, Ravage prenant petit à petit le dessus sur le chaman. Puis d'un coup, en à peine quelques minutes, César fut réduit à l'état de petite silhouette au milieu d'une armure brisée, aux membres en ruines et aux muscles atrophiés.
-C'est tout ce dont est capable le plus grand chaman français donc, lança la calamité. Je m'attendais à mieux.
Au centre de son Kratos Morphis, César sourit. Son visage était fatigué et ses traits tirés mais il rayonnait.
-C'est la fin, répondit il doucement.
-Ouais, c'est la fin, ricana le monstre.
Elle avança alors avec une vitesse décuplée et son poing traversa l'armure du haut chaman, répercutant la blessure sur César lui même. Ce dernier le savait, le monstre avait mis toute ses forces dans ce coup, sinon il n'aurait pas pu traverser si facilement son Kratos Morphis. Il cracha alors du sang et regarda son ventre, une marre rouge grandissante tachait son impeccable costume blanc. Il sentit son invocation commencer à disparaître et regarda celle du monstre faire de même. Ils étaient à la limite, tout les deux. Il avait rempli sa mission. Il fixa alors le monstre dans les yeux et son sourire s'agrandit.
-Retour, dit il simplement.
Tout s'arrêta dans la zone d'influence de César. La scène se figea puis commença à retourner en arrière. Le monstre retira son poing et sa blessure disparut. Son Kratos Morphis se reconstitua et il redevint le puissant César Callius. Incapable de se soustraire au sort, le monstre recula dans le temps pour retourner à sa position initiale. Le chaman fila, il tordit le temps pour se matérialiser derrière Ravage sa lame traversa le corps du monstre. Il la remonta, le coupant en deux et désactiva son sort. Tout s'était passé très vite, Ravage n'avait rien pu faire.
-Je suis César Callius, pas de chance que tu sois tombé sur moi, lança t il froidement.
Ravage tenta de lutter pour régénérer son corps mais l'influence de César était trop importante. Il déploya son principe absolu et prit le contrôle du Lien environnant, paralysant la calamité. L'armure de ténèbre diminua et des volutes de fumée noire l'entourèrent, tentant de le corrompre une dernière fois, en vain.
-Tu auras été meilleur, grogna Ravage, mais tu as perdu. Son plan est infaillible, il m'a utilisée pour te retenir ici pendant qu'il nous a envoyé attaquer votre camp, il avait tout prévu.
-Qui ? Demanda César en figeant le temps autours de lui pour ralentir la mort du monstre.
-Un humain, sans doute un chaman. Il se fait appeler Ombre, répondit Ravage dans un murmure emplie de haine.
César regarda le corps de monstre se désagréger, dissipant son Kratos Morphis. Quand les restes de Ravage disparurent, il souffla enfin, désactivant toutes ses techniques.
-Tu ne pouvais rien faire, lança t il à l'attention de son défunt ennemi. A partir du moment où j'avais lancé le sablier omnipotent, tu avais déjà perdu. Il me donne un pouvoir infini sur le temps tout en régénérant mon corps et mes réserves d'énergie.
Il se sentait en pleine forme, comme si il n'avait rien fait. Il décida donc de sacrifier une partie de son énergie pour rejoindre plus rapidement Belenos, il ne savait pas qui était Ombre mais ça ne lui disait rien qui vaille.
-Magie de sable des temps, tunnel temporel, invoqua t il.
Cette technique lui permettait de construire un cylindre dans lequel le temps était modifié. Il raccourcissait ainsi le temps qu'il lui fallait pour aller à un endroit. Maintenant que César Callius arrivait, les monstres avaient perdus.
Malgré tous leurs efforts, les humains reculaient. Leur forces aériennes avaient été décimées et Fos luttait seul contre tous. Eru menait toujours une colonne de chamans mais leur percée ne débouchaient que sur plus d'ennemis. Il avait vu un nombre incalculable de compagnons mourir mais comme l'avait un jour dit un grand homme « la mort d'un homme est une tragédie, la mort d'un millier d'hommes est une statistique ». Il avait finit par se faire à l'idée qu'il ne pouvait pas sauver tout le monde et se concentrait sur sa survie. Il était entouré de Johan, Pandore et Ariane ainsi que d'autres qu'il ne connaissait pas et Râ les soutenait depuis le ciel. Soudain, il entendit une puissante alarme retentir dans la pleine, puis quelques instants plus tard, une violent explosion les coucha par terre. Une vague de chaleur passa au dessus d'eux, carbonisant certains morts-vivants qui s'étaient relevés un peu trop tôt.
-C'était quoi ça ? Cria Johan en relevant Eru.
Les quatre amis se regroupèrent et regardèrent vers la base, enfin, ce qu'il en restait. Les remparts avaient été abattus et le corps d'un géant de flammes trônait au milieu de la destruction, un point de lumière lévitant au dessus. Fos avaient du arriver trop tard et le monstre venait de détruire la base Belenos.
-Merde... souffla Eru, ne sachant pas quoi faire.
Un silence emplit la plaine, plus personne ne bougeait. Ils savaient que c'était la fin, les monstres avaient atteint leur objectif, il n'y avait plus rien à faire. Ils regardèrent la base partir en fumée et Eru sentit de nombreuses vies s'éteindre. C'est alors que commença le désespoir. Les monstres profitèrent du désarroi des chamans pour attaquer. Il fauchèrent les derniers résistants en avançant toujours plus vite vers la base et débouchèrent dans la cour en ruine. Eru n'allait pas les laisser faire et tout détruire sans réagir. Il regroupa les chamans autours de lui et il mena la contre attaque :
-Johan, tu prends le flanc droit ! Ordonna t il. Pandore, à gauche ! Ariane, tu t'occupes du reste !
Il décolla, se servant du Lien pour voler et fila vers la base. Au moment où il allait plonger, il entendit un rugissement de moteur. Il se tourna vers le nord ouest et n'en crut pas ses yeux : une vingtaine de vaisseaux arrivaient, leurs réacteurs illuminant le ciel sombre.
-Les renforts ! Les renforts arrivent ! Cria t il.
Un grondement s'éleva de la plaine, les français reprenaient espoir.
Quelques minutes plus tôt, Fos était en pleine discussion radio avec Fantasia.
-Vous êtes où ? Demanda t il en déclenchant la communication.
-On est passé par la base Issledovat, les russes sont avec nous.
Fos pivota sur lui même, canardant les monstres volants de rayons de lumière.
-Combien ? Cria t il sans le vouloir, déviant une boule de feu.
-Une centaine de français et deux fois plus pour les russes. Ils ne peuvent pas lâcher plus de postes. Mais il y a Ubitsa Vysoki et Skiar avec nous.
Ubitsa Vysoki... le deuxième plus puissant chaman russe après le cinquième Kynigos. Fos fila et traversa de part en part un dragon cadavérique et sourit, finalement ça se présentait bien. C'est alors qu'il vit du coin de l'œil un géant de flamme courir à pleine vitesse vers la base :
-Merde..., souffla t il.
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Edfou - Saison 1
ActionEru-Alsar, tel était son nom, et l'unique mot le rattachant à son passé oublié. Se réveillant sans souvenir de sa vie d'avant, il fut recueilli par les protecteurs de l'humanité : les chamans, et décida de les suivre pour retrouver ses souvenirs per...
