Épisode 146 :
Fantasia ne s'était pas toujours appelée ainsi. Autrefois, sept ans avant sa rencontre avec Eru-Alsar, elle portait le nom d'Adeline Lambric. A ce moment là, elle était encore apprentie et faisait partie de l'Escouade I des apprentis français de l'époque, une escouade montée secrètement et officieusement par Orano Dauphiné le vice-maître de la guilde française.
Actuellement, elle se tenait au sommet d'un immeuble de Lyon, surplombant un loup-garou géant qui tentait de pénétrer à l'intérieur d'un bunker où se cachaient des civils. Elle se laissa tomber en avant, plongeant vers le monstre en tendant la main. Elle invoqua une masse d'arme cependant, dans la précipitation, le métal fondit et elle perdit son arme. Elle avait encore du chemin à faire si elle voulait atteindre la perfection. Elle tenta de dégainer sa longue épée qui ne la quittait jamais mais une voix retentit :
-Magie de sable des temps, érosion.
Une petite sphère percuta le flanc du lycanthrope et le réduisis en cendre. Adeline se réceptionna comme elle pouvait sur le trottoir et se tourna vers celui qui avait lancé le sort.
-Eh ! Lui cria t elle. Je l'avais celui là c'est pas du jeu !
César Callius lui sourit en retour. Il portait la tenue réglementaire des apprentis, un petit sablier brodé au dessus de son cœur. Il n'était pas encore affublé de ses habituelles lunettes opaques et ses yeux bleus pétillaient de vie. Du haut de ses 17ans, c'était lui l'apprenti le plus prometteur de sa promo.
-Hop, un de plus pour moi ! Lui répondit il avec un large sourire.
Elle allongea une botte de la pointe de son épée que son ami esquiva en rigolant. Arrivèrent alors Fos et Skiar, le premier dans une tenue claire et le second, à l'opposé, était habillé en noir. Les quatre apprentis s'approchèrent du tas de poussière qui témoignait de la présence du monstre et Fos éclata de rire en félicitant César. C'était eux, l'Escouade I des apprentis Français, les quatre espoirs de la guilde.
César Callius était déjà connu comme le petit prodige du clan Callius. Il avait éveillé ses pouvoirs vers l'âge de trois ans et avait maîtrisé ses premières techniques quelques années plus tard. Il avait quitté le foyer familial lors de son entrée en sixième, se rendant compte des intrigues qui y sévissaient. Il était devenu le disciple d'Aqli de Valcan, premier Kynigos et ses exploits n'avaient cessés d'impressionner les chamans. Maîtrisant les principes à la perfection, armé d'un principe absolu de souverain et capable de former un Kratos Morphis depuis ses 16ans, il était considéré comme le chaman le plus prometteur depuis Aqli lui même.
De son côté, Adeline n'avait pas la même facilité ni la même notoriété. Sa polyvalence et sa maîtrise du Lien faisait d'elle une arme de choix mais les inconvénients de ses pouvoirs l'empêchaient de se hisser au niveau de ses amis. Enfin, Fos et Skiar étaient connus comme les deux éternels rivaux. Jeremy Fos et Nicolas Skiar étaient opposés depuis toujours. Élevés comme des frères, leurs personnalités et leurs pouvoirs les avaient rapidement montés l'un contre l'autre. Mais ils restaient tout de même proches comme personnes et si l'un avait un problème il savait qu'il pouvait compter sur l'autre. César et Fos en attaque, Skiar en défense et Adeline en soutient, voilà comment la guilde française utilisait ses meilleurs apprentis comme fer de lance.
-Je suis fier de vous, les félicita le vice-maître de la guilde Orano Dauphiné. Vous êtes aussi efficaces que de vrais chamans porteurs de licence, je pense que ce n'est qu'une question de temps avant que quelqu'un ne vous recommande.
Les quatre amis hochèrent la tête, satisfais des résultats. Intérieurement, César bouillonnait. Il savait qu'une fois son permis en poche, il allait pouvoir s'en donner à cœur joie, massacrant tous les monstres qu'il voulait. Il était de loin le plus fort, personne ne l'en empêcherai.
-Vous pouvez y aller, leur lança Orano. Reposez vous, vous l'avez mérité.
Ils sortirent en souriant, fermant la porte du bureau derrière eux.
-Pourquoi il nous demande de nous reposer encore une fois ? Râla Adeline en donnant un petit coup de coude dans les cotes de César. Hein ? A croire que j'ai le temps de me reposer moi.
-Me dis pas que tu veux encore retourner à la vallée... bougonna le jeune homme en saisissant le poignet de son amie pour lui faire une clef de bras.
-Si ! Affirma Adeline en tentant de se dégager. Tout le temps passé à se reposer c'est du temps en moins pour s'entraîner. Pendant qu'on prend un jour de retard, les autres prennent un jour d'avance sur nous.
Skiar se tourna vers elle et lui lança un regard fatigué :
-Boucle là tu veux...
César la lâcha et réfléchit à ce qu'elle venait de dire.
-Non, dit il en secouant la tête, je pense pas. Je pense que ceux qui doivent s'entraîner se sont les faibles. Quand t'es fort, tu peux te rouler les pouces toute la journée car tu n'as pas à t'en faire pour toi. Personne te dépassera jamais et au pire, si quelqu'un te menace, t'as juste à lui casser la gueule.
Il se tourna vers Adeline en souriant :
-Faire des efforts c'est pour les nuls. On est au dessus de ça !
Au coin du couloir, Eva avait tout entendu. Elle serra la hampe de sa lance en sentant les larmes monter à ses yeux : comment un apprenti aussi doué que César et qu'elle admirait autant pouvait il dire ça ? Elle avait rencontré César lorsqu'il était arrivé à la guilde pour la première fois, fuguant du foyer familial des Callius. Comme avec sa sœur elles n'avaient pas de maison, elles étaient logés à la guilde. Depuis ce jour là, elle avait été émerveillée par la beauté et l'assurance de l'adolescent mais elle le détestait autant qu'elle l'aimait. Il était arrogant, égoïste et surtout, il sortait avec sa sœur. Assister à ce spectacle tous les jours était une torture pour Eva mais elle savait qu'elle n'aurait jamais l'attention de César tant que sa sœur serait plus forte. Soufflant fortement, elle fit demi-tour pour se diriger vers les terrains d'entraînements. Quoi que disait César, il avait tort. Si elle s'entraînait, ce n'était pas car elle était faible, c'était pour lui prouver que tout le monde avait sa chance.
Le lendemain matin, César fut réveillé en sursaut par des coups sourds à sa porte.
-Si c'est toi princesse je vais te faire manger le sol, grogna t il.
Il tendit la main et ouvrit le battant par la pensée. Adeline déboula dans la pièce en tenue de combat, sa longue épée sanglée à la taille.
-Debout faignant ! Lança t elle en écartant les rideaux. Une dure journée nous attend !
-Mais qu'est ce que tu me racontes encore... bougonna César en se retournant sur lit pour faire dos à la lumière.
Adeline s'approcha et le saisit par les épaules en tentant de le retourner.
-Accompagne moi à la vallée s'il te plaît ! Le supplia t elle.
-Comptes pas sur moi j'te l'avais dis, lui répondit il en faisant mine de se rendormir.
Elle le fixa et sourit. Couvrant son corps de principe actif, elle reversa le jeune homme sur le dos, saisit son visage entre ses mains et lui plaqua un baiser sur ses lèvres.
-Alors ? Lança t elle d'un air espiègle, tu vas toujours me laisser y aller toute seule ?
César ouvrit les yeux et lui renvoya son sourire :
-Attends moi, j'arrive princesse.
Il l'attrapa par la taille, l'attira sur le lit et l'embrassa à nouveaux. Si il l'avait su, il aurait profité de ce moment plus longtemps.
VOUS LISEZ
Edfou - Saison 1
ActionEru-Alsar, tel était son nom, et l'unique mot le rattachant à son passé oublié. Se réveillant sans souvenir de sa vie d'avant, il fut recueilli par les protecteurs de l'humanité : les chamans, et décida de les suivre pour retrouver ses souvenirs per...
