Épisode 117 : A travers le désert

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Épisode 117 :

La chaleur, la soif, le vent chaud, un soleil de plomb, Eru avait déjà vécu tout ça. Le climat lui rappelait la vallée de feu mais, étonnement, cette fois ci il se sentait dans son élément. Il ne transpirait pas, sa longue veste posée confortablement sur ses épaules. Il avançait, peu incommodé par la chaleur contrairement à Pandore. Elle se demandait comment il faisait pour ne rien sentir et s'énervait contre lui en l'insultant de tous les noms d'oiseaux.

-Mais ça y est, râla t elle, arrête de faire ton mec beau là et répond moi ! Comment tu fais pour pas avoir chaud ?

Eru éclata de rire en se tournant vers elle.

-Je sais pas, lui répondit il avec un large sourire, j'ai l'impression que le désert à toujours été ma maison peut être.

Il se détourna et continua de marcher sur la route de pavés et de sable. Des arbres morts se dressaient parfois le long du chemin sans apporter beaucoup d'ombre. Il n'y avait personne sur des kilomètres à la ronde, aucune âme vivante. Ils étaient seuls au milieu de rien.

-Je me demande comment fait Aqli pour vivre constamment au milieu de la fournaise qu'est la Zone Morte d'Égypte, bougonna la jeune fille.

-C'est vrai qu'il ne quitte jamais cette Zone Morte, répondit Eru. Je ne sais pas ce qu'il y fait mais pour qu'il soit obligé d'y rester, c'est que la situation doit être plus qu'instable, bien plus qu'en Russie.

Ils se replongèrent dans le silence et continuèrent de progresser sous le soleil de plomb.

-Eh Eru, lança Pandore au bout d'un moment, ça te dit qu'on foute ce monde en l'air ?

Eru se retourna et lui lança un regard étonné. Elle avait exactement repris les mots qu'il avait prononcé en regardant partir le bateau transportant les elfes de Fal'rair. Il lui demanda avec un sourire en coin :

-Euh... t'es sure que ça va ? La chaleur te monte pas trop à la tête ?

-J'en ai marre de ce putain monde pourri. Je veux le réduire en cendre tu comprends ?

Elle avait dans son regard une détermination sans faille et Eru en fut étonné.

-Je te suivrai où que tu ailles et tu le sais, lui répondit il en fixant l'horizon. Puisque c'est ce que tu veux, foutons ce monde en l'air ensemble.

Pandore sourit dans son dos, heureuse de ce qu'elle venait d'entendre. Depuis qu'elle l'avait rencontré, Eru avait gagné en maturité en même temps qu'il gagnait en puissance. Il était à présent assez fort pour protéger les plus faibles et elle était heureuse de pouvoir le soutenir dans sa tache. A présent, toute leur colère et leur désirs seront dirigés vers Kherty, il allait payer pour tout ce qu'il avait fait.

Ils terminèrent la journée dans le silence puis, après avoir mangé des provisions volées à Sablorkarr, ils se couchèrent. Le lendemain, ils repartirent à travers le désert. Ce fut en milieu de journée que se présenta la première difficulté : un poste de contrôle de marchandise. Eru et Pandore quittèrent la route une fois qu'il fut en vue et s'enfoncèrent à travers les dunes. Ils passèrent le reste de la journée à se diriger plein nord, en suivant les conseils que leur avait donnés Alain. Ils rejoignirent la route qu'en début de nuit et continuèrent en la suivant. A l'horizon, les montagnes séparant le désert des terres grises approchaient. C'était à cet endroit que le voyage se compliquerai. Tout d'abord, ils devaient passer la tour de Khertos, une tour de garde remplie de hauts orques et abritant sans doute un Vengeur. Ensuite, une fois qu'ils seront passés sans s'être fait démasquer, ils allaient devoir traverser les terres grises, d'interminables plaines de roches et de marécages toxiques pour finalement arriver à la Porte de Kherty, la ville forteresse où vivait le gardien. Mais Eru préférait ne pas y songer pour l'instant, ils avaient encore deux jours ou trois avant de se présenter devant la tour de Khertos et ils auraient élaboré un plan d'ici la.

Ils marchèrent jusqu'à tard le soir avant de s'arrêter au bord de la route, au creux d'un bosquet d'arbres morts. Après un repas frugal afin d'économiser leurs dernières denrées volées aux orques, ils s'enroulèrent dans leurs couvertures afin de résister à la fraîcheur de la nuit du désert. Le lendemain, ils repartirent de bonne heure en direction des lointaines montagnes et progressèrent comme les jours suivants, luttant contre la chaleur et la soif sans échanger un mot. Ils étaient toujours seuls sur la route, Eru scrutait les alentours sans jamais percevoir de signes de vie. Tous les marchands étaient encore prisonniers de Sablorkarr ou alors ils ne les avaient pas encore rattrapé. Le journée tirait lentement à sa fin quand ils arrivèrent au sommet d'une haute dune. Depuis le sommet, ils aperçurent pour la première fois le pieds des montagnes brunes. Ces monts étaient synonymes de la fin du désert.

-On descend pour camper en bas ? Proposa Eru.

Pandore acquiesça et ils quittèrent leur promontoire pour rejoindre la route en contre-bas. Ils marchèrent quelques minutes dans la nuit, éclairés par la lumière de la lune quand Eru remarqua une lueur devant eux.

-C'est quoi ? S'étonna t il car il n'entendait aucun bruit de pas dans le silence de la nuit.

-On dirait une maison... murmura Pandore.

Les deux amis s'approchèrent et leurs yeux s'écarquillèrent. Devant eux se dressait une haute tour contre laquelle s'appuyait une bicoque aux murs polis par les vents du désert. Ils s'arrêtèrent à quelques mètres de l'entrée sans savoir quoi faire. Soudain, la porte s'ouvrit à la volée et une étrange créature en sortit. Elle ressemblait à une vieille femme humaine si on excluait ses trois yeux et la paire d'aile repliée dans son dos.

-Oh ! S'étonna t elle, deux voyageurs ! Que faites vous ici mes petits ?

Eru ne répondit pas, tous ses sens aux aguets. Il ne percevait aucune méchanceté provenir de la créature.

-On se dirige vers la Porte, répondit Pandore d'un ton sec.

-Vous venez de Sbalorkarr n'est ce pas ? Demanda la vieille harpie se doutant de la réponse.

La jeune fille hocha la tête.

-Vous savez donc pourquoi plus aucun convoi ne passe ici ? Reprit la créature.

Pandore acquiesça à nouveau.

-Alors suivez moi, conclut elle. Entrez me raconter ce que vous avez vu.

Edfou - Saison 1Des histoires addictives. Découvrez maintenant