Épisode 139 : Pierre-feuille-ciseaux (3)

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Épisode 139 :

Pandore s'assit contre le mur plein d'algues à côtés de Luc. Le petit garçon tremblait de froid et de peur, elle laissa donc sa rune de flammes produire de la lumière et de la chaleur et fit le point sur leur situation. Luc était un garçon d'une dizaine d'années qui avait refusé de jouer à pierre-feuille-ciseaux avec une vieille dame dans un café il y a quelques jours. Il était tombé dans ce puits et depuis, il mourait de faim et de froid. C'était vraisemblablement le petit fils du vieil homme qu'ils avaient recueillis la veille. Tout ce problème semblait venir d'un spectre mais elle ne savait absolument pas comment il s'était débrouillé pour l'enfermer ici. Sa technique devait être meurtrière et elle priait pour qu'il ne puisse pas posséder les soldats d'Eru. Elle avait beau analyser le Lien avec les Yeux de Vérité, rien ne semblait passer les murs du puits.

-Il existe un moyen de sortir d'ici ? Demanda t elle à Luc.

Il la regarda de ses grands yeux avant de bredouiller :

-Euh... non... pas possible je crois...

-Et ce conduit, il mène où ? Demanda t elle en tendant le bras vers la grille qui bouchait l'entrée de l'unique tunnel.

Il secoua la tête, les larmes aux yeux.

-Bon, souffla Pandore en se relevant, il ne nous reste plus qu'à tester.

Elle s'approcha du tunnel et tendit la main. Elle invoqua une rune de flammes qui fit fondre le métal, leur permettant de passer.

-Bien ! Lança t elle en se tournant vers le petit garçon, tu me suis ?

Ariane se réveilla au milieu de la nuit, en sueur. Elle se releva et croisa le regard calme et protecteur d'Eru qui flottait, assis dans les airs, à un mètre du sol. Il sauta de son perchoir invisible et se pencha vers elle en lui demandant :

-Salut ! Comment tu te sens ?

En voyant ses yeux dorés et son visage d'aussi près, elle se sentit rougir. Depuis qu'il avait laissé pousser ses cheveux, il les attachait en arrière et elle trouvait que ça lui allait bien.

-Tout va bien, lui répondit elle en sentant son cœur s'emballer. Il s'est passé quoi ici ?

Elle voyait une grosse brèche fendre le deuxième canapé, la table basse et le sol et elle ne comprenait rien. Eru lui expliqua la situation avec le spectre ainsi que ses suppositions et elle retomba sur le canapé. Elle avait failli le tuer !

-Ne t'en fais pas, la rassura t il, tu n'y es pour rien. Maintenant lève toi, on va retrouver Johan dehors et aller nous venger.

Il se releva et l'aida à se mettre debout. Elle monta rapidement se changer et récupérer un poignard qu'elle avait pris au cas où et qui finalement allait lui servir. Quand elle redescendit, Eru était habillé d'une longue veste blanche comme le sable du désert, simplement posée sur ses épaules. Un simple t-shirt clair et un pantalon large complétait sa tenue. A sa hanche pendait une épée rangée dans un fourreau et elle remarqua que c'était la première fois qu'elle voyait cette nouvelle arme. Elle se demanda comment il avait pu s'habiller si vite. Quand ils sortirent, Johan écarquilla les yeux en voyant l'accoutrement d'Eru.

-C'est un peu comme ce que tu portais après la Fosse, non ? S'étonna t il.

-Disons que c'est ma nouvelle tenue de combat, expliqua Eru en traversant l'allée.

Il avait décidé de s'habiller comme ça car elle lui rappelait la Fosse et ce qu'ils y avaient vécu avec Pandore. Il se battrait ainsi afin de rendre hommage aux elfes de Fal'rair et à son maître, Alain Belenos. Il quitta la maison et s'engagea vers la propriété des voisins, se laissant guider par son instinct. Les trois amis sautèrent par dessus le portail et atterrirent dans l'allée. De chaque côté s'élevaient de hautes herbes, preuve que le jardin n'était pas entretenu. Ils la traversèrent à grand pas, Eru en tête de groupe, sa longue veste volant autours de lui. Il dégageait une telle aura de confiance et de calme que n'importe qui aurait pu le prendre pour un grand chaman. Il gardait les Yeux de Vérité à leur stade le plus faible et veillait à ce que sa puissance ne dépasse jamais celle de Johan. A force, c'était devenu un automatisme. Ils s'arrêtèrent devant la porte d'entrée et Eru demanda :

-Qu'est ce qu'on fait ? On toque ?

Johan lui passa devant et explosa la porte d'une simple poussée d'énergie verte.

-Je pense qu'on n'a plus besoin de toquer, répondit il avec un sourire.

Eru sourit lui aussi et ils pénétrèrent dans la maison, leurs sens aux aguets. L'air empestait la vase et la présence malsaine du spectre, preuve qu'ils ne s'était pas trompés. Ils traversèrent le couloir de l'entrée et débouchèrent dans un grand salon. Tout était vieux et sale, de la poussière recouvrait le mobilier d'une fine couche et Eru pouvait sentir des araignées et autres insectes se faufiler le long des murs pour leur échapper. De gris bocaux contenants différents liquides étaient alignés sur les meubles et sur la table trônait un imposant chandelier. Au mur étaient accrochés d'étranges portraits imprimés, sur une étagère s'alignaient des cadres dans lesquels une étrange bouillie était étalée et le pire venait d'un meuble sur lequel étaient exposés ce qui ressemblait à des restes de membres humains. Conscient de la barbarie dont étaient capables certains monstres, Eru ne s'en étonna pas. Il étendit son principe sensitif quand soudain, la maison trembla. Une puissante explosion se fit entendre suivi d'une onde de choc. Les bocaux tremblèrent et certains tombèrent au sol. Se brisant, le liquide qu'ils contenaient se déversa sur les tapis, emplissant la pièce d'une puissante odeur de pourriture.

-Ça, murmura Eru, c'est Pandore.

Il avait reconnu l'aura de son amie enterrée sous le sol.

-Comment tu le sais ? Demanda Johan. Je ne sens rien...

Eru comprit qu'il était capable d'étendre sa zone de perception bien plus loin que lui et haussa les épaules.

-Je la sens en dessous de nous, il faut trouver un moyen d'accéder à une cave ! Lança t il.

Les trois amis s'éparpillèrent et fouillèrent la maison de fond en comble. Eru laissa ses sens le guider, ne faisant pas attention à la décoration quelque peu morbide. Deux ou trois fois il croisa des têtes d'animaux empaillés qu'il décrocha du mur pour s'assurer qu'aucun mécanisme ne se cachait derrière. C'est alors qu'il entendit Johan les appeler depuis le grand salon. Il fit demi-tour et rejoignit son ami. Ariane était arrivé avant lui et Johan les appelait depuis la cuisine :

-Venez voir! Je crois que j'ai découvert quelque chose !

Edfou - Saison 1Des histoires addictives. Découvrez maintenant