Convalescence sous haute tension

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Alice s'était relevée, elle s'était assise en face de lui et le regardait dans les yeux, Fred était calé contre les oreillers ...

Alice : mon amour, ta lettre, je l'ai lue et relue .... Et je pourrais encore la lire des centaines de fois peut être même des milliers et je ne m'en lasserais pas ..... Tu m'as ouvert ton cœur, pour la première fois, mon amour, tu m'as avoué tes peurs, j'avais à ce moment-là les même que toi ....tu étais prêt une fois de plus à te sacrifier pour moi, pour Paul .... Comment tu crois que j'aurais pu vivre cela ? ...... Fred, tu m'es indispensable

En lui parlant, elle le regardait dans les yeux, et , petit à petit, elle voyait ce regard bleu azur se troubler, les paupières se fermer pour tenter de cacher cette tristesse, elle voyait le visage de Fred se fermer, la mâchoire serrée par l'émotion ... il caressait doucement la main d'Alice ....pendant qu'elle jouait nerveusement avec la bordure de l'oreiller ....

Alice : et puis, tu vois, mon amour, tu la tiendras ta promesse, tu seras là pour la prochaine visite, tu seras là pour la naissance, bien sûr ..... Tout près de moi, comme tu l'a toujours été, pour me soutenir et m'épauler .... Tu seras là, mon amour, pour les prendre dans tes bras .... Tu seras là pour tes enfants comme tu l'as toujours été pour Paul, pour Juliette et aujourd'hui pour Lucie ... Tu es un merveilleux papa, n'en doute pas ... tout comme tu es un homme merveilleux , l'homme dont j'ai toujours rêvé ... il m'a fallu le temps de m'en apercevoir mais, aujourd'hui ,rien ni personne ne pourra me faire changer d'avis ... Bientôt , très bientôt même, on va se marier, je vais devenir Mme Marquand ... j'ai hâte, mais je n'ai pas besoin de cela pour savoir que tu es et que tu seras à jamais l'homme de ma vie .....

Fred avait beaucoup de mal à soutenir le regard de sa femme, ses mots le touchaient au plus profond, il détournait la tête, regardait ses doigts ....

Ecrire ces mots avait déjà été très dur pour lui mais il ne pensait pas, à ce moment-là, avoir Alice face à lui pour lui rappeler tout ce qu'il avait pu écrire ......

Il lui avait avoué ses peurs, ses sentiments, ses déceptions et surtout il lui avait fait part de cette volonté de se sacrifier, sacrifice qu'il était prêt à faire pour ne pas la rendre malheureuse ....

Mais comment aurait – elle pu être heureuse sans lui ... loin de lui ... comment une fois de plus revivre ce qu'elle avait déjà si mal vécu ... l'absence , le manque , le besoin de l'autre ?

Comment vivre libre, heureuse quand on sait que l'être cher ne l'est pas ?

Alice : tout comme j'ai compris ce que tu me demandais, tu pourras aussi comprendre que je n'aurais jamais pu t'abandonner, c'était pour moi impossible d'accepter de te perdre, de te laisser..... jamais, je n'aurais pu te priver de tes enfants.... Je ne sais pas ce que j'aurais fait mais rien sans toi ....

Elle fit une petite pause, elle avait besoin de souffler, de respirer

Alice : Fred, moi non plus je n'oublierai jamais ton regard le jour de la naissance de Paul et je veux le revoir, je n'oublierai jamais le jour où, dans la cour du 36, tu m'as retiré cet anneau autour du cou pour le passer à mon doigt ... mais ce n'était pas notre lien et pourtant tu l'as fait ..... Je veux que la prochaine fois que tu exécuteras ce geste, cette fois ,ce soit pour devenir mon mari et pour faire de moi ta femme

Alice avait la voix qui tremblait, une larme se mit à couler sur sa joue et c'est Fred qui l'essuya délicatement

Fred (chuchotant) : non, mon amour, s'il te plait, pas de larmes ... je suis là maintenant

Alice : je pense que j'ai eu aussi peur que toi, jamais je n'ai pensé que tu pouvais être responsable ou avoir un quelconque rapport avec tout cela, je sais que ni la colère, ni la haine n'aurait pu t'amener à cela ..... Maintenant, mon amour, il va falloir que tu te libères de tout cela ... que tu arrives à en parler .... Je sais que ça va être dur mais cette lettre est déjà un bon début et peut être la solution, écrire plutôt que de parler ...mais n'oublie pas on est 2 ...... tu n'es plus tout seul, Fred, je suis là

La vie continue .....Où les histoires vivent. Découvrez maintenant