Nerva espéra que Kalam se retourne pour qu'ils échangent un tout dernier regard. Sauf qu'il n'en fit rien. Ses épaules s'affaissèrent sous le poids de la déception. C'était la première fois qu'il rencontrait quelqu'un qui ne le fuyait pas comme la peste, quelqu'un qui s'intéressait vraiment à lui. Car, malgré toute l'affection qu'il portait à Omphale, elle passait un peu de temps avec lui pour qu'il ne se retrouve pas seul face à ses détracteurs.
Ces derniers étaient nombreux : des adultes, hommes ou femmes, mais surtout des enfants. Ils avaient son âge, parfois plus. Ils le considéraient tous comme une calamité, une anomalie qui apporterait le désespoir sur Amaris. Le pire, c'est que Nerva leur donnerait presque raison. Les tablettes de fer le désignaient comme l'humain qui affronterait Noximence et Phosphoméra en compagnie de son jumeau et de ses sœurs. Ce combat plongerait le monde dans le chaos et la destruction : il était destiné à ça. Alors comment les détromper ?
Il espérait que sa sœur jumelle ne souffrait pas de la même hostilité à son encontre. Elle vivait au palais royal de Lanka, entourée par la noblesse et protégée par le roi. Personne ne devait l'embêter. Avec de la chance, sa jumelle veillait sur elle.
Umbriel ignorait tout le temps les états d'âme de Nerva, même lorsque celui-ci rentrait avec des égratignures et des bleus. Pire : Nerva ne ressentait pas le lien qui les unissait. Son père lui soufflait de ne pas s'affoler pour ça mais comment être serein alors que les adultes s'inquiétaient de cette absence de connexion entre Umbriel et lui quand ils pensaient qu'il n'entendait pas leurs messes basses ?
- J'ignorais que tu étais ami avec Kalam, dit son père.
- Je n'ai pas eu le temps de te le dire hier, tu étais introuvable. On s'est amusé ensemble, c'est quelqu'un de bien. Papa...Est-ce que tu accepterais de m'apprendre à manier la lance à double tête ?
Son père ouvrit grand les yeux, surpris par cette requête inattendue. Nerva se dit que sa demande était peut-être déplacée. Zacharie n'était plus un Hérance depuis longtemps, il préférait les épées et les poignards à la lance et à l'arc.
Mais le petit garçon désirait vraiment apprendre. Lorsque Kalam lui avait fait une démonstration, il avait été époustouflé. Cette dextérité, cette souplesse...C'était de l'art ! Si son père lui enseignait à dompter cette arme, il pourrait affronter Kalam en duel lors de leur prochaine rencontre !
- Ça te ferait plaisir ? l'interrogea son père.
- Beaucoup !
Il lui ébouriffa les cheveux et déclara :
- Alors nous débuterons ton apprentissage dès que nous serons au royaume des Dragons. Nous allons rendre une visite à ton père. Ça fait longtemps, n'est-ce pas ?
La tristesse de Nerva céda place à une joie sans limite. Ils allaient rendre visite à son père ! Il n'avait pas vu Ezimaël depuis des mois ! Il bondit dans les bras de son père, ivre de bonheur. Il demanda :
- Quand est-ce que nous partons ?
- Dès demain. Aymeric et sa famille vont nous accompagner, ainsi qu'oncle Gébald.
Cette seconde nouvelle le transporta sur un petit nuage. Il partait pour le royaume des Dragons avec son amie favorite ! Après Kalam, bien évidemment. Il n'en revenait toujours pas de le placer avant Omphale alors qu'ils se connaissaient depuis moins de trois jours. Il ne s'était jamais entendu avec un inconnu aussi rapidement. Il lâcha son père et se précipita dans sa chambre pour préparer ses affaires.
Il la partageait avec Umbriel depuis sa première année de vie. Il adorait la décorer avec des coquillages, des plumes, des plantes et des fleurs séchées et il partageait au moins cette passion avec son jumeau. Il régnait dans la petite pièce une odeur de plantes séchées douceâtre. Umbriel, étonnamment, lisait assis en tailleur sur son lit.
Il leva son regard noir sur son frère, aussi impassible qu'à son habitude. On ne pouvait pas dire qu'il boudait, ni qu'il était serein. Il incarnait un mélange hybride entre ces deux états. Il portait ses cheveux longs, tout comme Nerva. Cependant ceux d'Umbriel poussaient à une vitesse ahurissante.
Cette soyeuse cascade noire lui arrivait déjà au creux des genoux ! Il les relevait souvent en chignon simple ou en queue de cheval et les décorait avec des plumes ou des fils de couleur. Sa peau, de la couleur du charbon, tranchait avec les vêtements couleur crème qu'il aimait porter. La simplicité de sa tenue, une tunique par-dessus un pantalon ample, n'entachait pas sa grâce presque royale et la beauté juvénile de son visage.
- Nous partons demain pour le royaume des Dragons ! s'enthousiasma Nerva. Il faut qu'on prépare nos affaires !
- Tout à l'heure, répondit tranquillement son jumeau en replongeant son nez dans son livre.
Il lisait probablement de la poésie : c'était ce qu'il préférait. Nerva le soupçonnait d'ailleurs de s'isoler loin de la civilisation pour chercher l'inspiration et écrire ses propres poèmes. Umbriel cachait les brouillons sous son matelas et tenait un carnet où il rédigeait ses œuvres achevées. Nerva mourrait d'envie de les lire mais il n'osait jamais subtiliser le carnet de son jumeau, par crainte de lui causer de la peine et de trahir sa confiance.
Le petit garçon s'activa pour réunir des vêtements de rechange et n'emporta rien de superflu. Il possédait sa propre chambre au palais du royaume des Dragons, dans l'aile consacrée à la famille royale. Umbriel et lui ne manquaient de rien là-bas, leurs pères veillaient à leur bien-être.
Il se coucha avec enthousiasme et rêva de Kalam.
Son ami marchait dans le désert avec une lance à double tête rutilante. Il ne craignait pas la chaleur du sable sous ses pieds nus et avançait sans se soucier du soleil qui lui brûlait le visage. Il arrivait dans une oasis au centre de laquelle se dressait une cabane de branchages un peu bancale. Il s'installa en tailleur dans l'eau, poussa un soupir d'aise puis tourna son regard vert clair vers Nerva.
- Je l'ai retrouvé juste à temps. Tu as tenu ta promesse : elle est toujours debout.
Une main secoua l'épaule de Nerva. Le petit garçon gémit car son rêve s'estompait. Les traits de Kalam se brouillèrent, le désert s'effaça. Il ouvrit les yeux, contrarié.
- Nerva, il est l'heure de décoller. Dépêche-toi si tu veux manger, lui dit Umbriel.
Le concerné s'habilla d'une tenue de vol épaisse en cuir en grognant, l'esprit encore embrumé par le sommeil. Il traîna des pieds jusqu'à la salle de banquet. Son jumeau ne l'accompagna pas : Umbriel avait la sale manie de chaparder des vivres dans les cuisines pour les déguster dans son coin. Son père déjeunait avec une poignée de gardes. Nerva s'installa à côté de lui et attrapa des fruits qu'il dégusta avec lenteur.
- Tu n'as pas l'air reposé, remarqua son père. La nuit a été compliquée ?
- Je voulais dormir plus, grommela le petit garçon.
- Tu te reposeras autant que tu voudras au royaume des Dragon, lui assura son paternel.
Cette perspective suffit pour chasser la morosité de Nerva et il engloutit rapidement assez de nourriture pour avoir le ventre plein à craquer. Aymeric et sa famille patientaient déjà dans la cour quand ils sortirent du château. Hydronoé, Gébald et Umbriel avaient déjà revêtu leur apparence bestiale.
Le jumeau de Nerva mesurait la taille d'un cheval. Il grandissait à un rythme constant et savait se transformer avec aisance depuis son plus jeune âge. Son endurance dépassait déjà celle d'un dragon adulte, sans parler de sa vitesse ! Il filait dans le ciel comme une étoile filante obscure, on ne percevait qu'un éclat sombre à son passage.
Nerva grimpa sur le dos de Gébald avec impatience, imité par Omphale. Son amie s'installait avec eux pour que son frère vole avec en compagnie de ses parents. Ils décollèrent et Umbriel ouvrit la voie. Il effectuait des tonneaux, des piqués et des vrilles avec aisance. Nerva s'amusait de le voir faire et rêvait du jour où ils voleraient ensemble. D'après son père, il s'agissait d'une expérience unique.
Ils firent une pause en cours de route, à cause de Willow. Il s'agitait depuis leur départ et devenait instable. Ils se posèrent au pied de la Crête du Dragon, alors que le crépuscule colorait doucement le ciel d'un bleu limpide. Willow vomit au pied d'un arbre, l'estomac agité par son premier vol.
Nerva aida Aymeric et Lysange à monter le campement tandis que Zacharie cuisinait aux côtés d'Omphale. Le grand chevalier dragon au regard glacial l'effrayait autant que sa compagne au sourire tendre le rassurait. Pourtant il lui expliqua patiemment comment monter une tente avec efficacité. Sa stature colossale intimidait Nerva, tout comme sa grosse voix.
Umbriel revint avec du bois pour le feu, très fier de lui. Zacharie le félicita chaleureusement en le serrant contre lui et le frère de Nerva lui rendit son étreinte, ravi. Il n'acceptait les marques d'affection que de la part de ses pères adoptifs et de son jumeau, à l'occasion.
Ils dînèrent dans une ambiance bon enfant car Aymeric, Lysange et Zacharie racontaient des anecdotes de leur jeunesse aux enfants. Nerva adorait écouter le récit de leurs exploits, même s'il pouvait déjà les réciter par cœur. Ils les considéraient comme des héros, des surhommes inatteignables.
Il s'endormit à côté du feu, sans prendre la peine de s'abriter sous l'une des tentes. Il aimait sentir la chaleur des flammes sur sa peau et admirer le ciel étoilé avant de fermer les yeux. Il se réveilla au milieu de la nuit, à cause d'une envie pressante. Alors qu'il s'éloignait du campement Aymeric, qui montait la garde non loin du campement, demanda :
- Où est-ce que tu vas ?
Nerva étouffa un couinement de stupeur. Il avait surgi de nulle part ! Il répondit timidement :
- Faire pipi.
- Ne t'éloigne pas trop, lui conseilla le chevalier dragon. J'ai un mauvais pressentiment.
Nerva obéit, anxieux. En tant que demi-dieu, Aymeric possédait un instinct supérieur à celui des humains. Le petit garçon se cacha derrière un arbre pour soulager sa vessie. Il terminait quand une main épaisse se pressa contre sa bouche. Ses pieds quittèrent terre avant qu'il ait le temps de comprendre ce qui lui arrivait. On l'emporta entre les arbres sans qu'il puisse se débattre. Il rua mais son ravisseur le maintenait fermement. Il chercha désespérément le lien qui l'unissait à Umbriel, en vain.
Son kidnappeur s'enfonça de plus en plus loin entre les arbres et la lueur du feu de camp finit par s'éteindre dans le lointain. L'homme haletait à cause du rythme de course soutenu et Nerva jeta une œillade désespérée en direction du campement. Aymeric ne les poursuivait pas. L'homme qui venait de le capturer avait été aussi rapide que silencieux et Nerva paniqua. Qu'est-ce qu'on lui voulait ?
Des bandits sévissaient souvent dans les régions un peu reculées. Et ils n'étaient pas rares qu'ils enlèvent un riche voyageur pour réclamer ensuite une rançon. Le cœur de l'enfant battait à tout rompre. Il suffoquait, à demi-étouffé par la main de l'inconnu sur son visage et par la terreur.
Deux autres silhouettes se découpèrent dans l'obscurité et se joignirent à la course du premier. Son ravisseur avait des comparses !
- Tu as été vu ? demanda l'un d'eux.
- Non mais l'effet de surprise ne va pas durer longtemps : éloignons-nous autant que possible.
- Nous devons le rapporter avant l'aube.
Le rapporter ? A qui ? Nerva ouvrit la bouche et mordit l'homme qui le traînait à travers les bois. Ce dernier grogna mais ne lâcha pas sa prise. Le petit garçon sentit son courage fondre. Il souhaita de toutes ses forces que son père apparaisse pour le secourir. La course des trois hommes dura longtemps mais aucun d'eux ne montra le moindre signe de fatigue.
Ils s'arrêtèrent au pied d'un éboulement rocheux, alors que le terrain se transformait en montée raide et que les arbres grimpaient à l'assaut du flanc de la montagne. Ils reprirent leur respiration, toujours sans baisser leur garde. Nerva gigotait avec la force du désespoir, les yeux humides de larmes.
- Nous y sommes bientôt, dit son ravisseur. Une fois enfermé, il ne constituera plus une menace et nous toucherons notre prime.
Ses compagnons approuvèrent d'un signe discret de la tête. L'un d'eux tira un bout de tissu et une corde d'une sacoche qu'il portait en bandoulière. Il bâillonna Nerva et lui ligota les poignets dans le dos. Il serra les liens avec tant de force que le petit garçon craignit que le sang cesse de circuler et qu'il perde ses mains. L'homme lui attrapa le menton et souffla :
- Je te conseille de rester sage. Nous avons ordre de ne pas te faire de mal mais je déteste les gosses récalcitrants.
Son ton donna des sueurs froides à Nerva, autant que son visage dissimulé dans l'ombre d'une capuche. Une larme lui échappa et l'homme qui l'avait ligoté s'esclaffa :
- Et c'est cette petite chose qui doit causer la fin du monde ? Il est pathétique.
- Ce n'est encore qu'un enfant, tempéra le troisième homme. Il deviendra redoutable en grandissant, d'où la nécessité de l'enfermer.
Nerva serra les dents et baissa la tête. Voilà donc pourquoi on venait de l'enlever. Ce n'était pas le fruit du hasard : on le visait personnellement, parce qu'il était l'enfant de la prophétie, le jumeau du dragon noir. Il pleura de frustration. Ce n'était pas juste ! Il n'avait rien demandé, il ne désirait pas réduire le monde à néant ! Il ne voulait pas qu'on l'emprisonne à jamais dans une cellule, loin de sa famille et de ses amis. Comment ferait-il pour tenir la promesse faite à Kalam et achever leur cabane dans l'attente de son retour ?
Penser à son ami lui redonna un peu de courage. Kalam avançait toujours la tête haute, avec assurance. Rien ne semblait pouvoir se dresser sur son chemin. Nerva reprit contenance, bien décidé à l'imiter. Il lui fallait juste une occasion, une toute petite occasion. Ses ravisseurs l'entraînèrent plus haut dans la montagne. Ils progressaient d'un pas sûr, le terrain accidenté ne les gênait pas. Ils portèrent Nerva à tour de rôle, sans doute pour ménager leurs forces.
L'aube se levait et Nerva ignorait toujours comment se tirer de ce mauvais pas. Il ne repérait aucune faille dans la surveillance dont il faisait l'objet. Ils arrivèrent devant une fente rocheuse juste assez large pour qu'un homme se faufile à l'intérieur. La personne qui le portait le posa au sol et le poussa devant elle.
- Passe devant.
Nerva n'en fit rien. Il s'élança en mobilisant toute la force que possédait ses jambes d'enfant. Il dévala la pente en se concentrant pour ne pas chuter tandis que des jurons s'élevaient dans son dos. Il manquait d'équilibre à cause de ses bras attachés et s'entrava dans une racine, percuta un tronc et s'effondra en avant.
Le sol percuta son épaule et il roula, entraîné par son élan. Il rebondit plusieurs fois. Des ronces accrochèrent ses vêtements, la végétation lui fouetta le visage. Il acheva sa course dans un tronc qui percuta son dos avec violence. Il hurla de douleur mais son bâillon étouffa sa plainte.
Il essaya de se relever tant bien que mal pour reprendre sa fuite mais ses ravisseurs le rattrapaient déjà. On le releva sans ménagement et une claque monumentale s'abattit sur son visage. Sa lèvre inférieure se rompit sous la force du coup. Un filet de sang coula sur son menton, humidia le tissu pressé contre sa bouche et le goût du fer se déposa sur sa langue. Il se sentait aussi nauséeux que faible, le corps perclus de douleur et les yeux pleins de larmes.
- Au prochaine écart de conduite c'est mon poing que tu mangeras, menaça celui qui l'avait attaché.
- Ne lui cogne pas dessus. On doit l'amener en un seul morceau, selon les instructions.
On le ramena devant la faille et on le poussa de force à travers elle. Un homme marchait devant, les deux autres fermaient la marche. Ils progressèrent dans un boyau sombre qui sentait la moisissure et la poussière. Les parois rocheuses frôlaient parfois Nerva et il régnait dans le passage étroit un froid qui le fit rapidement grelotter.
Le tunnel s'élargit peu à peu. La fatigue pesait sur son corps mais on le poussait dans le dos sans ménagement s''il ralentissait l'allure. Le désespoir rongeait son cœur. Comment le retrouverait-on ici ? Personne ne viendrait le chercher.
Après des tours et des détours, le tunnel se transforma en grotte. Des flambeaux accrochés aux murs diffusaient assez de lumière pour que Nerva remarque les portes qui perçaient la grotte à intervalles réguliers. Un étrange cabanon de pierre occupait le centre et de la lumière filtrait sous une porte grossièrement taillée dans le bois.
- Nous sommes là, déclara l'un des ravisseurs.
Un nouvel individu sortit de la petite masure. Celui-là ne portait pas de cape pour masquer son visage balafré et dévoré par une barbe broussailleuse. Il clama :
- C'est pas trop tôt ! Je m'ennuie comme un rat mort dans ce trou. Je déteste monter la garde ici. Les prisonniers sont à moitié morts ou cinglés, impossible d'en tirer quelque chose d'intéressant. C'est lui le gosse mentionné par les tablettes ? Il a pas l'air bien dangereux. Et il est plutôt mignon. C'est du gâchis de le laisser pourrir ici. Je connais des maisons de plaisir qui donnerait une montagne d'or pour qu'on leur vende un joli spécimen comme celui-ci...
- Il n'est pas destiné au commerce, gronda un des trois hommes encapuchonnés. Sa cellule est prête ?
- Oui, vous pouvez me le confier et aller empocher votre récompense. Il sera bien traité avec moi.
On poussa Nerva vers cet homme dont le sourire torve ne lui inspirait pas confiance. Il lui passa une main caressante dans le dos et lui glissa :
- Tu vas voir. Si tu es gentil avec moi, je serais gentil avec toi.
Le petit garçon déglutit. Une brusque envie de vomir remontait depuis son estomac jusqu'à sa gorge. Il se concentra sur sa respiration pour ne pas régurgiter le contenu de son estomac. Ses trois kidnappeurs firent demi-tour tandis que son nouveau geôlier le dirigeait vers une des portes.
Une peur sourde éclata dans tout son être. Il s'imaginait prisonnier dans le noir, avec cet odieux individu pour seule compagnie et ce jusqu'au restant de ses jours. Il pila, incapable d'avancer plus. Il tremblait comme une feuille. Le gardien de la prison l'attrapa par le cou et le força à avancer. Nerva essaya de donner des coups de pied, sans grand succès. Sa lutte lui accorda quelques secondes de répit mais la porte approchait.
Il refusa de rendre les armes. Son geôlier perdit patience et agrippa ses cheveux. Il le frappa au visage deux fois. La douleur l'étourdit, il perdit ses moyens. La porte s'ouvrit sur les ténèbres glacées avec un grincement sourd. Il voyait déjà sa vie prendre fin dans cet antre de mort, après des années et maltraitances et de privations.
C'est alors qu'un liquide chaud lui éclaboussa les cheveux et le haut du dos. La poigne du gardien se relâcha et l'homme s'affaissa au sol avec un gargouillis. Nerva pivota lentement. Ses yeux tombèrent sur le cadavre qui se vidait de son sang, une large entaille au travers de la gorge. Les membres encore palpitants de vie tressautaient, une flaque carmin s'étendait autour du corps chaud.
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Chevalier dragon, tome 4 : La guerre d'Amaris
FantasyDepuis la disparition de Lysange, Aymeric n'a qu'une idée en tête : la retrouver. Cela l'amènera à coopérer avec une vieille connaissance afin d'infiltrer le repaire du dragon rouge et sauver sa compagne. Cependant le temps presse et la fin du monde...
