Chapitre 41 : Attraction

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Il se sépara de son ami à regret sur ordre d'une femme d'origine hanganaise qui se nommait Venerika. Elle voulait évaluer chacun des Hérances pour les répartir dans les différents groupes de recrues. Kalam espéra qu'on le placerait dans celui de Nerva, pour côtoyer un visage familier et déjà amical.
C'est avec cet objectif en tête qu'il terrassa ses camarades les uns après les autres, sans regrets lorsqu'ils mordaient la poussière. Il se débarrassa du dernier en quelques mouvements de lance si rapides qu'ils en devinrent flous. Comme prévu, Venerika l'assigna au groupe d'élite des jeunes recrues, celui de Nerva. Il en aurait crié de joie !
Il rejoignit ses nouveaux compagnons qui s'entraînaient près du rempart est, en face d'une construction en pierre avec trois cheminées qui crachaient une fumée noire. Il dérapa sur une plaque de glace, se rattrapa à temps pour ne pas terminer sur les fesses puis salua l'homme borgne qui serait sans nul doute son maître d'armes.
- Comment tu t'appelles ? demanda celui-ci d'un ton bourru.
- Kalam Amayaz sire.
- Pas de sire avec moi, contente-toi de Gordon. Va te mettre dans le fond, écoute les instructions, ne ménage pas tes efforts et tout se passera bien.
Kalam s'empressa d'obéir. On ne lui retira pas sa lance à double tête, ce qui était sa seule crainte lors de son arrivée à la forteresse. Il repéra Nerva en première ligne, lui aussi avec l'arme traditionnelle des Hérances. Il avait relevé les longues mèches de cheveux noirs, qui risquaient de lui tomber dans les yeux, en catogan.
Kalam se plia aux exercices avec curiosité. La façon d'enseigner le combat dans la forteresse ne ressemblait pas à celle du désert. Chez les Hérances, les pères se chargeaient d'enseigner le combat à leurs fils, les enfants ne suivaient pas d'enseignements communs et se réunissaient uniquement pour s'affronter.
Gordon passait dans les rangs pour rectifier les positions, donner des conseils, motiver une recrue plus lente que les autres. Il ne reprit pas Kalam une seule fois, ce que le jeune homme considéra comme une victoire personnelle. Le froid mordant ne l'empêcha pas de terminer l'entraînement en nage. Les muscles de son corps tiraient un peu mais rien d'intolérable comparé aux entraînements qu'il avait subi dans sa jeunesse entre les mains de son père.
Il brûlait d'impatience de partager ses impressions sur ces premiers exercices avec Nerva mais un inconnu aux côtés de son ami doucha son enthousiasme. Un jeune homme aux cheveux si blancs que la neige paraissait grise en comparaison riait en compagnie de Nerva. L'inconnu poussa l'audace jusqu'à passer un bras autour des épaules de son ami pour le tirer contre lui et lui ébouriffer les cheveux.
Le gorge de Kalam se serra et tout son corps se tendit sans qu'il le lui commande. Un feu acide enflamma ses entrailles. Il ne connaissait pas ce sentiment désagréable qui l'étouffait et attisait des braises de colère dans son ventre palpitant. Il se détourna, subitement contrarié par son propre comportement.
Qu'est-ce que ça pouvait lui faire que Nerva fréquente d'autres personnes ? C'était naturel qu'il ait des amis au sein de l'armée, qu'il ne soit pas aussi solitaire que lui ! Il traîna les pieds jusqu'au château pour retrouver un peu de chaleur et cacher cette morosité piquante qu'il n'aimait pas du tout.
Il sursauta en rencontrant son père dans le hall. Ce dernier avait quitté son manteau de fourrure et se promenait dans une simple tunique noire en dessous d'une longue cape blanche. Comment faisait-il pour ne pas grelotter ? Kalam détestait bien des aspects de la personnalité de son géniteur mais la résistance de celui-ci l'impressionnerait toujours.
- J'ai observé ton entraînement de loin. Tu peux faire mieux Kalam. Tu n'es pas ici pour t'amuser : tu représentes notre tribu, tu dois surpasser les autres.
Kalam opina du chef, pour la forme. Il prêtait une oreille distraite aux paroles de son père car Nerva arrivait à son tour dans le hall, toujours en compagnie de son ami collant. Ils chahutaient joyeusement et Kalam les envia. Alors qu'ils dépassaient Kalam, Nerva lui lança :
- Kalam, est-ce que tu veux te joindre à nous pour le repas de midi ? Je pourrais te présenter Willow.
Il désigna le garçon à la chevelure immaculée qui l'accompagnait. Il salua Kalam d'un mouvement de tête sec, les yeux plus froids que les eaux d'un lac gelé. Le cœur du jeune homme se remplit de joie à l'écoute de cette invitation. Il sourit plus largement qu'il l'aurait voulu et répondit :
- Avec plaisir !
Ils se saluèrent d'un petit signe de la main avant que Nerva monte dans les étages. Son ami ne l'oubliait pas et, encore plus appréciable que cela, il l'incluait dans son cercle de connaissance ! Kalam était sur un petit nuage, jusqu'à ce qu'il croise le regard de serpent prêt à mordre de Reydan.
- Qui est-ce ? l'interrogea son paternel.
- Un ami.
- Nous arrivons à peine et tu as déjà un ami ?
Le jeune homme n'aimait pas le ton mi-suspicieux, mi-moqueur de son géniteur. Il répliqua avec une agressivité dont il n'avait pas l'habitude :
- Oui j'ai des amis et, que ça vous plaise ou non, je me passe de votre permission.
Il tourna les talons pour fuir sa propre audace mais aussi l'œillade menaçante de Reydan. Son père détestait qu'il lui tienne tête, qu'est-ce qui lui avait pris de répondre aussi vivement ? Une porte s'ouvrit alors qu'il se réfugiait dans sa chambre. Il manqua d'entrer en collision avec Nerva. Son ami eut le réflexe de s'écarter d'un bond avant d'éclater de rire.
- On arrête pas de se croiser aujourd'hui !
- C'est parce que ma chambre est à deux pas de la tienne, sourit Kalam en tentant de masquer sa surprise enthousiaste.
- Vraiment ? Dans ce cas nous pourrons nous retrouver les soirs pour jouer aux cartes !
Kalam ne pouvait pas rêver mieux ! Les dieux étaient vraiment de son côté aujourd'hui. Ils se dévisagèrent dans un silence confortable jusqu'à ce qu'une voix féminine brise cette ambiance légère :
- Désolée pour le retard Nerva. J'étais plongée dans l'écriture de ma préface et je n'ai pas vu le temps passer !
La nouvelle venue ressemblait comme deux gouttes d'eau au dénommé Willow. Elle salua Kalam d'un signe de la tête puis se hissa sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur la pommette de Nerva. Un gouffre profond s'ouvrit dans le cœur du jeune guerrier. Son sang déserta son visage alors que le pire se produisait devant lui. Il aurait aimé éloigner cette greluche et, par-dessus tout, prendre sa place. Nerva, inconscient de sa gêne, déclara gaiement :
- Je te présente Omphale, ma meilleure amie. Tu l'as sûrement déjà deviné mais c'est la jumelle de Willow. Omphale, je te présente Kalam.
- Le fameux Kalam, ton ami d'enfance qui vit dans le désert ? s'étonna la belle jeune femme. Celui dont tu nous parles tout le temps depuis des années ? Je suis ravie de faire enfin ta connaissance !
Elle l'enlaça à la manière des habitants du désert. Kalam lui rendit son étreinte, apaisé. Elle n'était qu'une meilleure amie, pas une amante ou, pire, une fiancée. C'était peut-être se voiler la face car Nerva la présentait ainsi en public mais leur relation pouvait avoir une nature radicalement différente en privée. Kalam préféra ignorer cette éventualité et croire aux mots de son ami sans les remettre en question une fraction de seconde, confiant. Il ne résista pas à l'envie de taquiner un peu Nerva :
- Alors comme ça je suis un de tes sujets de conversation favori ?
- Il est terrible ! Il nous rabâche toujours « quand j'ai rencontré Kalam » ou alors « avec Kalam on s'est promis de » et patati et patata, résuma Omphale.
Le concerné rougit et maugréa :
- Tu deviens embarrassante !
- C'est toi qui es embarrassant ! cria Willow depuis l'intérieur de la chambre. Si tu l'apprécies tant que ça, tu n'as qu'à profiter de sa présence à la forteresse d'Amaris pour le demander en mariage !
Les jumeaux éclatèrent de rire, contrairement aux deux intéressés. Leurs regards se croisèrent par accident. Une intensité particulière brillait dans celui de Nerva et transformait ses iris mordorées en soleils miniatures. Elles irradiaient de tant de chaleur que les joues et le cœur de Kalam s'échauffèrent. Incapable de se détourner de ce regard suffoquant, Kalam le soutint malgré son cœur tambourinant.
Son monde se réduisit à Nerva et à sa présence dévorante. Il lutta contre l'envie de combler l'espace qui les séparait pour le toucher. Il mourrait d'envie de plonger sa main dans ses cheveux noirs, d'effleurer son visage dont rien n'égalait la beauté, de se perdre dans ses yeux.
- Je vous dérange ?
La question d'Omphale, posée en toute innocence, le ramena dans le présent. Il recula d'un pas et inspira pour s'éclaircir l'esprit. Nerva le dévisageait toujours et Kalam évita son regard hypnotique qui le replongerait sans le moindre doute dans une contemplation perturbante. Il souffla :
- Je dois y aller...
- Nous nous reverrons, dit Nerva.
Cette promesse pleine d'assurance fit délicieusement frissonner Kalam. Il s'affaissa contre la porte de sa petite chambre dès qu'il l'eut claqué derrière lui. Il avait chaud, il haletait et toute sa peau était hérissée de chair de poule. Il était malade. Une fièvre terrible et impossible à guérir partait de son cœur et parcourait son corps. Il n'existait pas de remède pour la combattre, en dehors de l'éloignement et du temps. Sauf que Kalam n'avait plus la force de s'échapper loin de son nouveau soleil, du centre de son monde : il se sentait piégé.
Il se recroquevilla sur le sol glacé pour apaiser un peu le feu qui pulsait dans ses veines. Une seule fois. Il avait suffi qu'il revoit Nerva une seule fois pour partir en roue libre. Il songea que ça lui passerait, que c'était exceptionnel.
Mais au fond de lui, dans les profondeurs cachées de son être, il savait que rien ne le détournerait de Nerva. C'était lui ou personne d'autre et il ne pouvait rien contre ça. Ce n'était pas seulement physique, il s'agissait d'une attraction qui ne s'embarrassait pas de l'enveloppe corporel, qui voyait plus loin directement dans l'âme.
Une seule certitude demeurait solidement ancrée en lui : quoi qu'il advienne, il ne devait pas faire de mal à Nerva. Il ne l'agresserait pas comme son géniteur l'avait fait avec Zacharie, il se contenterait de la place que son ami voudrait lui laisser à ses côtés.
Conformément à la prédiction de Nerva, ils se revirent en effet, dès l'entraînement suivant. Leur maître d'armes décida ce jour-là d'organiser un tournoi entre eux, afin de se faire une idée du niveau général de chacun au sein de la meilleure unité des recrues. Kalam vainquit ses deux premiers adversaires avec une facilité déconcertante. Ils étaient rapides, agiles, avec une bonne maîtrise de l'épée mais ils ne possédaient pas l'expérience de Kalam, ni son endurance.
Il perdit son sourire assuré face à son troisième adversaire. Nerva fit habilement tournoyer sa lance et se plaça en garde. Il dit avec un sourire tranquille :
- J'ai remporté mes deux duels.
- Moi aussi, répondit Kalam en se préparant à l'attaque.
- Alors que le meilleur gagne.
Ils plongèrent l'un sur l'autre. Les longs cheveux noirs de Nerva volaient dans son sillage, ses yeux mordorés analysaient les mouvements de Kalam. Ce dernier ne se laissa pas déconcentrer par la grâce sauvage que dégageait son adversaire. Il comptait bien le vaincre et lui montrer toute l'étendue de sa puissance.
Les lances entrèrent en collision. Le bruit résonna dans la cour et surpassa tous les autres. Des regards curieux se posèrent sur eux mais Kalam ne les sentit pas. Il se concentrait sur son opposant, le reste n'existait plus. Il attaqua, bloqua, feinta. Il n'atteignit jamais Nerva et celui-ci non plus. Ils se tournaient autour, se frôlaient. Ils dansaient sur un rythme imposé par le fracas de leurs armes.
La sueur perlait sur le front de Kalam, son bras faiblissait mais il refusait d'abandonner. L'affrontement était trop beau, trop intense ! Il para une attaque de Nerva, se glissa sous sa garde. Son adversaire réagit en un quart de seconde et effectua un pas chassé sur le côté pour se glisser dans son dos. Kalam exécuta un demi-tour en levant sa lance et les armes se percutèrent avec un son assourdissant.
Ils haletaient sans cesser de tournoyer. La victoire n'intéressait plus Kalam : il désirait prolonger cet affrontement jusqu'à ce que son corps crie grâce et qu'il pose un genou à terre. Son cœur vibrait sous l'intensité de leur échange, son corps en réclamait davantage.
Aucun des deux ne prenait le dessus sur l'autre. Celui qui perdait du terrain en regagnait peu après, leur duel s'éternisait et Kalam contemplait la puissance aussi douce que dévastatrice qui émanait de Nerva. Tout dans le corps de son adversaire hurlait sa fatigue ainsi que sa soif de combattre encore, de dépasser ses limites. Kalam lui servit une résistance qu'il espérait à la hauteur des espérances de son ami.
Ses bras s'engourdissaient à cause du maniement intensif de sa lance à un tel degré de technique et de vitesse. Ses muscles chauffaient, tiraient, hurlaient de douleur. Pourtant, au milieu de cette souffrance, il éprouvait la plus vive satisfaction de son existence entière.
- Assez !
La voix puissante de leur maître d'armes brisa leur concentration. Leur bulle vola en éclat et la réalité refit surface. Les autres recrues de leur unité applaudissaient la fin imposée de leur confrontation. Kalam poussa un soupir, aussi dépité que soulagé. Son corps à bout de force le remerciait mais sa fierté de guerrier souffrait de la fin prématurée de ce face à face. Il échangea une poignée de main avec Nerva. Les doigts brûlants de son ami pulsaient contre les siens. Il le lâcha avant que l'envie lui prenne de prolonger ce contact éternellement.
- Tu as été exceptionnel, dit-il.
- Tu as tout aussi méritant que moi, répondit Nerva.
Gordon leur ordonna de filer se changer avant que le vent gelé s'infiltre sous leurs vêtements imbibés de sueur et les glace jusqu'aux os. Kalam ne se le fit pas dire deux fois. Galvanisé par ce duel, il retourna en vitesse auprès de ses camarades après avoir enfilé un uniforme propre. L'ambiance bon enfant du tournoi avait gagné en sérieux depuis leur confrontation. Kalam et Nerva se reposèrent et burent avant de reprendre les duels. Le guerrier Hérance se hissa à la seconde place du podium, à égalité avec Nerva car ils perdirent tous les deux face à Willow. Il surpassait tous les guerriers que Kalam connaissait.
Il ne se battait pas comme un Homme mais comme Praeslia en personne ! Il devinait les mouvements de ses adversaires avant qu'ils lèvent le petit doigt et rien ne parvenait à le mettre en difficulté. Il paraissait insensible à la fatigue, au froid et à la soif. Kalam ne faisait pas le poids face à lui et il perdit avec le sentiment que personne ne pouvait s'opposer à Willow sans essuyer une cuisante défaite.
Nerva aurait pu rivaliser avec le jeune homme aux cheveux blancs, Kalam en était persuadé. Pourtant son ami ne combattit pas avec toute la force qu'il possédait et s'écrasa face à Willow. Son comportement interpella Kalam. Aucun guerrier digne de ce nom ne se retenait contre un adversaire aussi fort que lui...Qu'est-ce qui empêchait Nerva de faire jeu égal avec Willow ?
Il comptait lui poser la question à la fin de l'entraînement mais son ami se volatilisa. Il hésita à se lancer à sa poursuite dans la forteresse mais renonça car son père l'attendait une fois encore dans le hall.
- Pourquoi est-ce que tu n'as pas gagné contre ce garçon aux cheveux longs ? le questionna t-il d'une voix grondante. Tu veux faire honte à notre tribu ? Un étranger maîtrise la lance à double tête mieux qu'un Hérance, c'est ça ?
- Il a du talent père, vous devriez le reconnaître si vous avez vu notre duel.
- C'est donc ton excuse Kalam ? Je ne t'ai pas élevé pour que tu atteignes la médiocrité et que tu perdes face au premier guerrier avec un peu de bonne volonté. Tu dois être le meilleur. Je veux que tu arrives à le battre, il en va de ton honneur.
- Quel honneur ? C'était un tournoi amical ! Je vais me battre aux côtés de ces hommes ! Ils sont mes alliés, pas mes ennemis !
- Depuis que tu es ici tes paroles frôlent l'insolence, gronda son géniteur. Dès que toute cette histoire sera terminée, nous regagnerons le désert et tu reprendras un entraînement intensif, comme lorsque tu n'étais qu'un enfant geignard. Une fois que tu atteindras le niveau d'un véritable guerrier et que tu cesseras de te lier d'amitié avec tes adversaires, tu seras digne d'avoir une femme et de perpétuer notre lignée. Avec de la chance, tu me donneras un petit-fils compétent.
La respiration de Kalam s'étrangla dans sa gorge. C'était la première fois que son père évoquait le mariage. C'était comme une claque que le jeune homme se prenait en pleine face. Il s'imaginait déjà combattre dans l'armée commune d'Amaris jusqu'à ces vieux jours, aux côtés de Nerva. Pourquoi était-il encore aussi naïf ? Tant que son père respirerait, et il vivrait encore de longues années, Kalam n'aurait aucun droit sur son existence. Il n'existait que pour satisfaire les attentes de son géniteur, son libre arbitre ne comptait pas.
Reydan le considérait comme un échec mais il espérait sans doute que Kalam se rattrape en lui offrant une descendance vigoureuse qu'il pourrait façonner à son image sans reproduire l'erreur que son fils représentait à ses yeux. Kalam serra les dents. Qu'est-ce qu'il pouvait faire face à son géniteur ? Lui avouer que l'idée de se marier le répugnait et que son cœur ne battait que pour un seul être qui s'avérait être un homme ? Brillante idée si son but était de se retrouver empalé au bout d'une lance.
Il préféra arrêter la discussion ici pour seréfugier dans les bains, soulager son corps endolori et s'éloigner de songéniteur dont les paroles tranchaient mieux que le plus affûté des poignards enlui rappelant que sa présence ici n'était que provisoire.

Chevalier dragon, tome 4 : La guerre d'AmarisDes histoires addictives. Découvrez maintenant