Un haut-le-cœur violent s'empara de Nerva. Une main se posa sur son épaule alors qu'il essayait de reprendre son souffle. Il ne sursauta même pas, à bout de force, l'esprit déserté de pensées rationnelles et de volonté. Willow se tenait à ses côtés, un poignard rouge de sang à la main.
- Tu es blessé ? demanda-t-il.
C'est la première fois qu'il s'adressait à Nerva avec un tel calme. D'ailleurs, c'est la première fois qu'il s'adressait à lui tout court. Nerva secoua la tête, les membres tremblants.
- Rentrons, ordonna le jumeau d'Omphale en lui retirant son bâillon et en défaisant ses liens.
Aussitôt libéré, Nerva régurgita le contenu de son estomac trois fois, jusqu'à ne rendre plus que de la bile. Willow attendit qu'il cesse de vomir sans manifester la moindre émotion, puis prit le chemin du retour sans un regard pour le cadavre du geôlier. Trois autres corps gisaient à l'entrée de la galerie, dans une mare de sang.
Nerva suffoquait autant à cause de l'odeur métallique que des cadavres. Willow était-il l'auteur de ce carnage ? L'arme dans sa main indiquait que oui. Il n'osa pas lui poser la moindre question, exténué. Tout ce qu'il voulait c'était se rouler en boule dans un coin et dormir pour tout oublier. Willow l'obligea à atteindre la sortie en le tirant par la manche et le petit garçon ne protesta pas. Il avait l'impression que son corps avançait seul pendant que son esprit flottait très loin d'ici.
Le soleil levant à l'extérieur l'aveugla, la chaleur pénétra ses os et les senteurs boisées de la forêt saturèrent son nez pour chasser celle du sang. Il vacilla et s'écroula à genoux. La nature et la vie qui grouillaient autour de lui contrastaient avec l'affreuse prison pleine de vide et d'obscurité dans laquelle on avait tenté de le jeter. Willow le releva sans ménagement en le tirant par le poignet.
- Juste une pause, supplia Nerva.
- Non, déclara fermement l'enfant à la chevelure immaculée.
Ils marchèrent longtemps, bien trop longtemps au goût de Nerva. Il alterna entre refus d'avancer, crises de larmes silencieuses et progression dans un état second. Willow ne céda jamais à ses supplications et le força à poser un pied devant l'autre en le traînant impitoyablement derrière lui, comme s'il était un chien en laisse. Il pensait s'effondrer d'épuisement quand une voix cria :
- Nerva !
L'enfant redressa la tête et scruta les alentours avec frénésie. Son père se précipitait vers lui, soulagé. Nerva laissa tomber toutes ses résistances et se jeta dans ses bras en éclatant en sanglots. Son paternel l'étreignit et lui chuchota des paroles réconfortantes. Nerva se cramponna à lui avec le peu de force qui parcourait encore ses membres exténués. Le restant du groupe les rejoignit rapidement, alerté par ses sanglots.
- Il est blessé ? s'enquit Aymeric.
- Non, répondit Willow.
L'attention du demi-dieu se porta sur son fils et le poignard qu'il tenait toujours à la main.
- Mais...C'est mon couteau de chasse ! Où est-ce que tu as eu ça ? Tu me l'as volé ? Et pourquoi est-ce qu'il est couvert de sang ?
Son ton rempli de colère n'affola pas Willow. L'enfant déclara avec une froide évidence :
- Des hommes menaçaient Nerva : je les ai supprimés.
- Supprimé ? répéta Lysange. Willow, tu ne les as quand même pas...
Il braqua ses yeux glacés sur sa mère et dit d'un ton dépourvu de la moindre émotion :
- Je leur ai tranché la gorge.
Aymeric se précipita vers lui dans l'espoir de lui arracher la lame des mains mais Willow recula hors d'atteinte. Le grand chevalier dragon cria avec une colère qui fit frémir Nerva :
- Tu as tué des hommes Willow ! Tu te rends compte à quel point c'est grave ?!
Son fils ne trembla pas face à ce déchaînement de rage.
- Il s'agissait d'assassins, expliqua-t-il avec un calme effrayant. C'est tué ou être tué. Les forts prennent le dessus sur les faibles, c'est une loi universelle. J'ai été meilleur qu'eux.
C'est la première fois que Nerva l'entendait parler autant. Le frère d'Omphale essuya la lame du poignard sur un pan de sa tunique et la rendit à son père. Celui-ci l'empoigna avec réticence, comme s'il craignait de se brûler les doigts sur le manche. Willow ignora le malaise général pour se camper à gauche de sa jumelle. Il n'exprimait aucun remord, aucune peur. Nerva se blottit un peu plus contre son père.
Il lui faudrait remercier Willow pour son aide mais il lui faisait froid dans le dos. Assassiner de sang-froid sans une once d'hésitation...Ses ravisseurs étaient peut-être des assassins mais ça ne justifiait pas tout ! Qui sait ce que ce garçon au regard morne était capable de faire sous l'emprise de la colère ou simplement de la contrariété ? Nerva connaissait bien trop d'enfants cruels sans qu'ils soient des meurtriers. Alors quelqu'un de son âge avec du sang sur les mains...
Il plongea la tête dans le cou de son père pour ne plus y penser. Son cauchemar prenait fin, ils allaient reprendre la route jusqu'au royaume des Dragons. Là-bas, personne n'oserait lui faire du mal.
Il s'endormit profondément alors qu'ils regagnaient le campement, bercé par la marche tranquille de son père. Il se réveilla lors de leur atterrissage, à cause du choc qui le secoua. Le soleil l'éblouit un instant et il eut la sensation d'émerger d'un mauvais rêve. Des souvenirs confus flottaient encore dans son esprit embrumé mais il les repoussa. Tout allait bien à présent, il ne risquait plus rien avec ses pères à ses côtés : ils le protégeraient.
Les gardes à l'entrée ne prirent pas la peine de vérifier leur identité. L'un d'eux fila en coup de vent annoncer leur arrivée à la famille royale. Ils entrèrent dans la ville grouillante d'activité où les dragons vivaient paisiblement aux côtés des humains. Umbriel, au lieu de s'évaporer dans la nature comme à son habitude, se plaça contre Nerva alors qu'ils cheminaient vers le palais royal.
- Tu vas mieux ? s'enquit-il.
Nerva fit oui de la tête, même s'il restait chamboulé. Le froid de la prison imprégnait encore les tréfonds de son être et les rayons ardents du soleil ne parvenaient pas à dissoudre cette impression glacée qui lui arrachait des tressaillements de temps à autre. Il vérifia que son père, qui marchait un peu devant lui, restait en vue, au cas où.
- Pardon, chuchota Umbriel.
- Ce n'est pas ta faute, dit Nerva.
- Si. J'ai été incapable de remonter notre lien. Ta présence était si lointaine, si diffuse...Tu n'étais qu'un point vague à une galaxie de moi, impossible de te distinguer. Je devrais pourtant être en mesure de te localiser en un claquement de doigts...
- Moi aussi je devrais en être capable, tu n'as pas à te blâmer. Nous manquons peut-être d'entraînement ou alors quelque chose cloche dans notre lien...Nous avons eu une première année de vie difficile, papa nous l'a déjà expliqué. Ça vient sans doute de là, ce n'est pas notre faute. Le lien est peut-être très lent à se réparer...
Umbriel n'ajouta rien, pensif. Les deux enfants s'égayèrent en grimpant les marches qui menaient à la demeure royale. Héléna et Liwen les attendaient au sommet. Nerva et Umbriel se précipitèrent aussitôt vers eux. Héléna cueillit les petits garçons dans ses bras avec un sourire d'une tendresse inégalable dont elle avait le secret.
- Vous avez encore grandi ! rit-elle. Vous allez finir par me dépasser !
Sa joie de vivre et son parfum sucré dissipèrent les dernières angoisses de l'enfant. Tout allait bien, rien ne l'atteindrait au sommet de cette montagne, entre ces murs. Il pouvait relâcher sa vigilance et compter sur sa famille.
- Où est papa ? demanda-t-il, impatient.
- Il s'entretient avec Médéril à propos des finances. Il nous rejoindra plus tard dans la journée, d'accord ?
Il n'avait pas le choix d'accepter. Son père, en tant que prince héritier, croulait sous les obligations. Nerva ne voulait pas faire de caprices qui lui compliqueraient la vie. Son ventre gargouilla, ce qui le détourna de l'absence de son second père. Héléna et Liwen les convièrent à dîner tout en demandant les dernières nouvelles aux adultes.
Nerva laissa traîner une oreille en ralentissant l'allure. Après le sujet de son enlèvement qui provoqua beaucoup d'émoi chez le couple royal, ils évoquèrent les retrouvailles avec Willow, ainsi que quelques détails angoissants concernant celui-ci.
- Il a été élevé par Amagmalion, expliqua Aymeric. Ce n'est pas un enfant ordinaire : il a tué quatre assassins adultes sans écoper de la moindre égratignure. Il est dangereux pour les autres.
- Il reste notre fils, déclara fermement Lysange. Ne le blâmons pas pour ce qu'Amagmalion lui a enseigné. Nous devons nous montrer compréhensif et lui indiquer ce qui est juste. Il a vécu des épreuves horribles qu'un enfant ne devrait jamais endurer. Pense aux cicatrices sur son corps...
- Lysange, je l'aime autant que tu l'aimes mais je ne me voile pas la face. C'est un enfant avec une mentalité d'assassin. Amagmalion a tué son innocence, il en a fait une arme. Je pense qu'il est trop tard pour lui apprendre ce qui est juste.
- Tu baisses les bras trop tôt, intervint Zacharie. Il est allé sauver Nerva alors que ce n'était pas dans son intérêt. Il a perçu notre inquiétude, il a bravé le danger pour le récupérer. Ce garçon a bon fond, il faut lui laisser une chance.
Les paroles de son père plongèrent Nerva dans une profonde réflexion. Les méthodes de Willow étaient certes...définitives mais il l'avait fait pour lui. Rien n'excusait un meurtre mais qu'est-ce qui justifiait l'enlèvement et l'emprisonnement à vie d'un enfant contre quelques pièces ? D'ailleurs, Willow se pensait dans son bon droit avec sa logique œil pour œil, dent pour dent. Qui avait raison, qui avait tort ? Existait-il seulement une vérité ultime ?
Son raisonnement lui donna mal à la tête et accentua sa faim. C'était trop compliqué ! La preuve : même les adultes n'arrivaient pas à démêler le problème. Il examina Willow du coin de l'œil pendant tout le dîner.
Le fils d'Aymeric mangeait peu, ne parlait pas. Il gardait les yeux rivés sur le contenu de son assiette avec une expression indéchiffrable. Est-ce qu'il désirait écharper sa pièce de poisson ou est-ce qu'il se demandait quel goût elle avait avec la sauce à la crème et au citron ? Impossible de le savoir. Au moment du dessert, il braqua ses iris plus froides que de la glace sur Nerva. Le petit garçon baissa le nez sur son île flottante, intimidé.
Une fois le ventre plein, il regagna sa chambre avec bonheur. Elle était presque voisine de la suite de son père, il pouvait le rejoindre rapidement en cas de problème. Il retrouva les meubles en bois précieux dorés à la feuille d'or, sa bibliothèque privée, sa baignoire en marbre et son lit avec l'épaisse couette rembourrée à la plume qu'il aimait tant.
Umbriel logeait juste à côté et une porte permettait aux deux chambres de communiquer. Nerva quitta ses vêtements de voyage, se lava le visage et enfila une tenue propre. Il percevait encore la désagréable odeur de moisissure de la prison sur l'ancienne, mêlée à une senteur plus rance qui rappelait la sueur et la peur.
Il se sentit mieux une fois changé. Comme le temps était radieux et qu'il ne supporterait pas d'être enfermé dans sa chambre après son passage éclair dans le ventre de la montagne, il se rendit dans les jardins royaux. Il se promena en observant le vol des insectes au milieu des fleurs odorantes. La vie qui se dégageait de ces lieux lui redonna un semblant de sourire. Il s'exposa longuement au soleil, profita de la caresse de la brise sur son visage.
Une main ferme s'abattit sur son épaule comme les serres d'un rapace alors qu'il profitait de la tranquillité ambiante. Il cria et se débattit follement, brièvement de retour dans les bois noyés d'obscurité. Sa crise cessa lorsque Willow daigna le lâcher. Nerva recula d'un pas, aussi embarrassé qu'effrayé par la présence du frère d'Omphale. Où était sa jumelle ? Il se déplaçait toujours dans son ombre pourtant il ne la voyait nulle part.
Willow tira une dague hors de la manche de sa tunique. La peur étreignit le cœur de Nerva, qui battit à tout rompre dans sa poitrine compressée. Que faisait Willow avec une arme sur lui ? Pourquoi est-ce qu'il la sortait de son fourreau ? Est-ce qu'il lui en voulait de l'avoir regardé de travers pendant le dîner ? Ce n'était pas un motif valable pour le tuer ! Nerva se recroquevilla, préparé au pire.
Willow lui tendit la dague. Interdit, le petit garçon fixa la lame qui miroitait sous l'éclat du soleil. Il l'attrapa entre ces doigts tremblants, incertain. Willow ne prononça pas une parole, ce qui causa une grande perplexité chez lui. Que voulait-il qu'il fasse de cette arme ? S'agissait-il d'un cadeau ?
- Tu dois te battre, lança finalement le garçon à la chevelure blanche.
- Pardon ?
- Tu es faible, tu es une proie facile. Tu dois apprendre à lutter.
- Je...Je ne sais pas me servir d'une arme.
Avant de réclamer à son père qu'il lui enseigne l'art de manier la lance à double tête, Nerva n'avait jamais eu d'attrait pour les objets tranchants et autres armes de guerre. Il pratiquait uniquement un peu de tir à l'arc, pour lequel il s'avérait doué, en guise de distraction.
- Je peux te montrer, proposa Willow. Sinon tu mourras vite.
Sa prédiction funeste donna la chair de poule à Nerva. L'enfant tourna la dague entre ses mains moites. Il décelait une part de vérité dans les paroles de Willow. Contrairement aux autres humains liés à un dragon, la possibilité d'une réincarnation n'existait pas pour Umbriel et lui. Ils ne possédaient qu'une seule et unique chance.
Il ne comprenait pas pourquoi les assassins avaient voulu l'enfermer plutôt que le tuer mais il songea qu'il n'aurait pas toujours autant de chance. Willow ne le sauverait pas à chaque fois, de même que ses proches.
La perspective que le sang coule à cause de lui le répugnait mais la vie lui était trop chère pour qu'il fasse la fine bouche. Et puis il pouvait bien blesser sans causer la mort, non ? En se défendant par ses propres moyens, il ne deviendrait pas un fardeau pour les autres.
- Comment est-ce qu'on s'en sert ? demanda-t-il d'une voix mal assurée.
Willow plaça l'arme dans sa paume moite et referma ses doigts glissants dessus.
- Tu dois le tenir sans jamais relâcher la pression sur le manche. Si tu l'échappes, tu te places en position de faiblesse.
Il donnait ses explications de manière claire et précise, avec un ton très adulte. Nerva s'aperçut qu'il buvait ses paroles, fasciné par l'assurance que Willow dégageait en parlant de l'art de se battre. Le petit garçon craintif et mutique venait de céder la place à un maître d'armes plein de patience. Willow enseigna des mouvements basiques à Nerva avant de l'obliger à les répéter, encore et encore.
- J'ai mal au bras, se plaignit Nerva après quelques instants.
- C'est bon signe. Tes muscles ont besoin de se renforcer. Tu as les membres trop fins, tu ressembles à une brindille. Je pourrais te renverser sans efforts.
- Ce n'est pas vrai ! protesta le jeune élève à bout de souffle.
Il se retrouva le nez dans l'herbe en moins d'une seconde. Il n'avait même pas eu le temps de sentir son corps quitter le sol. Willow le toisa de toute sa hauteur, les mains sur les hanches.
- Une brindille, répéta-t-il. Tu dois t'entraîner pour muscler ton corps. Sinon tu n'arriveras à rien.
- Comment je fais ça ?
Une minute plus tard, il regrettait sa question. Willow le força à faire cinq fois le tour des jardins royaux en courant et les serviteurs gloussaient à son passage. Nerva chassa la sueur de son front d'un geste rageur. Chaque fois qu'il menaçait d'abandonner, le regard glaçant de Willow le forçait à reprendre sa course éreintante.
Il termina à quatre pattes dans la pelouse, en nage. Il peinait à reprendre son souffle et une envie de vomir le titillait.
- Respire, prend ton temps, lui conseilla Willow. Va boire, c'est très important. Ensuite reviens me voir pour la suite de l'entraînement.
Il ne laissa aucun répit à Nerva et enchaîna les exercices à un rythme soutenu. Le petit garçon eut plusieurs fois envie de pleurer et de crier que c'était de la torture, de la maltraitance. Dans ces moments-là, l'image de la prison et de son cachot obscur se formait dans son esprit et muselait ses réticences.
Willow le libéra avec le coucher du soleil. Nerva s'allongea dans l'herbe, les membres en étoile. Du feu liquide coulait dans son corps, ses poumons le brûlaient et il inspirait avec un bruit de soufflet de forge.
- Tu as de l'endurance, de l'équilibre et de bons réflexes, dit Willow. Avec une pratique régulière, tu deviendras un bon combattant.
Nerva accepta le compliment de bon cœur, ravi. Il n'avait pas sué sang et eau pour rien ! Son jeune professeur regagna le palais pendant qu'il reprenait des forces. Finalement il n'était pas aussi méchant qu'il se le figurait. Après tout il l'aidait à se renforcer sans rien réclamer en retour ! Nerva se promit de réviser son jugement sur Willow.
Ce soir-là il dîna avec ses pères autour d''un dîner copieux et bien mérité. Il était heureux de revoir Ezimaël mais la fatigue pesait tellement sur ses épaules qu'il se contenta de dévorer le contenu de son assiette sans participer à la conversation.
- Tu as l'air épuisé, remarqua celui-ci. Tu ne le trouves pas tout pâlichon Zach' ? Tu crois que je devrais convoquer le médecin ? Après ce qui lui est arrivé il couve peut-être quelque chose...
- Je ne suis pas malade, juste fatigué, le rassura Nerva. Willow m'a entraîné toute la journée pour que je sache me défendre avec une dague et que je renforce mon corps. J'ai des cloques sur la main et des courbatures dans tout le corps...
- Willow t'a entraîné ? s'étonna Zacharie.
- Sans répit ! gémit le petit garçon. J'ai mal partout !
Ses pères éclatèrent de rire.
Le séjour paisible envisagé par Nerva se transforma en camp militaire. Willow le réveillait chaque matin à l'aube pour le traîner dans les jardins. L'enfant subissait toutes sortes d'exercices plus éreintants les uns que les autres. Lorsqu'il pensait qu'un peu de repos se profilait enfin à l'horizon, c'est son père qui prenait la relève pour lui enseigner le maniement de la lance à double tête.
Nerva ne se plaignait qu'en son for intérieur : il souffrait pour son bien.
Il endura cet entraînement intensif même une fois de retour au château des gardes. Omphale assistait parfois à leurs séances, souvent dans un coin avec un livre entre les mains. Nerva écopait de bleus, de coupures, d'ampoules et de courbatures atroces sans avoir l'impression de progresser. Pourtant, un beau jour, Willow lança :
- Tu t'améliores.
Ce minuscule compliment, bref mais percutant, donna à Nerva la force de se dépasser. Il se renforçait petit à petit et s'il poursuivait dans cette voie, il deviendrait assez fort pour se défendre seul.
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Chevalier dragon, tome 4 : La guerre d'Amaris
FantasyDepuis la disparition de Lysange, Aymeric n'a qu'une idée en tête : la retrouver. Cela l'amènera à coopérer avec une vieille connaissance afin d'infiltrer le repaire du dragon rouge et sauver sa compagne. Cependant le temps presse et la fin du monde...
