Cette nuit-là, le sommeil mit du temps avant de m'entourer de ses bras chauds et de me transporter dans un souvenir oublié il y a bien longtemps. C'était agréable, comme une douce caresse réconfortante, avant l'horreur de ce qui allait se passer.
J'étais si enfoncée dans les limbes de mon rêve, qu'en me réveillant, le soleil était déjà à son apogée. C'était la première fois que je dormais aussi tard depuis de nombreux mois. Je me suis levée, perdue, j'ai sondé la forêt en croquant ma pomme sur le balcon d'un air absent. Ça fait une éternité que je suis ici, pourtant je continue à mâcher le trognon, les yeux dans le vide. Ce rêve était plus vrai que nature. Romain et Théo s'approchait de moi à pas lents, nimbés d'une lumière éclatante. Autour d'eux, une clairière laissait passer des filons de soleil. Ils étaient différents d'habitude. Leurs sourires étaient remplacés par un rictus provocateur, leurs regards si doux étaient désormais emprunts de défi et leur allure décontractée, remplacée par des tuniques en cuir et des baudrier sanglés autour de leur torse musclé. Mais ce n'était pas ça le plus troublant. Tandis qu'ils avançaient, des ailes se déployaient derrière eux, en éventail. Un éventail de plume sublime.
— Viens avec nous, avaient-ils dit simultanément, s'avançant d'une détermination farouche.
Celles de Romain étaient gigantesques, parsemées de plumes d'un beau marron, cependant elles étaient minuscules comparées à celles de Théo. Les siennes faisaient le double de sa taille, auréolées d'un halo blanc.
Ils étaient magnifiques. Mais... irréels.
Ils ont répété cette phrase plusieurs fois puis on continuer avec « choisis-nous » avant de disparaitre quand mes yeux s'étaient ouverts. J'avais envie de les rejoindre. Même maintenant que des heures se sont écoulées, je veux les retrouver. Je pouvais presque sentir les rayons dorés caresser ma peau.
J'ignore ce qu'ils entendaient par « viens avec nous » et « choisis-nous » mais un frisson parcourt mon dos en y repensant. Qu'est-ce que je ne donnerai pas pour troquer mes griffes pour de belles ailes.
— Ma chérie, tu es déjà revenue du Stage ? s'enquit ma mère en me voyant.
— Non... c'est aujourd'hui ? m'affolé-je
Quelle idiote ! Tout le monde sait que le Stage suit l'Attribution. Moi qui pensais avoir encore du temps pour faire mon choix.
— Oui, tu sais... Oh non, c'est vrai, il l'a ajouté quand tu es partie, hier, hésite-t-elle, contrite. C'est aujourd'hui. Vous avez toute la journée pour trouver votre Stage. Des affiches avec des noms sont accrochées partout sur la Place. Dépêche-toi, tu vas être en retard !
— Maman, je n'ai aucune idée de ce que je veux faire.
— Il va bien falloir, je suis désolée. Les parents des conscrits ne peuvent s'inscrire comme employeurs. Je ne pourrai pas te prendre, désolée.
— Ce n'est pas grave. J'y vais, bisous.
J'enfile ma tunique rouge avec un leggin noir. Les cheveux nattés, je ferme la porte de la maison, pour prendre la direction de la Place. Avec ma veine, tout sera complet. Il ne manquerait plus que ça.
J'ignore la raison pour laquelle je rêve de mon meilleur ami et de... comment définir Théo ? Mon meilleur ennemi ?
Je ne sais même pas si le cadeau qu'il m'a fait hier est une sorte d'excuse implicite ou une valeur ancrée en lui. Nous ne nous sommes même pas réconciliés, du moins pas tacitement. C'est puéril de garder sa fierté et ne pas aller vers l'autre, et c'est ce que j'ai fait. Conclusion : nous sommes tous les deux immatures, mais soyons clairs, surtout moi.
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The Alfe Wars [terminée]
FantasyAprès la mort de Ella Taylor, tuée par les ennemis de son espèce, les Alfes de l'Ombre, un système a été mis en place : le Choix des Élites. Les adolescents âgés de seize à dix-neuf ans sont conscrits à ce service obligatoire. Le but ? Trouver les...
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