— Quoi ? Répété-je d'une voix devenue âpre.
— J'étais son stagiaire. C'était une super opportunité de voir ce qu'il faisait, il me donnait des directive et me déléguait certaines... missions.
Ses cheveux habituellement formés de belles boucles qui lui tombent aux épaules sont trempés de sueur. Il inspire une fois, le regard vissé au sol.
— Parfois, je devait communiquer des lettres officielles mais j'ai une interdiction formelle de lire leur contenu, c'était souvent pour des hommes de l'âge de nos parents ou de leur parents. Sauf que récemment, j'ai du effectuer d'autres missions postales. Je devais placarder ces lettres « officielles » sur le mur devant chez toi sans que tu ne me vois, parce qu'il voulait voir si j'étais un bon transmetteur. Il faisait passer ma discrétion pour une sorte d'entraînement formateur pour plus tard. Je l'ai cru. Je clouais la lettre qui se déliait avec le vent quand je partais. Je pensais que c'était une promotion, parce que tu es très agile et rapide, et comme nos superviseurs échangent avec le maire..., explique-t-il en expirant enfin. Quand tu m'as trouvé... tu avais l'air bouleversé. J'ai cru encore une fois que c'était je ne sais pas... que tu ne voulais pas de cette promotion ? Ça m'a paru bizarre puisque ton but était de parvenir à l'Élite, mais mon rôle d'ami se devait de te réconforter, j'ai essayé, comme j'ai pu, sans parler et en t'empêchant de parler pour ton bien. Je suis désolée, Em, vraiment.
Je le contemple, les larmes aux yeux. Samuel est une des meilleures personnes que je connaisse, on l'oublie souvent avec son caractère volatile, toujours apte à faire des choses stupides, mais au fond de lui, c'est quelqu'un de gentil, de compatissant et qui a beaucoup à offrir aux autres. Je n'aurais jamais dû ne serait-ce qu'imaginer que c'était lui le responsable. Il n'a pas à s'excuser, car dans l'histoire, il est autant victime que moi, même si ce sont pour des raisons différentes. C'est mon ami depuis que je suis toute petite... et pourtant... Je ne lui ai pas fait confiance.
— C'est moi qui m'excuse, Sam, je dis en reniflant. C'était injuste de te coincer comme ça, de te faire du mal, de croire que c'était toi... Je suis vraiment désolée.
Je pleure pour de bon cette fois. Je me jette dans ses bras. Ils se referment sur moi dans une étreinte où plane le pardon, le désarroi, la honte et la colère.
Mais ce n'est pas le plus important. Malgré l'instant magique, je lâche tout haut :
— Pourquoi Olivier souhaite-t-il mon silence ?
— Je n'en ai aucune idée, répond-t-il.
***
Quand on émerge de l'ombre, Lucas part tout droit sans m'attendre. Sans un mot.
Je cours le rattraper, j'évite de nombreuses épaules. Je me faufile entre les ado de couleurs différentes qui ne peuvent pas se parler quand on m'agrippe le bras.
— T'étais passée où ? grince Lucie.
Je m'arrache de sa poigne.
— Je ne vois pas en quoi ça te regarde, à ce que je sache.
— Et moi, je suis sûre que M. Sunders sera ravi d'apprendre que sa chouchoute s'est éclipsée derrière un buisson avec un garçon.
Son sourire s'agrandit alors le mien s'effrite.
— Tu nous as vus ?
— Et comment que je vous ai vus ! Heureusement, je suis la seule, enfin je crois, dit-elle d'une voix chantante. Mais... il se pourrait que je ne le sois plus pour très longtemps.
— Tu n'as qu'à aller lui dire, tu n'es qu'une pourriture.
— Oh oh, mauvaise réponse.
Elle s'éloigne d'un pas traînant vers Théo. Il nous tourne le dos, occupé à parler à une de mes camarades. Si c'est ce qu'elle veut, aucun soucis. Mais je ne pourrait pas lui dire la vérité, ça mettrait la pagaille. Le seul problème, c'est que je n'ai pas d'excuse.
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The Alfe Wars [terminée]
FantasyAprès la mort de Ella Taylor, tuée par les ennemis de son espèce, les Alfes de l'Ombre, un système a été mis en place : le Choix des Élites. Les adolescents âgés de seize à dix-neuf ans sont conscrits à ce service obligatoire. Le but ? Trouver les...
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