Chapitre 20

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Comme convenu, nous sommes retournés au lac le lendemain. Cette fois-ci, Théo a décidé de ne pas nous épargner – même s'il ne nous a pas épargnés non plus la dernière fois.

— Allez, Tristan, tu vas te faire dépasser si tu n'accélères pas.

Aujourd'hui, les Rouge ont été divisés en deux. Chaque groupe est positionné au coin opposé, ayant pour seule limite, le lac. L'objectif est de courir sans abandonner la moindre personne qui aurait des difficultés en endurance et en vitesse, pour dépasser l'autre équipe qui court dans le même sens que nous. Nous nous arrêterons que lorsque l'une des deux aura été dépassée. Autant dire que nous sommes épuisés alors que la séance vient à peine de débuter. Hors de question de perdre.

— Je vais mourir... geint Ambre, une fille de petite taille aux cheveux châtains ondulés.

— Ne m'en parle pas, renchérit une autre, j'ai l'impression d'avoir du granit à la place des mollets. Pourquoi on ne fait quelque chose qui pourrait nous être utile au lieu de courir ? On est fait pour l'escalade, PAS POUR LA COURSE !

Je ris, ce qui m'arrache un poumon au passage. J'ai envie de me saoûler à l'eau.

— Vous ne trouvez pas que cette année est bizarre par rapport aux autres ? D'abord le décès de Rotguerg, puis son remplacement par un jeune hyper beau, et enfin cet horrible entraînement qui va finir par avoir ma peau. Non mais sans rigoler, je vais avoirs des abdos aux orteils !

Nous jacassons tout le long du septième tour, ce qui nous fatigue plus que l'exercice de base. C'est dur d'être une fille parfois : toujours ce besoin de parler.

— Raaaaaaah, gémit un garçon brun. Vous êtes sûrs que ce n'est pas ça la punition ? Parce qu'imaginez ce qu'elle va être si ça, ce n'est qu'un échauffement.

— TAIS-TOI !

Les filles – dont je fais partie – hurlent de désespoir face à cette nouvelle donnée.

— Désolée, mais j'abandonne. Je suis épuisée, lâche Ambre.

— Si vous n'aviez pas parlé, tu aurais encore de l'énergie et du souffle, gronde une voix.

Je trébuche en entendant cette voix tout à fait charmante qui ne met pas inconnue.

Que fait Lucas ici ? Pourquoi Romain ne m'a pas dit qu'il fait aussi parti des Rouges ?

Je repense à la conversation que nous avons eue aux funérailles d'Amélia Rotguerg.

« Romain, ça va ?

C'est... mon frère. »

C'est ton frère qui est dans la même équipe que moi, oui !

Et si Lucas pensait que je l'ai ignoré délibérément depuis le début ?

— Lucas ? On ne m'avait pas dit que ton assignation était la même que...

— Ça te dérange ? me coupe-t-il avec un visage impassible, fouetté par ses cheveux blonds au rythme de ses pas.

— Bien sûr que non, tu le sais bien.

Tu me fais juste peur, c'est tout.

Je peine à parler, que ce soit à cause de sa froideur ou des battements effrénés de mon cœur.

— Non, justement, je ne le sais pas.

Lucas ponctue sa phrase par une accélération qui me laisse pantoise. Il prend la tête du groupe, avec les garçons athlétiques.

Je ne sais pas pourquoi il est comme ça avec tout le monde. Seuls ses parents ont droit à de délicates intentions, des paroles douces et agréables, que Romain mériterait également mais qu'il n'a jamais eues.

The Alfe Wars [terminée]Des histoires addictives. Découvrez maintenant