Chapitre 54

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— Emelyne, viens manger !

Je me lève tant bien que mal pour me rendre dans la cuisine. Ma mère me tend un fruit, tout sourire. Je lui fais un bisous sur la joue avant de m'affaler sur les coussins. Mon père arrive lui aussi dans la pièce. Il embrasse le sommet de ma tête puis ébouriffe la seule partie où il n'y avait pas d'épis.

— Merci Papa.

— Toujours là pour ça. Tu devrais te dépêcher, il est presque midi – tu as dormi super longtemps. Ah et une lettre nous est parvenue ce matin.

Je me redresse, aux aguets.

— Tu l'as ouverte ?

— Bien-sûr ! C'était une Officielle. Tu dois te rendre là-bas à treize heure, pour le dernier débriefing.

J'inspire quand le soulagement déferle dans mes muscles crispés. Pendant un instant, j'ai cru qu'il avait reçu une lettre de menace.

— Oui, tu as raison, je ferai mieux d'y aller, dis-je en avalant d'une traite ma pomme.

En passant devant ma chambre, je m'arrête. Est-ce que je la prends ou pas ?

Ça peut toujours servir.

Je saisis mon baudrier, l'enfile et le cache sous un pull. Je vais mourir de chaud, mais ce n'est pas grave. Le plus important, c'est l'issue de l'Affrontement, et si je dois dégouliner de sueur pour y parvenir, soit.

— J'y vais !

— Bon courage, ma puce, tu vas être éblouissante, souffle ma mère en m'écrasant les joues de ses paumes.

Merchi.

Mon père tapote une nouvelle fois mes cheveux en souriant.

— On ne manquerait tes Affrontements pour rien au monde.

— C'est gentil. A ce soir, et avec un peu de chance, le trophée.

Je ferme la porte derrière moi. Mon pull me tient plus chaud que si j'étais en train de rôtir sur une broche.

Quand j'arrive au Chêne à treize heure, mon équipe n'est pas la seule. Ils distribuent des t-shirts à la couleur de chaque équipe. Je saisi le mien distribué par Théo. Il jauge ma tenue, les sourcils froncés.

— C'est quoi ça ?

— J'ai froid.

— A d'autres, réplique-t-il chuchotant.

Il attrape mon poignet et me tire vers un coin tranquille.

— Tu es malade ?

— Quoi ? Mais non, tout va bien.

— Alors retire ce pull avant que tu ne fasses un malaise.

Je secoue la tête. Mon hésitation le crispe un peu plus. Il plisse les yeux, la mâchoire tendue.

— Retire. Ce. Pull.

Je fais ce qu'il me dit en le fusillant du regard.

— Qu'est-ce que c'est que ça ?

Il effleure une de mes grenades de peinture. Quand il essaye de la saisir, je recule avec un claquement de langue

— N'y touche pas.

— Si tu ne m'explique pas ce que c'est, tu risques d'être déçue.

— C'est un dispositif que j'ai créé pendant le Stage avec mon employeur.

— Concrètement, ça fonctionne comment ?

Il recule, jusqu'à s'adosser au tronc. Il a l'air sceptique.

The Alfe Wars [terminée]Des histoires addictives. Découvrez maintenant