Je fixe le terrain désert, assombri par la nuit. Rien n'est plus triste que de voir se répéter à l'infini la perte d'un être cher. Combien de fois vais-je la voir disparaître ?
— Où sont-elles ? sanglote ma mère.
Je m'approche d'elle pour la soutenir, mais c'est moi qui m'effondre sur elle. Comment peut-on surmonter la disparition des derniers vestiges de ceux que nous aimions au-delà de la raison ?
— On les a enlevées, il n'y pas d'autres explications. Elles ne peuvent pas ne pas éclore. C'est impossible. Dis-moi que c'est impossible.
— Je... je ne sais pas, ma puce.
Le monde se brouille autour de moi. Je n'arrive pas à pleurer. Je le voudrai tant à cet instant. Pouvoir relâcher la pression, la panique, en m'effondrant sur mon lit comme si c'était un mauvais rêve. Pourtant, seuls ma gorge et mon cœur sont victimes de la situation.
— Que se passe-t-il ? Pourquoi tout le monde panique ? s'inquiète Théo en balayant des yeux les endeuillés qui s'effondrent les uns après les autres comme un château de carte.
Je n'ai même pas la force de sourire pour le rassurer. De toute manière, voir Ella ne l'intéressait pas. Alors je le fixe, la bouche tordue par la colère et l'amertume.
— Tu ne vois pas qu'il n'y a aucune fleur ? Qu'elles ont toutes disparu ? Que le cimetière est plongé dans l'obscurité ?
— Emelyne ! me reprend ma mère, stupéfaite.
— Mais Maman, il n'est même pas triste alors que tous nos morts viennent de disparaître ! Si tu ne l'avais pas forcé, il ne serait jamais venu ! Il n'en a rien à faire !
Elle ouvre la bouche pour répliquer mais Théo ne lui en laisse pas le temps.
— Je ne pensais pas que tu réagirais de façon aussi puérile. Je tiens à te rappeler que je n'ai jamais mis les pieds ici avant aujourd'hui, je ne sais pas comment tout cela fonctionne, argue-t-il en se calmant, les dents serrées et la respiration profonde.
— A qui la faute si tu ne lui as jamais rendu hommage ? je rugis.
Des années de rancœur dont je n'avais pas conscience prennent le contrôle de ma colère.
Il ne répond pas, préférant s'en aller après m'avoir observé comme s'il me redécouvrait. C'est un sentiment déstabilisant que je ne préfère jamais revoir sur son visage. Je l'ai déçu ? Et lui, dans ce cas ? Je n'en peux plus de lui trouver des excuses. Comment peut-il ne serait-ce qu'espérer que je ne lui en veuille pas de m'avoir abandonnée pendant tout ce temps ? Il aurait pu me soutenir, j'aurai fait pareil. On aurait pu aller de l'avant.
J'essuie d'un geste rageur mes larmes qui coulent pour de bon cette fois. Je suis horrible de pleurer pour un garçon plutôt que pour disparus.
— Viens on rentre, cette journée est épuisante.
Nous nous figeons. Pour la deuxième fois en dix ans, le gond retentit. A deux jours d'intervalle. On peut sans mal imaginer la raison.
— Je crois qu'il va falloir qu'on se rende ailleurs, tente ma mère.
— Qui a pu les prendre ? Qui a osé faire ça ?
Mes pieds raclent le sol, faisant voleter la poussière dans ce lieux sinistre.
— Ma chérie, ils vont faire une enquête et la personne responsable sera punie en conséquence.
— C'est ça, et si c'étaient les Alfes de l'Ombre les coupables ? Il va faire quoi Olivier ? RIEN ! Parce qu'on ne sait pas d'où ils viennent.
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The Alfe Wars [terminée]
FantasiAprès la mort de Ella Taylor, tuée par les ennemis de son espèce, les Alfes de l'Ombre, un système a été mis en place : le Choix des Élites. Les adolescents âgés de seize à dix-neuf ans sont conscrits à ce service obligatoire. Le but ? Trouver les...
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