La vie est une énigme. On a beau s'imaginer tous les scénarios possibles, on se fait toujours surprendre. Comme si la vie étudiait ce qu'on espérait, pour concocter quelque chose de différent. De douloureux.
Je sais bien que c'est à cause de la réaction imprévisible des gens, de nos sentiments et de notre caractère, que rien ne se passe comme prévu ; mais ça fait du bien de reporter la faute sur quelqu'un. De se dédouaner de toute responsabilité sur la direction que prend sa vie. Que tout cela n'est qu'une succession d'évènement qui échappe à notre contrôle.
On a tous été l'unique témoin de choses insensées, et inversement, des gens ont vécu des choses que nous n'avons jamais vécu. La vérité est un tableau où chacun y jette sa touche de couleur, jusqu'à ce que ça forme une mélasse mélasse incompréhensible. La vérité est illisible. C'est une sacrée toile d'araignée qui emprisonne tous ceux qui ont le malheur de l'approcher. Et je viens de me coincer dedans en beauté.
Personne ne détient la vérité. On détient sa vérité.
J'aimerai qu'on m'explique comment je passe d'une soirée détente et amusante, à... ces révélations. Enfin, si on peut appeler ces réflexions déprimantes des révélations. Car, même si je doute de la santé mentale de Léanna, depuis plusieurs années déjà, là l'heure n'est plus aux doutes avec moi. Mais ça, c'est une autre histoire.
Comme chaque matin, j'ai retrouvé mes parents dans le salon, dans lequel je partage un fruit avec eux en guise de petit déjeuner.
— Tu as des cernes épouvantables, ma puce, dit mon père en me caressant les cheveux.
Allez, ramasse tes dents Em. Une intention gentille et délicate, mon père tout craché ça. Même lui voit que tu n'as pas dormi.
— Merci, papa, rie-je.
— C'est juste que si quelque chose te tracasse, n'hésite pas à nous en parler.
Je lui souris d'un air que j'espère convaincant.
— Je vais bien, ne t'en fais pas.
C'est vrai, après tout. C'est juste que je suis perdue avec tout ce qu'il se passe. J'aimerai tant retrouver mon insouciance, et le reste qui s'est fait malle. Mon cerveau n'est pas une carte au trésor. Il ne suffit pas de la tourner dans tous les sens pour parvenir à atteindre l'objectif.
Je m'assois sur un tabouret en lustrant ma tunique. Devrais-je leur en parler ?
Quelqu'un frappe à la porte. Deux petits coups légers qui n'empêchent pas des frissons de dévaler mon dos. Et si c'était Léanna ? Pire, Hanfield ?
Ou encore Olivier?
— Tu vas ouvrir ? me demande ma mère, emmitouflée dans une couverture en peau à l'air confortable.
Je n'ai jamais vu personne plus frileux qu'elle. D'ailleurs, ça ne serait pas ma couverture ?
note pour plus tard : la lui voler discrètement, et m'enrouler dedans comme une crêpe.
— Je... oui, couiné-je.
Je me lève avec la lenteur d'un escargot sous sédatif. Les pieds traînants, je me dirige cahin-caha vers la porte en bois. Pourquoi je ne peux pas voir à travers les murs ? J'ai des ongles qui peuvent strier un tronc, mais pas d'yeux infrarouge ? La vie est injuste !
D'un coup sec, j'ouvre le seul rempart qui me protège de la personne qui va à coup sûr vouloir me rendre des comptes.
— Bonjour, dit... un inconnu d'un certain âge ?
Etape n°1 : réussie avec succès. Aucune attaque surprise, ni de fous furieux à l'horizon.
Repos soldat.
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The Alfe Wars [terminée]
FantasyAprès la mort de Ella Taylor, tuée par les ennemis de son espèce, les Alfes de l'Ombre, un système a été mis en place : le Choix des Élites. Les adolescents âgés de seize à dix-neuf ans sont conscrits à ce service obligatoire. Le but ? Trouver les...
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