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C H A P I T R E
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UN PORTRAIT RESSEMBLANT
-Rose-
L'italien se tient droit dans son costume, il avance vers nous, une coupe encore pleine à la main. Ses yeux brillent autant que les bulles de champagne, et un sentiment de malaise m'envahit.
Il entame avec une voix particulièrement posée :
— Madame Anderson. Il incline la tête en signe de respect. Monsieur Palmer.
— Venturini. Je réponds sans ce cinéma inutile.
— Avez-vous pu vous reposer ?
— Oui.
— Excellent. C'est impressionnant n'est-ce pas ? Tout ce bruit, tous ces gens.
Il désigne avec un geste les convives qui se revigorent au buffet.
— Effectivement.
— Mais je vous rassure : ils ne restent pas tous ici pour dormir. Je ne pourrai jamais en loger autant.
— Où vont-ils dans ce cas ? Je m'enquiers.
— Nous avons privatisé un bon nombre d'hôtels tout près d'ici. C'est l'avantage d'avoir des relations. Appuie-t-il avec un clin d'œil.
Je sens Aron se tendre au fur et à mesure que la présence de Venturini s'étend. Dans ma vision périphérique, je le vois même pencher la tête sur le côté comme il le fait à chaque fois qu'il veut déterminer quelque chose. Sauf qu'il semblerait qu'il étudie la meilleure manière de le faire taire pour de bon.
— Donc vous leur offrez de quoi se restaurer ?
— Naturellement. Après avoir travaillé toute la journée, je leur dois bien l'hospitalité.
Je hoche la tête pour marquer mon approbation quand il se penche vers moi pour chuchoter discrètement :
— Et il faut bien le reconnaître, ça aide à créer un esprit d'équipe.
Je regarde autour de moi, et tout le monde parle à tout le monde sans distinction de genre ou de nationalité.
On dirait bien que ce fragment de convivialité aide à gommer les intérêts particuliers et les différences de chacun.
— Il faut croire. Constaté-je.
L'italien me fixe étrangement, il bloque sur mes bras et mes épaules. Il n'a jamais eu ce genre de regard insistant avant. Je n'arrive pas à comprendre ce qui passe dans sa tête, ce qu'il pense, ce que je lui rappelle. Parce qu'à en juger par son absence, se rejoue clairement une scène devant ses yeux. Pourtant, il reste pleinement impassible, rien ne se dessine sur ses traits ou dans son expression.
— Ce sera tout ? Demande Aron d'un ton cassant dont il a le secret.
Venturini scille, et porte le regard sur son interlocuteur.
— Non. Je voulais vous informer personnellement que nous allions passer à table et que, donc, vous étiez invités à vous rendre dans la salle à manger.
— D'accord. On vous remercie. Tenté-je pour desserrer le nœud coulant est passé autour de mon cou tant la tension entre ces deux-là est forte.
Venturini s'incline légèrement et commence à se retirer. Le dos de l'homme nous apparaît et je m'autorise à, enfin, adopter une posture plus agréable. Cependant, sans crier gare, il fait volte-face et me glisse suffisamment bas pour qu'on soit les seuls à l'entendre :
— Votre veste, Madame Anderson, vous va très bien.
Puis il disparaît sans attendre son reste.
Il y avait tellement de sous-entendus dans sa remarque que j'ignore comment la recevoir.
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DÉSERTEURS
RomanceAu sein des réseaux criminels, un nom détonnait : Rose Anderson. N'importe quelle personne vivant dans ce côté du monde connaît ce nom là. Vol, escroquerie, mensonge, manipulation, tout ce que renferme l'humanité de plus sombre, est son terrain de j...
