Chapitre 82 - Italie

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C H A P I T R E
82

ITALIE































































-Rose-














Ça fait longtemps, déjà, que le vrombissement régulier de la voiture m'a bercé. Mes yeux sont clos et mon cerveau fait des aller-retours entre l'assoupissement et l'éveil. Impossible pour moi de totalement sombrer dans le sommeil.

Depuis combien de jours n'ai-je pas dormi ?

Trop pour que je puisse tenir le compte.


Enfin, sans compter la nuit d'hier.


Qui aurait cru que ce soit dans ses bras que je trouverais enfin le repos ? Je ne sais pas à quoi joue le sort mais il a un certain sens de l'ironie.

Voilà ce qui passe et repasse dans ma tête tandis que je suis assise aux côtés d'Aron, d'Arthur et d'Eden, en direction de l'Italie. C'est Aron qui est au volant tandis qu'Eden a pris la place du passager. Arthur s'est assis sur la banquette arrière derrière elle et j'ai pris la place opposée.

Au début, je voyais les coups d'œil curieux que mon colocataire d'hier soir me jetait dans le rétroviseur intérieur. Il essayait de me détailler du mieux qu'il pouvait. Mais j'ai vite abandonné l'idée de les lui rendre quand mon crâne a rencontré la vitre du véhicule, mes yeux se sont fermés d'eux-mêmes.

Ce n'est peut-être pas plus mal, je ne suis pas sûre de vouloir être témoin de ce trajet.

Il ressemble un peu trop au dernier repas d'un condamné à mort.

Il n'y a que lorsque je sens que nous quittons les autoroutes internationales que j'ouvre une paupière. Les virages et les irrégularités de la route signalent que la douane est proche. Et par la même occasion, l'Italie.

Je n'arrive pas à croire que j'y remette un pied après tout ce temps...

Quelques kilomètres plus tard nous rencontrons la police à la frontière qui jette un coup d'œil désintéressé à l'intérieur de l'habitacle et nous fait signe de passer.

Je laisse le flot d'émotions entremêlées m'emporter avec lui, au moins pour quelques instants. Je m'autorise à n'être plus rien d'autre que ce que je ressens.

De toute manière, il vaut mieux que j'expie tout ça maintenant pour pouvoir me concentrer sur la suite, et rien que sur ça.

A ma grande surprise, la colère et la peur sont les premières à s'effacer pour laisser place à la longue lame létale de la nostalgie et la sensation d'être de retour à un endroit auquel j'appartiens.

Ici, la lumière est douce comme nulle part ailleurs, le soleil caresse la terre avec une tendresse insoupçonnée. Je me prends à ouvrir la fenêtre et à laisser l'air chaud souffler dans mes cheveux. Les embruns de ce pays envahissent directement l'habitacle et j'en profite pour humer toutes les nuances qui me ramène plusieurs années en arrière.

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