Chapitre 21 : Amis ?

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Au moment où le réveil sonne, j'ai l'impression de me recevoir un gros coup de massue sur la tête. Un rayon de lumière filtre à travers les rideaux de la chambre et, tandis que mes yeux s'ajustent à la luminosité, je prends conscience de la dure journée qui m'attend.

Maia tend un bras pour donner un coup sec sur le bouton du réveil - mettant fin à ce satané bruit.

- B'jour.

Je lui réponds par un sourire et reste étendue dans mon lit, trop assommée pour faire le moindre mouvement.

Tout à coup, quelqu'un frappe à la porte. Maia et moi nous jetons un regard confus. Nous n'attendons la visite de personne, enfin je crois. Une chose est sûre, aucune de nous deux n'a envie de se lever, et encore moins d'ouvrir la porte à une heure pareille. Si ça se trouve, c'est juste une blague de mauvais goût.

- Va ouvrir, s'il te plaît, me supplie Maia d'une voix ensommeillée.

Je pousse un grognement et fais mine de me rendormir. Elle soupire puis s'étire paresseusement avant de se redresser.

- Je te déteste, grince-t-elle en me lançant son oreiller.

Je l'esquive à temps et plonge sous les draps pour réprimer un rire. Je l'entends vaguement marmonner, puis ouvrir la porte.

- Salut. Abby est là ?

Je tressaille en entendant cette voix qui m'est atrocement familière. D'un coup, je rejette les couvertures et saute du lit. Pitié ! Mes jambes deviennent aussi molles que du coton au fur et à mesure que je m'approche.

Il est là, appuyé contre l'encolure de la porte, les mains enfoncées dans les poches de son jean noir.

Un instant, je reste figée, surprise de le voir ici, puis feins un sourire. Il parcourt mon corps de ses yeux avant de les plonger dans les miens. Je détourne rapidement la tête et me racle la gorge.

- Salut, dis-je d'un ton impassible.

- Joli pyjama, dit-il en désignant mon pantalon troué et mon haut dix fois trop grand.

Pas très séduisant.

- Bon, je vous laisse tous les deux, lâche soudain Maia avec un regard lourd de sens.

Sa façon d'observer Jared me confirme qu'elle n'a pas confiance en lui. M'adressant un dernier sourire, elle attrape sa trousse de maquillage et sort de la chambre. En nous laissant seuls. Génial. Au lieu de m'aider à me sortir de là, elle me laisse carrément tomber. Quelle solidarité !

- Donc... je peux savoir ce que tu fais ici ?

- Prépare-toi, je t'emmène, m'annonce-t-il.

C'est une affirmation, pas une question.

- Hein ? Où ça ?

Il me contemple pensivement avant de répondre.

- Chaque chose en son temps. Je t'attends dans le couloir.

Je me mords la lèvre pour me retenir de rire.

- J'ai cours, je te signale.

Il hausse les épaules.

- Sèche.

Il se paye ma tête ou quoi ? Moi, sécher ?

- Quoi ? Non, je...

- Allez ! insiste-t-il en me faisant les yeux doux. Juste la matinée. Tu verras, ça te fera du bien de sortir quelques heures du campus.

À corps perduOù les histoires vivent. Découvrez maintenant