Les jours passent et se ressemblent tous, après une nouvelle visite de la part de mon avocat, je sais désormais que mon procès se déroule le cinq Janvier et qu’il durera deux jours. Il m’a aussi prévenue qu’il y aura une psychologue qui viendra pour me parler, sa défense est de plaider la folie mais je n’y crois pas trop.
Ce psy sera présent pour l’audience, avec son témoignage il y aura celui du médecin légiste, de la police qui a procédé à mon arrestation et mon interrogatoire, le service de protection de l’enfance, quelques voisins et bien entendu, ma mère.
Je ne sais pas du tout qui parlera en premier ni même pour dire quoi, naturellement, le médecin légiste parlera des nombreux coups que j’ai portée à Etienne, mais étant donné qu’il a aussi constater les coups que j’ai reçu, je ne sais pas du tout ce qu’il pourra dire.
Pour les autres, je sais qu’ils ne parleront que des faits et des constatations qu’ils ont pu faire au cours de l’enquête.
L’idée de voir une psy ne me plait pas des masses, je n’ai pas envie de voir une inconnue et devoir lui déballer ma vie de A à Z pour qu’au final, elle raconte que j’ai toute ma tête et que j’ai agis sous le coup de la colère et pour l’unique but de protéger ma sœur. En sachant qu’en plus, ce sera la parole de ma mère contre la mienne.
Et qui croira une meurtrière qui a avouer de son plein gré son crime ?
Ma mère… j’hésites beaucoup à lui écrire, enfin, principalement à écrire à ma sœur, même si je sais qu’elle lira cette lettre. De toute façon, qu’est-ce que je pourrais dire ? Que je suis désolée ? Même pas en rêve, je pourrais tuer Etienne un nombre incalculable de fois pour être sûre qu’il ne touchera jamais à ma petite sœur.
Je secoues doucement ma tête avant de me lever du lit de Jacob afin de les rejoindre dehors. Parce que, aussi surprenant que cela puisse être, Jacob, Casey et moi-même dormons dans la même chambre depuis quelques jours.
Après l’altercation avec l’une des filles qui partageait ma chambre, beaucoup d’autres ont suivis, parfois pour des raisons totalement absurde, mais elle voulait faire montrer qu’elle pouvait me battre quand elle le souhaitait, sans jamais y parvenir.
La dernière altercation que nous avons eu, est juste parce que son regard à croisé le mien, voulant à tout prix faire partie d’un gang, je penses que certains membres présents entre ses murs lui ont dit qu’elle aurait sa place, si elle me mettait à terre.
Depuis le mois de novembre, soit depuis un mois et demi, je suis partie en isolement à peu près trois semaines, toujours couper par des moments où elle me cherchait des poux.
Etant donné qu’il n’y a qu’en la présence des garçons que je suis relativement calme, l’administration disciplinaire à préférer, même si ça ce fait jamais de base, de me faire partager la même chambre qu’eux.
Depuis ce jours, notre amitié n’a jamais été aussi forte entre les garçons et moi, ils sont mes piliers et je suis, en quelques sortes, leurs petite sœur surtout quand, en plein milieu de la nuit, je leurs ai raconter mon histoire et pourquoi j’ai tué mon beau-père.
Dans un premier temps, ils ont été fiers de mon acte, surtout lorsqu’on sait que j’aurais pu y passer si le couteau n’était pas tomber non loin de moi. Puis, la révolte a pris place, faisant même intervenir quelques gardiens, leurs demandant de ce calmer. Ils en revenaient pas que ma mère soit capable de témoigner contre moi et raconter que je violente ma propre famille.
Quand je penses qu’ils sortiront dans quelques jours, je me demandes comment ce passera la suite, en mieux ? Ou en pire ? J’ai une vague réponse à cette question ! Mais étant donné que mon procès se passera un peu plus d’une semaine plus tard, je vais essayer de me tenir à carreaux.
La période en isolement, du moins la première a été assez difficile à vivre. Déjà d’un point de vue physique, me retrouvant entièrement seule, mais aussi d’un point de vue psychologique.
Je me suis trouvée dans une petite pièce avec une simple bouche d’évacuation au centre de la pièce, une caméra présente dans un des coins du plafond et rien d’autre. Une plaque de fer accrochée au mur en guise de lit, il y a également un bac d'eau clair en guise de lavabo et un trou juste en dessous de la caméra en guise de toilette. Intérieurement, je me dis qu'il est hors de question que je fasses mes besoin dans ce truc.
Du moins, c’est ce que je me disais les toutes premières heures, jusqu’au moment où j’ai failli me faire dessus.
Pour les repas, nous ne partons pas avec les autres dans le réfectoire, au contraire, nous avons une trappe qui fait passer notre plateau-repas, les couverts étant un luxe, nous devons manger avec les doigts, nous laissant tout de même une petite serviette pour nous essuyer les mains.
J’ai vraiment l’impression d’être un chien mis en cage.
C’est à ce moment-là que j’ai remercié intérieurement Casey pour m’avoir enseigner le yoga, pour le coup, ça m’est bien utile. Après mettre mise en position du lotus, je places le dos de mes mains sur mes genoux et ferme mes yeux.
En contrôlant ma respiration, je m’imagines ailleurs, loin de ses murs. La première fois, j’ai pensée à être sur une plage de sable fin, je pouvais sentir l’air iodé emplir mes narines et le vent provenant de la mer secouer mes cheveux. Une vraie bouffée d’air frais.
Pour le cas actuel, je me suis imaginer en pleine montagne, loin des pistes de skies peuplés de monde, je pensais me retrouver au sommet de l’Himalaya, regardant la vue à travers les nuages, avec les températures glaciales qui commençaient à ankyloser le bout de mes doigts.
Je finis par retrouver les garçons dans la cour, sur un ring improviser en retrait, après plusieurs mois de leurs parts, à guetter les gardiens prostrés dans les miradors, ils ont trouvé un petit espace qui échappe à leurs vigilance, comme un angle mort. C’est précisément ici qu’ils ont créé une sorte de ring, c’est là où les membres de gangs règlent leurs problèmes, du moins, quand ils sont assez intelligent pour pas le faire à la vue de tous.
Quand je penses que les garçons seront probablement libérés dans moins d’une semaine, ça me fout les jetons, je ne sais pas si notre amitié se terminera une fois les grilles passées ou si au contraire, nous continuerons d’avoir cette complicité coute que coute.
Plus d’une fois ils ont tenté de me rassurer en me disant qu’ils connaissent l’adresse ainsi que mon matricule, qu’il y a aucun problème et qu’ils m’enverront des lettres aussi souvent que possible, mais une partie de mon cerveau, sûrement la plus pessimiste, me dit que ce ne sont que des paroles en l’air, et qu’ils m’abandonneront, comme Travis a pu le faire.
Je ne suis pas restée plus de cinq minutes à apprécier la fraicheur de cette veille de Noël qu’un gardien arrive en m’appelant par mon nom de famille, après m’être arrêter devant lui, sans piper mot, il me tend une lettre avant de tourner les talons. C’est lorsque mon regard repère l’adresse que j’ai l’impression que mon monde vient de se stopper, une lettre d’Elise.
Après un signe de main en direction des garçons, je repars dans notre cellule avant de me coucher sur mon lit de fortune, c’est avec les mains tremblantes que je finis par ouvrir l’enveloppe. Je déplies lentement la lettre de peur de la déchirer avec un geste brusque.
L’écriture à peu près soigner de ma petite sœur me tire les larmes aux yeux, depuis mon arrivé entre ces murs, c’est la première que je reçois.
Tasia,
C’est la huitième lettre que je t’écris, mais la première que maman ne voit pas, je penses qu’elle a dû jeter les autres. La première fois que j’ai voulues t’écrire, maman était très en colère, elle ne m’a pas taper, mais à un moment, j’ai cru qu’elle allait le faire.
C’est grâce à la vieille madame aux chats que j’ai envoyé la lettre ? Tu t’en souviens ? Elle portait toujours un tricot rose et avait pleins de poils de chats partout !
Tu me manques grande-sœur, depuis que tu n’es plus là, c’est plus pareil à la maison, maman a remplacer Etienne, elle reste sur le canapé toute la journée et moi je n’ai plus personne avec qui parler ou qui m’aide pour mes devoirs. Il y a que la vieille dame qui veut bien, parfois je vais chez elle, surtout quand mon ventre fait des gros bruits comme toi avant, ceux qui nous faisait rire toutes les deux.
Il y a quelques jours, j’ai entendues maman parler au téléphone, je ne sais pas avec qui ni même pourquoi, mais elle parlait de partir, au départ, j’ai pensé qu’on irait en vacances pour nous reposer et qu’on reviendrait, mais quand elle a dit qu’il faut penser à mon inscription dans ma nouvelle école, j’ai compris qu’on reviendrait pas.
Mais si c’est comme ça, comment je vais faire pour te parler ? Pour te voir ? C’est dur sans toi Tasia, toute la journée je suis toute seule dans ma chambre, à regarder par la fenêtre en attendant que tu rentres en courant, comme quand il pleut et que tu dois aller travailler.
Je m’endors difficilement, le silence à remplacer nos moments à deux lorsque tu me racontais des histoires où j’étais la princesse ou la guerrière, celle qui sauvait tous les malheureux. Mais on sait très bien que la guerrière c’est toi, c’est grâce à toi qu’il ne pourra plus jamais faire de mal à personne.
J’écris la lettre en faisant croire à maman que je fais mes devoirs, juste après, je l’a glisserais dans mon sac et la donnerait à la dame au chat avant d’aller à l’école. Je fais attention dehors, ne trainant pas dans les rues comme tu me l’as appris.
Pour occuper mes journées je ne fais que travailler et lire des livres, mes notes sont toujours aussi haute, j’espère que tu seras fière de moi autant que je le suis pour toi. Tu es mon héroïne, et je t’aimes de tout mon cœur.
Ta petite sœur Elise.
PS : Tu trouveras dans la lettre, une photo de papa, je l’ai photocopier pour l’avoir moi aussi. Je sais que tu y tiens comme à la prunelle de tes yeux.
A l’aide de ma manche, j’essuis mes joues et mes yeux baignés de larmes. Après avoir replier soigneusement la lettre, je sors finalement la photo qui montre mon père en uniforme militaire, ma petite sœur et moi. Bien qu’on l’ignorait tous, ce fut la dernière fois que je le voyais.
Après avoir embrassé la photographie, je la glisse dans son enveloppe et la place sous mon oreiller, à l’abris des regards. Après avoir rincer mon visage à l’eau clair, je me diriges vers la salle des visites, là où se trouve mon avocat pour un de nos rendez-vous en vue du procès.
Je le laisse préparer ma défense, chercher des arguments pouvant légitimer mon acte, plaidant la folie, la maltraitance psychologique, la violence subit depuis qu’il est arrivé dans nos vies ainsi que la disparition de mon père qui était une figure paternelle forte.
Mais je n’y met aucune volonté, je sais très bien que je finirais en prison, peu importe l’énergie avec laquelle il défend son client.
Le repas du réveillon se passe comme n’importe quel jours, un plateau avec notre nourriture habituelle, une bouillie immangeable, il n’y a aucun effort pour ce jours particulier, comme si, avec nos conditions de vies, nous ne pouvons pas célébrer une fête normalement.
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Trente ans ferme
RomanceAnastasia a quinze ans lorsque sa vie se met à voler en éclat, une famille complètement brisé entre un beau-père violent, une mère prostituée et une petite sœur qui reflète la seule part d'innocence de la famille. Mais lorsque celle-ci est en danger...
