À la Allison Academy, un établissement scolaire de North Miami Beach où se mêlent les cultures des quatre coins du monde, Reino se prépare à vivre sa dernière année comme toutes les précédentes.
Mais ça, c'était sans compter l'arrivée d'un nouveau d...
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Je reposte à cause de plusieurs incohérences dans le récit que j'ai vues à la relecture 😭
Mes parents savent que j'aime les garçons.
Mes parents ne savent pas que Haru est mon copain.
Enfin, ils ne le savaient pas, avant ce matin.
Car il est assez difficile de nier de but en blanc qu'il n'y a rien, quand votre propre mère ouvre la porte de votre chambre pour tomber sur vous, son fils unique, endormi dans les bras de son camarade de classe.
Haru a pris le petit-déjeuner avec nous, mais j'ai bien vu que malgré son air qui se voulait toujours aussi léger, il avait envie de disparaître sous terre. On s'est à peine regardé dans les yeux depuis le réveil. Mes parents s'échangeaient des regards que je ne pouvais décrypter, mais qui ressemblaient étrangement à comment j'imaginerais une discussion par télépathie.
Moi aussi, je souhaitais disparaître.
La sensation, je ne pouvais cacher qu'elle m'oppressait particulièrement. Je me souvenais encore du jour où j'étais enfin sorti du placard, j'avais treize ans.
Je n'ai jamais su comment j'avais rassemblé mon courage pour leur en faire part. Le jour de mon coming-out, j'avais prié qu'ils soient aussi ouverts d'esprit que ce que je pensais.
Et j'avais raison. Après tout, ils avaient décidé de s'ouvrir au monde en emménageant ici. Ce qui m'avait étonné dans leur réaction, cinq ans plus tôt, ce n'était pas tant le calme et la contenance avec lesquelles ils ont accueilli ma confession.
C'était l'impression qu'au fond, ils le savaient déjà.
Ce calme et cette contenance sont toujours là, pendant que Haru et moi communiquons avec nos bols de porridge. Néanmoins, je perçois une ébauche plus lourde dans leur attitude, une sorte de voile plein de non-dits qui rôde autour de la table.
Les discussions sont là pour éviter qu'on ne se sente épiés – échec cuisant –, mais elles interviennent plus comme un bruit de fond. Nos pensées semblent bien plus bruyantes. Lorsque nous finissons de débarrasser, Haru m'aide à ranger la vaisselle dans les placards. Ma mère apparaît quelques minutes après.
— Rei, je te laisse raccompagner Haru à la sortie ?
Cela sonne comme ma sentence.
Mon estomac se retourne à l'idée qu'elle n'approuve pas ma relation avec Haru.
J'hoche doucement la tête et après qu'il a récupéré ses affaires dans ma chambre, je reste avec lui jusqu'à la porte d'entrée. Il se retourne vers moi. Bizarrement, je ne vois pas le même souci dans ses yeux, mais plus un embarras que je jugerais totalement compréhensible.