À la Allison Academy, un établissement scolaire de North Miami Beach où se mêlent les cultures des quatre coins du monde, Reino se prépare à vivre sa dernière année comme toutes les précédentes.
Mais ça, c'était sans compter l'arrivée d'un nouveau d...
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J'aurais dû m'en douter.
Ma simple maisonnée n'aurait pas suffi à contenir la moitié du bahut. La grande villa de Blanca, par contre, fait l'affaire.
Après m'avoir porté comme un sac à patate sur une distance difficile à estimer avec mes yeux bandés, je sens qu'on me repose sur une surface plane. J'ai abandonné l'idée de me débattre au bout de sûrement vingt secondes de lutte acharnée. Moi ? Blasé de la vie ? Mais naaaah.
Finalement, je sens des mains remonter derrière mon crâne et lentement me retirer mon bandeau.
Et c'est planté comme un piquet sur une estrade installée dans la cour arrière de la famille Álvarez, face à plusieurs dizaines de visages m'observant dans l'attente de ma prochaine parole, que je prends pleinement conscience de l'amplitude de la chose.
Si ça n'avait pas été mes amis, j'aurais sûrement pris mes jambes à mon cou pour m'extraire de cette attention.
Je reconnais les classes voisines, et même quelques anciens élèves que j'ai connus et qui sont maintenant à la fac. Je suis persuadé que la musique a été mise en sourdine pour mon arrivée, mais à en juger les tables de petits fours déjà bien entamés et les igloos de punch, la fête n'a pas commencé il y a juste cinq minutes.
Derrière les grands arbres de sa propriété, j'aperçois le soleil se coucher. L'herbe devient orange, les guirlandes prennent la relève. J'aime cette ambiance.
Blanca émerge de la masse avec un sourire encore plus diabolique que d'accoutumée. Elle se poste face à moi, et me tend un micro.
Elle ne fait donc jamais rien dans la simplicité ?
Beaucoup confondent ma nature silencieuse et observatrice avec une peur panique de la foule et des gens. Et il est vrai qu'au fond, je tends plus vers l'introversion.
Il n'empêche que j'ai grandi avec eux, ceux qui se tiennent ici, devant moi. Je me rends compte d'à quel point ils sont nombreux, à être entrés et parfois sortis de ma vie.
Je me rends compte que j'ai été entouré. Que j'ai vécu.
Que je grandis.
Si je m'étais retrouvé face à un troupeau d'inconnus, je me serais totalement fait dans mon froc.
Et pourtant, je sens à peine mon sourire – un peu gêné certes, mais aussi heureux –, quand je porte le micro à mon visage qui doit être en feu.
— Ah bah c'est cool, hein ? Merci pour tout ça les amis !
Bateau ? J'avoue. J'aurais aimé leur dire qu'ils sont un morceau de mon infini. Que mon éternité a pris place à chaque empreinte qu'ils ont laissé dans ma vie.