Chapitre 78

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Quarante-huit heures.

Quarante-huit heures se sont écoulées depuis mon dernier appel avec Matthew. Depuis cet ultimatum.

Quarante-huit heures que j'ai passées seul, dans mon coin de la classe, dans mon coin à midi, dans mon coin dans ma chambre. Ils ne m'ont pas retiré des groupes de discussion, alors je continue de voir défiler les notifications de Ioane, Blanca et Jade principalement. Ioane est venu me parler sur ma messagerie privée, pour me demander pourquoi je faisais soudainement bande à part. Il a aussi essayé de m'intercepter à l'école, mais pour le coup j'étais celui qui l'évitais. Je crois que personne n'a ébruité les altercations que j'ai eues avec tout le monde. Ni Haru. Ni Matthew. Ni Blanca et Faisal.

Vendredi après-midi, quand je marche jusqu'à mon vélo pour rentrer chez moi, mon casque sur les oreilles, j'ai une étrange sensation dans la nuque.

Par réflexe, je fais volteface, et mon cœur se comprime.

Haru se tient au niveau du portail, il me regarde. Le visage qui n'a exprimé qu'impassibilité et apathie m'observe maintenant avec un autre éventail d'expressions. Quelque chose de moins figé. De la confusion. De l'incompréhension.

Le week-end se déclare et nous ne nous sommes pas parlé depuis mardi soir.

Blanca passe à ses côtés, je vois ses lèvres articuler une série de mots, et le haussement de ses sourcils trahit la formulation d'une question. Haru bat des paupières, il prend une seconde avant de finalement se détourner de moi, et plonger les yeux dans le carnet de notes qu'elle brandit. Encore quelques instants après, Jade et Faisal les rejoignent, discutant comme à leur habitude. Puis Ioane débarque en faisant une révérence à notre professeur qui leur passe devant.

Vient ensuite Matthew.

Matthew qui est revenu hier, prétextant un mauvais rhume. Je ne savais pas que les rhumes vous laissaient le cœur en morceaux.

J'ai sûrement un mauvais rhume, moi aussi.

Je me rends compte que je ne les avais jamais vus d'aussi loin.

Mes mouvements me paraissent plus flous, je me détourne et fauche mon vélo. J'ai passé les derniers jours comme le passager fantôme de la vie d'un autre.

— Rei !

Non.

La voix de Haru. Cette voix, elle a encore le pouvoir d'anéantir toutes mes défenses. Je l'entends comme si elle avait cessé d'exister pendant des siècles, comme si elle provenait d'une vie antérieure, d'une existence où nous nous serions rencontrés là où mon cerveau ne s'évertue pas à tout démolir.

Je fais mine de ne pas l'entendre, même quand Blanca mêle finalement son cri au sien. Les autres ne disent rien car je sais qu'ils ne comprennent pas. Sans oser affronter leur regard, je les imagine plantés là, incrédules, pendant que je disparais peu à peu de leur quotidien.

Oops, my badOù les histoires vivent. Découvrez maintenant