À la Allison Academy, un établissement scolaire de North Miami Beach où se mêlent les cultures des quatre coins du monde, Reino se prépare à vivre sa dernière année comme toutes les précédentes.
Mais ça, c'était sans compter l'arrivée d'un nouveau d...
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Ma peau sent le soleil.
C'est le genre de phrase qui sonne aussi abstrait que factuel. Tous ceux qui ont connu la mer en saisissent l'essence même. Ma peau est chaude et sent le soleil, même après ma douche, même une fois dans de nouveaux vêtements qui n'ont pas connu les plages de Californie.
Nous avons passé l'après-midi face à l'océan de Venice Beach. J'aurais aimé donner à l'écume un peu des secrets que les gens s'évertuent à me confier. Peut-être qu'en les chuchotant, ils se graveront entre le corail et le sel. Ainsi, je ne les porterai plus dans ma caboche à moi.
— Il est célibataire, ce Gavin ?
— Je sais que tu déconnes, mais sinon : j'en ai aucune idée.
Le visage de Blanca, de l'autre côté de l'écran, s'évente avec exagération. Faisal et Jade aussi, sont avachis sur leur parquet en se lamentant sur la chaleur qu'il fait. Ce matin la température m'avait paru agressive, je n'osais pas imaginer à Miami, où le climat est encore moins clément. Ioane n'a pas le même problème, la tête tournée religieusement face à son climatiseur.
— Ce Spring Break ressemble déjà à un Lava Break, s'insurge Jade en s'étendant finalement ventre à terre, noyée dans ses nattes brunes. Je transpire !
Haru passe dans le salon et me voit, vautré sur le canapé avec mon portable dans la main. Il entend les jérémiades familières de Blanca et se rapproche.
— Tu me préviens même pas que les potes sont là ?
— Tu prenais ta douche quand ils ont appelé, je lui rétorque.
Il enjambe habillement le dossier du canapé et par réflexe, je redresse mon buste pour qu'il se place à mes côtés, ma tête sur ses genoux. Il fait un signe de la main à tout le monde, ils réciproquent. Je lui passe mon portable pour qu'il ait un angle de vue plus large. Faisal lui dit qu'il a bronzé. Comment il bronze aussi facilement ?
— On sort ou on mange à la maison, ce soir ? lui demandé-je en levant les yeux.
Il hausse les épaules.
— Ils annoncent de l'orage, on devrait éviter de sortir au moins cette fois.
Les piaillements râleurs de Blanca se changent en gloussements :
— Regardez-les, un vrai couple de vieux mariés.
Blanca m'imite, j'entends un : « On mange quoi ce soir, mon amouuuuur ! » suintant de niaiserie et je regarde Haru comme si un œil de cyclope lui avait poussé au milieu du front.
— Matt n'est pas là ? leur demande-t-il.
J'avoue que même si je l'avais remarqué, je n'ai pas forcément cherché à savoir le pourquoi du comment.