À la Allison Academy, un établissement scolaire de North Miami Beach où se mêlent les cultures des quatre coins du monde, Reino se prépare à vivre sa dernière année comme toutes les précédentes.
Mais ça, c'était sans compter l'arrivée d'un nouveau d...
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Nous prenons le petit-déjeuner tous ensemble, le lendemain matin.
— OK, il va m'entendre.
Matthew nous tient compagnie en facetime, le nez dans son bol de céréales. Il a fait un tour de table virtuel pour saluer tout le monde et leur souhaiter un « bon appétit » jovial. De retour dans mes mains, je pose le portable en équilibre contre la gourde de Hyerin.
Haru intervient.
— Tu t'énerves parce qu'on a parlé juste trente secondes de ton nouveau record d'apnée ?
— Oh ! Cet idiot de Gavin a passé toute l'année à me charrier sous prétexte que je battrai jamais son record, et voilà qu'il fait comme si c'était pas le truc le plus cool de l'univers ?
— C'est ringard, t'as juste barboté à cinq centimètres sous la surface de l'eau, le nargue Hyerin.
— Je t'ai pas sonnée, Rin.
Elle roule des yeux en s'éloignant de l'écran. Elle passe devant nous pour attraper le plat de bacon que Haru a tenté de s'accaparer.
— En attendant, entre L.A. et Miami, t'as eu toutes les occasions de devenir un surfeur aguerri, toi aussi. Mais monsieur à l'équilibre d'un Mikado !
— Merci de l'avoir prise avec vous, d'ailleurs, fait Matthew sans relever son affront. J'aurais pas survécu dans la même ville qu'elle.
— Arrêtez de vous chamailler, tous les deux, les reprend Jiheul.
— On voit la complicité que vous avez tous, c'est attendrissant, souligne pourtant mon père.
— Attendrissant ? Beurk ! prétend Hyerin. Faut vraiment avoir les tripes accrochées pour vivre avec tous ces mâles !
La tablée part dans un fou-rire, et pendant que leur attention divague alors, je suis le seul à voir Matthew et Hyerin s'échanger un sourire plus discret, et plus tendre.
Sauf que Hyerin finit par me cramer sur le fait. Son visage se décompose. Elle bégaye quelque chose et après avoir reposé son assiette, nous la voyons prendre congé.
— Je vais me faire un autre café, préviens-je en me levant de table.
Je prie pour qu'elle bifurque vers la cuisine, chose qu'elle fait après avoir hésité quelques secondes à l'entrée du séjour. Plus loin du monde, je la vois s'adosser au plan de travail. Elle ne me regarde pas dans les yeux.
— Ils sont trop bruyants, marmonne-t-elle.
— Pardon de te le dire, mais t'es sur le podium, toi aussi.
Elle lève finalement les cils, avec une moue.
— Matthew m'a dit pour vous deux.
Ses yeux s'écarquillent. Je ne m'attendais pas à une telle expression de panique.