Chapitre 65

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Le long de la fameuse jetée de Santa Monica se trouve le Pacific Park. Les attractions qui s'y trouvent scintillent comme un interminable Noël. Lorsque nous sommes descendus du bus pour longer la promenade bondée de monde, Haru m'a tenu la main de peur que je ne disparaisse, emporté par la foule.

Je l'ai senti me garder près de lui à chaque mouvement, à crapahuter parfois à contre-courant au travers d'une masse asynchrone. Il y a des gens et des lumières. Dans l'espace. Dans le sable. Dans l'air du Spring Break. C'est sûrement pourquoi ça grouille de monde au niveau des plages.

— Le voilà !

La voix d'Haru me guide autant que ses gestes, elle s'exclame, puis chuchote à mon approche. De la même façon que ses bras brassent l'air avec force, pour laisser la douceur de ses mains reposer sur mon flanc quelques secondes après.

C'est comme ça avec lui, si vif et puissant avec le monde, si délicat quand il s'agit de moi.

Quand nous finissons de traverser la moitié de la jetée, une silhouette longiligne se démarque, postée comme un roi sur un muret de pierre. Un garçon, bras croisés, au regard blasé est immobile au-dessus de toutes les têtes. Les gens lèvent les yeux dès qu'ils lui passent devant, ce qui n'a rien d'étonnant puisqu'il est le seul à se trouver à cette hauteur. Ses boucles blondes se secouent dans l'air quand il lève le menton un instant. Je pourrais jurer qu'il surfe, à son teint halé et au bermuda en fleurs roses qu'il porte – qui pourrait aussi être une raison pour laquelle tout le monde le regarde.

— Gamin, je t'ai dit de descendre c'est dangereux !

Il nous a vus, et un sourire prend place sur son visage alors qu'au même moment, je déglutis à la vue du vigile qui trottine vers lui. Habilement, il saute du muret et atterrit au sol, genoux fléchis.

Il se redresse face à lui, l'air guilleret. Haru n'a même pas l'air d'en être plus perturbé que ça, il nous fait nous approcher comme si c'était la chose la plus normale.

— T'inquiète pas Jerry, j'ai bouffé des chutes bien plus amusantes que celles-là.

Le vigile lève les yeux au ciel et lui donne un dernier avertissement avant de tourner les talons. Après son acrobatie, les gens ont laissé de l'espace autour de nous, peu envieux de se recevoir un genou tombé du ciel.

Haru lâche ma main et je le vois se faire emporter dans une étreinte chaleureuse. Le rire du garçon est en accord parfait avec la première impression qu'il vient de me donner : haut en couleurs. Je me tiens quelques secondes dans leur ombre, attendant gentiment mon tour pour me remettre sous les projecteurs. Leur câlin n'est même pas fini qu'une main se tend vers moi et me fait presque sursauter. Ils me font face, bras dessus bras dessous, et me regardent. Le garçon blond m'observe avec un sourire éclatant.

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