Chapitre 77

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Cette fois, c'est Matthew qui est absent.

Si je n'étais pas en froid soudain avec Blanca, elle m'aurait bombardé de questions. Quand Haru est arrivé dans la classe, et qu'il s'est posé trois rangées à la gauche du groupe.

Je me trouvais moi-même trois rangées à l'avant.

Aujourd'hui, notre cohésion a éclaté.

À la pause déjeuner, je ne les suis pas. Je vadrouille dans les couloirs de dehors avec mon sandwich et ma bouteille d'eau.

Je finis alors par m'adosser à un mur, observant les allers et venues répétitives dans la cour de l'académie.

C'est à cet instant que mon portable vibre dans ma poche. Me contorsionnant pour faire tenir mon en-cas et ma boisson dans une seule main, c'est un peu précipitamment que je guette le nom sur l'écran.

Mais ce n'est ni Haru, ni Blanca. Et je me dis amèrement : « Pourquoi ils m'appelleraient, de toute façon ? »

— Salut Rei, fait une voix faible et enrouée.

— Salut Matthew, t'es malade ?

— Pour les beaux yeux de l'administration, oui, plaisante-t-il.

Mais je ne suis pas d'humeur à blaguer.

— Hyerin m'a dit pour ce qu'il s'est passé avec Haru.

— Tiens, ironisé-je, vous vous cassez en mille morceaux mais vous vous parlez encore pour les potins ?

— Pardon ?

Je sens mon cœur s'emballer dans ma poitrine, si fort que ça me fait souffrir. Mes mains tremblent et j'ai, encore une fois, l'impression que je vais tourner de l'œil.

— Ouais, Matt, tu veux les détails ? Le secret que tu m'as demandé de garder pendant des mois parce que t'as jamais eu les couilles de faire face à ton meilleur pote, il vient de nous exploser à la tronche. Mais à part ça, t'inquiète pas, il sait toujours pas que t'as été un connard, il y a bien longtemps.

— Rei, pourquoi tu parles comme ça ?

Il ne perd pas son calme, je l'entends inspirer doucement à travers le combiné, alors que je sais qu'il souffre. Je sais qu'il n'est pas là car il a le cœur en miettes. Et il ne s'énerve pas, pendant que moi, je prétends qu'il était le seul en tort.

— Je ne veux plus être ton ami, Matthew. Tu m'as attiré trop d'ennuis pour sauver ta poire.

Je n'arrive plus à respirer, j'ai la gorge en feu. Je ne sais pas d'où sort cette voix, cette froideur factice qui surpasse l'incendie dans mes entrailles.

— Dis-lui toute la vérité, je somme. Dis tout à Haru ou tu le perdras comme tu viens de me perdre.

Je raccroche avant d'avoir entendu sa réponse. Je me laisse glisser au sol avec l'impression que quelque chose s'apprête à jaillir de ma poitrine. Mon souffle me manque, tout tourne trop vite.

C'est soit leur monde, soit le mien.

Et j'ai choisi.


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